Afrique

Zimbabwe : le président Mnangagwa appelle à un dialogue national

Chargement du lecteur...
© TV5MONDE / Photo © AP - Natalia Fedosenko

Il a dû rentrer d'urgence d'une tournée internationale pour constater les dégâts. Au Zimbabwe, le président Emmerson Mnangagwa appelle à l'apaisement après une semaine de manifestations. Un mouvement pour protester contre la hausse des prix des carburants, violemment réprimé.

Dans un hôpital d'Harare, se trouvent, peu rassurées, des victimes de la répression des manifestations de la semaine dernière, comme cet homme blessé à la jambe.À l'extérieur Farai, frappé au bras, ose témoigner :
 
Ils avaient douze voitures et ils sont venus dans mon quartier, ils m'ont demandé où était le domicile du conseiller local. Je leur ai répondu que je ne le savais pas. Ils ont commencé à me frapper avec des tiges de métal, des bûches et du fil de fer barbelé.Farai Mapasi, victime de la répression
Les ONG recensent au moins douze morts, soixante-dix huit blessés par balle, sans compter les passages à tabac et arrestations. 600, selon les chiffres officiels. Pour la commission des droits de l'Homme pourtant nommée par le pouvoir, l'armée et la police se sont livrées à de la torture systématique. 
 
Elles semblent avoir recours à une force brutale, excessive et disproportionnée dans la plupart des circonstances, entraînant ainsi des pertes humaines évitables et une aggravation de la situation. Sheila Matindike, commissaire à la Commission zimbabwéenne des Droits de l'homme
De retour au pays après une tournée internationale écourtée, le président Emmerson Mnangagwa a invité opposants et société civile à entamer un dialogue national. Il promet de sanctionner les exactions avérées des forces de l'ordre. Mais l'opposition peine à croire à cette main tendue. Le chef du MDC Nelson Chamisa exige avant tout la fin de la "répression de la terreur" :
 
Le plus important à l'heure actuelle est l'arrêt du harcèlement et des arrestations massives de personnes qui n'ont commis aucun crime. Il est très regrettable et tragique que nous soyons revenus dans le passé. Il y a une victimisation totale sur la base de la liberté de conscience.Nelson Chamisa, président du Mouvement pour le changement démocratique
Bien loin de là au forum économique de Davos, le ministre zimbabwéen des Finances est venu courtiser les investisseurs. Pour lui, les troubles font partie des douleurs qu'engendre la réforme.