Culture

Appel en faveur d'Oleg Sentsov, cinéaste ukrainien emprisonné en Russie

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L'association "Un week-end à l'Est" a lancé un appel aux organisateurs et au jury du Festival de Cannes pour qu'ils remettent un prix au réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, qui purge en Russie une peine de vingt ans de prison pour "terrorisme" après avoir été arrêté en Crimée peu après son annexion.

"À l'heure de la grande fête du cinéma qui bat son plein à Cannes, ce qui arrive au cinéaste Oleg Sentsov ne relève pas de la fiction: il affronte une violence coercitive réelle, inhumaine, et risque aujourd'hui d'y laisser sa vie", a mis en garde l'association qui organise chaque année à Paris un "festival des cultures Est-Ouest", dans un communiqué transmis jeudi à l'AFP.

"M. Thierry Frémaux, Mme Cate Blanchett, Mesdames et Messieurs les jurés, nous vous demandons de tout mettre en oeuvre pour sauver la vie d'Oleg Sentsov, en lui décernant une mention spéciale lors de la clôture du festival", a souhaité l'association.

"Cet acte fort, engagé, aurait un impact international retentissant, seul moyen de pression dont nous disposons pour sauver Oleg Sentsov", a-t-elle estimé.

L'avocat du cinéaste a déclaré mercredi à l'AFP que son client avait entamé une grève de la faim pour exiger la libération des "prisonniers politiques" ukrainiens détenus en Russie.

"Le temps presse. On ne séjourne pas sans graves conséquences dans une prison en Sibérie, en hiver, au nord du Cercle polaire. Et si ces lieux résonnent dans notre mémoire collective avec un écho glaçant de détresse et de destruction, c'est parce que nous savons que des femmes, des hommes y furent broyés (...) Nous demandons la libération d'Oleg Sentsov", a demandé pour sa part l'ancienne Garde des Sceaux Christiane Taubira, marraine de la campagne lancée par le festival "Un week-end à l'Est" et l'association "Les Nouveaux dissidents" demandant la libération immédiate du cinéaste.

Opposés à l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014, Oleg Sentsov et le militant écologiste ukrainien Alexandre Koltchenko ont été condamnés en août 2015 pour "terrorisme" et "trafic d'armes".

Leur procès, qualifié de "stalinien" par Amnesty International, a également été dénoncé par Kiev, l'Union européenne et les Etats-Unis.