Culture

Brest: nouvelle naissance du mythique voilier de Tabarly, Pen-Duick

(de G à D) Jacqueline Tabarly, Arnaud Pennarun et Marie Tabarly, devant Pen Duick au chantier du Guip à Brest dans le Finistère, le 16 mai 2019
(de G à D) Jacqueline Tabarly, Arnaud Pennarun et Marie Tabarly, devant Pen Duick au chantier du Guip à Brest dans le Finistère, le 16 mai 2019
afp.com - Fred TANNEAU

La restauration de Pen Duick, le premier bateau d’Éric Tabarly, s'est achevée jeudi au chantier brestois du Guip en présence de l'épouse du célèbre navigateur Jacqueline Tabarly, qui s'est dite "heureuse" de la renaissance du mythique voilier.

"Je suis contente, heureuse", a-t-elle assuré dans un large sourire, après le retrait de la bâche en plastique recouvrant le bateau vert, noir et blanc. Ce bateau "représente du bonheur, il représente de l'obstination, il représente du chagrin forcément, évidemment, c'est quand même là-dessus que mon mari est parti", a-t-elle ajouté.

Éric Tabarly avait été projeté à la mer par la pièce d'un gréement en 1998 au sud-ouest du Pays de Galles, alors qu'il se trouvait à bord de Pen Duick, son tout premier bateau, construit en Écosse en 1898.

Il en était devenu le 15e propriétaire à l'âge de 21 ans. Hérité de son père en 1952, le cotre de 15,10 mètres a été sauvé à plusieurs reprises par le navigateur, fervent défenseur du patrimoine maritime.

En 1958, pour préserver ses formes, il avait recouvert l'ancienne coque en bois de couches successives de tissus de verre et de résine polyester. La technique était alors à peine connue et Pen-Duick devient le bateau avec la plus longue coque en polyester de l'époque.

"On a complètement restauré Pen Duick", a expliqué à quelques journalistes Yann Mauffret, à la tête du chantier brestois, précisant cependant que la quille, l'étrave ou encore le pont n'avaient pas été refaits.

Les travaux se sont concentrés sur le remplacement de la charpente en bois et de la coque en polyester. "C'est le bateau de plaisance le plus connu en France et sans doute l'un des plus connus en Europe et dans le monde", a souligné Yann Mauffret, disant sa "fierté" d'avoir œuvré à la restauration du bateau classé aux monuments historiques en 2016.

Du fait de son classement, le coût de sa restauration, d'un montant de 650.000 euros, a été pris en charge à hauteur de 70% par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) de Bretagne, la région Bretagne et le département du Morbihan.

"Il manque encore quelques petits sous", a cependant souligné Jacqueline Tabarly, lançant un nouvel appel aux dons.

Une campagne de financement participatif, lancée par l'association Pen-Duick et par Jacqueline Tabarly, est en cours afin de compléter l'enveloppe. Jeudi, un peu plus de 78.000 euros avaient été récoltés sur la plateforme gwenneg.bzh. Il resterait encore à trouver 150.000 euros.

Pen Duick doit quitter vendredi Brest pour rejoindre Lorient par la route où il sera mis à l'eau samedi.