Culture

"Crac" de Jean Rolin ou la biographie inattendue de Lawrence d'Arabie

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© E. Martin, R. Lescaut / TV5 MONDE

Jean Rolin consacre son dernier roman à la forteresse, le Crac des Chevaliers. L'écrivain nous emmène dans un périple pour redécouvrir ce château des Croisés, en Syrie. Il suit les pas de Lawrence d'Arabie avec qui il a des points en commun : une enfance à Dinard, en Bretagne. Rencontre.

En 2014, des rebelles syriens se sont retranchés dans le Crac des Chevaliers. La forteresse est assiégée et bombardée. Ce sont ces images qui ont donné envie à Jean Rolin d'écrire son dernier roman Crac.

"L'étrangeté vient du fait qu'un édifice militaire du Moyen-Âge retrouve une vocation à usage militaire. Le Crac était quand même un refuge pour ces rebelles et il a fait l'objet d'un siège avec des moyens très différents de ceux du Moyen-Âge mais avec des bombardements d'artillerie, d'aviation...", explique Jean Rolin.

Comme toujours, Jean Rolin nous raconte cette histoire à la première personne.
L'écrivain-voyageur est allé en Syrie, il a suivi les pas de Lawrence d'Arabie. Quand le Britannique entreprend ce voyage, il  n'est pas encore une légende. Les deux hommes ont des points en commun, à commencer par leur admiration pour le Crac.

"C'est peu dire du Crac qu'il est l'un des grands châteaux de la région. Lawrence lui-même sera plus empathique, le qualifiant dans une lettre à sa mère datée du 29 avril, de "plus beau château du monde" », décrit l'écrivain.
 

Du Crac des chevaliers à Lawrence d'Arabie

Sans avoir l'air d'y toucher, Jean Rolin écrit une biographie inattendue de Lawrence d'Arabie, sa phobie des chevaux - il finira quand même par monter des chameaux  -ou ses petites joies du quotidien.

"Ce goût pour la baignade, je ne pense pas que d'autres biographes l'ait fait ressortir à ce point. Moi, ça m'a frappé parce que je partage ce goût et parce que l'un des premiers lieux où il les testait c'était comme moi, à Dinard", ajoute-t-il. 

Ce périple, Jean Rolin ne l'a pas fait à pied comme Lawrence d'Arabie mais dans une Syrie en guerre où sa présence pouvait intriguer. De là à penser qu'il est un espion, il laisse planer le doute dans son récit... 

"Non, je ne pense pas que je ferais un bon espion sinon peut-être dans des circonstances exceptionnelles et encore...", conclut Jean Rolin.

Aujourd'hui, le Crac des Chevaliers a retrouvé de sa superbe, le site est rouvert au public depuis la semaine dernière.