Culture

Exposition Willy Ronis, un photographe de l'émotion

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© TV5MONDE

Paris est une capitale particulière. Certains photographes l'ont capturée comme personne. Le photographe Willy Ronis est de ceux-là. Mort en 2009 à 99 ans, il a laissé un testament par l'image, visible jusqu'en septembre au Pavillon Carré de Baudouin à Paris.

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Le "piéton de Paris", c’est le surnom qu’on donne à Willy Ronis. Lui qui a arpenté les moindres recoins de cette ville : Montmartre, Belleville, Ménilmontant. Il saisit l’instant avant son évanouissement : "Ce qui l'intéressait avant tout, ce sont, ce qu'il appelait, 'ses frères humains', c'est-à-dire, les gens qui étaient proches de lui. C'est quelqu'un qui ne s'est jamais mis au-dessus des gens qu'il photographiait, il tenait absolument à être avec eux. C'est ce que l'on appelé la 'photographie humaniste', ce qui fait vraiment l'originalité de son oeuvre", explique Gérard Uféras, commissaire de l'exposition Willy Ronis par Willy Ronis à Paris.

Des clichés devenus des icônes

Fidèle à ses convictions communistes, en 1936 il photographie le Front populaire et immortalise les grandes luttes sociales comme dans les usines Citroën. Les clichés de Willy Ronis deviennent des icônes.

"Dès 1936, il est allé dans les rues et l'un de ses premiers travaux a donné lieu à une photographie formidable 'La petite fille au bonnet phrygien'. C'était le 14 juillet 1936 qui célébrait les avancées du Front populaire. Il a été engagé pendant toute sa vie. C'était quelqu'un d'une honnêteté et d'une probité extraordinaire. Il a suivi les luttes du monde ouvrier pendant pratiquement toute sa vie", poursuit Gérard Uféras.

Photographe de l'émotion

Willy Ronis était un photographe de l’émotion qui savait saisir sur le vif la beauté de tous ceux qui l’entouraient : "Il a toujours photographié ses amis, sa famille, son fils, sa femme. Cela a donné lieu à des chefs-d'oeuvre. Une salle de l'exposition est consacrée aux nus, par exemple 'Le Nu provençal', cette photographie pleine de délicatesse de sa femme en train de faire sa toilette après la sieste. Ou alors, (des photographies) de son fils endormi ou jouant avec un avion. Il a donné une oeuvre d'une richesse, d'une profondeur exceptionnelle", raconte le commissaire de l'exposition à Paris.

Cette rétrospective gratuite présente ainsi 200 de ses photos et marque enfin l’entrée de ce photographe humaniste dans le patrimoine national français.