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Zimbabwe : Mnangawa veut retenir les fermiers blancs pour relancer l'agriculture

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TV5MONDE

En campagne pour sa réélection, Emmerson Mnangawa courtise les fermiers blancs après un exil massif provoqué par la politique de ségrégation de l'ex dirigeant Robert Mugabe. Il veut ainsi relancer un secteur agricole déserté. 

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Des vastes exploitations agricoles du Zimbabwe, il ne reste plus grand chose. Le secteur s'est totalement effondré au début des années 2000, lorsque l'ancien président Robert Mugabe décide d'exproprier des milliers de fermiers blancs au profit d'agriculteurs noirs, souvent des proches du pouvoir, sans équipement ni formation.

Depuis, la production agricole s'est effondrée, les investisseurs ont fui et un chômage massif a conduit des millions de Zimbabwéens à quitter le pays pour chercher un emploi. Aujourd'hui, Les blancs ne représentent plus que 1 % des 16 millions de Zimbabwéens, et moins d'une centaine de fermiers blancs sont encore en activité dans le pays. Le nombre de tracteurs utilisés dans les cultures a été divisé par cinq. Les réformes agraires lancées par Robert Mugabe ont laissé le pays exsangue.

Nous voulons redonner au Zimbabwe son rôle de réservoir alimentaire de la région.
Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwe

Reconnaissant l'échec de cette politique, le président Mnangagwa veut redonner aux Blancs un rôle à jouer en raison de leur expertise en matière agricole. Il les appelle à prendre part à la reconstruction du pays : "Nous devons construire le Zimbabwe que nous voulons. Nous voulons redonner au Zimbabwe son rôle de réservoir alimentaire de la région", déclare-t-il à Harare, devant un public de blancs et d’Asiatiques.

Un gouvernement "racialement aveugle"

Pour Emmerson Mnangagwa, président depuis le départ de Robert Mugabe, en novembre 2017, relancer l'agriculture est donc une priorité, peu importe la couleur. Candidat à sa propre succession, le 30 juillet, il assure aux fermiers blancs restés au pays qu'ils ne seraient pas privés de leurs terres. Le chef de l'Etat zimbabwéen promet un gouvernement "racialement aveugle" qui a besoin de l'expertise de tous dans les différents secteurs de l'économie.

A moins de deux semaines des premières élections depuis le départ forcé du président Mugabe, Emmerson Mnangagwa assure que l’occupation des terres appartient au passé et se veut rassurant : "Nous devons cesser de parler de qui est propriétaire d'une ferme en termes de couleur. Nous devrions cesser d'en parler. Un fermier, un fermier noir, un fermier blanc, est un fermier zimbabwéen. Voilà comment on doit désormais voir les choses."