Culture

"Ex-Africa" à voir sur "CultureBox" en attendant la réouverture du musée du Quai Branly

Musée du Quai Branly Jacques Chirac (photo d'illustration) 18 octobre 2017
Musée du Quai Branly Jacques Chirac (photo d'illustration) 18 octobre 2017
© AP Photo/Christophe Ena

L’exposition "Ex-Africa" devait ouvrir au Musée du Quai Branly le 9 février, mais à cause des restrictions sanitaires imposées par le coronavirus on ne pourra la visiter que virtuellement. Culturebox, la nouvelle chaîne culturelle éphémère de France Télévisions, nous la fait découvrir avec son commissaire Philippe Dagen.

Conçue par Philippe Dagen, critique d'art et professeur à l’Université de Paris "Ex-Africa" explore les relations qu’entretiennent la création actuelle et les arts africains du passé. Le titre fait référence à un écrit de l’historien romain Pline l'Ancien : "Ex Africa semper aliquid novi" qui signifie littéralement "qu'il y aurait toujours quelque chose de nouveau en provenance de l'Afrique".

"Qu'est-ce que l'Occident a fait de l'art africain? Un festival de lieux communs, des objets de consommation courante, dans un rapport d'appropriation condescendant et ignorant", s’exclame Philippe Dagen auprès de l’Agence France Presse. Avec cette exposition, il s'agit, dit-il, "de réécrire l’histoire de la relation entre les arts anciens d’Afrique jusqu’à la période coloniale, et l’art actuel. L’exposition commence dans les années 1980 et compte un certain nombre d’œuvres qui datent de 2020 et pour certaines même de 2021."

Le commissaire a choisi des oeuvres d'horizons très différents, d'Alberola à Basquiat, en passant par Annette Messager. Les regards sont bousculés par les statues/fétiches des frères Chapman qui, dans leurs détails, renvoient à l'imagerie du géant mondial du fast-food McDonald's : la "Chapman Family connection".
 

Les œuvres du Congolais Cheri Samba questionnent avec humour le rapport à l'ex-puissance coloniale. Le "Trône d'un monde sans révolte" du Mozambicain Gonçalo Mabunda est entièrement réalisé avec des pièces d'armes de la guerre civile au Mozambique forçant le visiteur à changer son point de vue sur la colonisation.
 
O trono de um mundo sem revoltas (Le trône d'un monde sans révolte) - Gonçalo Mabunda 2011.
O trono de um mundo sem revoltas (Le trône d'un monde sans révolte) - Gonçalo Mabunda 2011.
© Georges Meguerditchian, Centre Pompidou
Mais le commissaire se défend de toute prise de position politique : "Cette exposition ne s’inscrit dans aucune démarche politique au sens où elle aurait été inspirée ou en corrélation avec aucune démarche d’un gouvernement quelconque, ni africain, ni français." Au contraire, il s’agit "d’un projet personnel, qui a ensuite trouvé un écho très favorable auprès du musée du quai Branly. S’il y a une dimension politique, c’est une dimension presque plus d’éthique politique que d’administration ou de politique étrangère."

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Plusieurs installations monumentales ont été réalisées spécialement pour l'exposition. La plus marquante est "No Return" du Béninois Romuald Hazoumé: un serpent à écailles formé de 5000 tongs en plastique récupérées sur les plages, comme un mémorial consacré aux naufrages de migrants. Pascale Marthine Tayou, Kader Attia et Myriam Mihindou ont également créé des œuvres pour l’exposition.

- "Ex-Africa", 21 février (21h), canal 19 de la TNT et Culturebox.

(RE)voir : La culture africaine en lumière sur la plateforme AAC55
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