Culture

Accusé de malversations, l'ancien président du PEN Club dément

Le PEN Club de France, association d'écrivains pour la défense de la liberté d'expression, accuse de malversations son ancien président, l'avocat Emmanuel Pierrat, qui nie.

Me Pierrat est accusé d'avoir "ordonné des dépenses en tant que président" du PEN Club "non justifiées par l'intérêt de l'association" et "non autorisées" par l'association, des "graves irrégularités", indique un procès-verbal de l'assemblée générale du 16 décembre, transmis à l'AFP par le nouveau président, Antoine Spire.

"M. Pierrat s'est remboursé les dépenses litigieuses qu'il n'était pourtant pas en mesure de justifier à la trésorière, en signant, sans droit de le faire vis-à-vis de la banque, un chèque à son ordre d'un montant de 2.565 euros", lit-on entre autres.

L'avocat est également accusé d'avoir "utilisé sans autorisation le chéquier de l'association pour payer les frais d'une réception d'initiative privée à son domicile (montant de 634,54 euros) et d'une invitation au restaurant (montant de 729 euros)", et d'avoir fait travailler dans son cabinet d'avocats deux stagiaires rémunérés par l'association, pour un total de 2.900 euros.

L'association estime donc le préjudice total à plus de 6.800 euros.

"Ce qu'on veut c'est qu'il nous rende l'argent", a déclaré M. Spire lundi à l'AFP.

Interrogé sur ces accusations, son prédécesseur répond qu'il n'y avait rien de problématique à ses yeux. "J'ai déjà réagi à ces accusations, à plusieurs reprises. Affaire classée pour moi", a affirmé Me Pierrat mardi.

L'association a indiqué avoir transmis ces éléments au bâtonnier de Paris en vue d'une éventuelle procédure disciplinaire.

Interrogé mardi par l'AFP, Me Olivier Cousi a précisé ne pas avoir encore reçu le signalement, assurant qu'il l'étudierait avec attention dès réception.

Le PEN Club a expliqué ne pas avoir intenté de procédure judiciaire par manque de fonds.

"C'est une procédure très longue et très coûteuse que nous n'avons pas les moyens d'engager pour l'instant. Il nous a déjà coûté plusieurs milliers d'euros de frais d'avocat de réussir à évincer Emmanuel Pierrat de la présidence", selon M. Spire.

Celui-ci conteste avoir été démis. "Mon mandat s'est terminé en décembre. J'aurais d'ailleurs pu me représenter, mais je ne l'ai pas fait", a-t-il dit.