Culture

Incendie mortel à Vincennes: jugement mardi pour le restaurateur de films

Le tribunal correctionnel de Créteil rendra mardi après-midi son jugement dans le procès du célèbre collectionneur et restaurateur de films anciens Serge Bromberg, qui a été jugé en novembre pour l'incendie mortel d'un immeuble causé par ses bobines de film en nitrate.

Le sinistre, à Vincennes en août 2020, a été provoqué par l'autocombustion de centaines de bobines de nitrate qu'il stockait sous un immeuble, sans autorisation et dans des conditions inadaptées au danger que représentent ces pellicules hautement inflammables.

Alors que de nombreux habitants étaient alors en vacances, le sinistre a fait deux morts. Le premier, pris au piège par les flammes, s'était jeté du 4e étage. L'autre avait été brûlé vif.

"Ce traumatisme sera gravé à vie, jamais nous ne pourrons faire le deuil de notre mère car sa mort était évitable", avait déclaré pendant l'audience la fille d'une des victimes.

Le parquet a requis quatre ans d'emprisonnement dont trois avec sursis contre le prévenu, ainsi qu'une amende de 150.000 euros contre sa société, Lobster Film.

L'ancien directeur artistique du Festival du film d'animation d'Annecy ne nie pas sa responsabilité.

Il entreposait dans ce local ses bobines et celles de sa société Lobster Films, spécialisée dans la sauvegarde, la restauration et la distribution de films anciens.

Les pellicules en nitrate, qui doivent être conservées dans un endroit réfrigéré, l'étaient dans un local sans alarme incendie. Malgré quelques étés très chauds, la climatisation n'y avait pas été activée depuis 1998... quand les voisins de l'époque avaient réclamé qu'elle soit coupée à cause du bruit.

Une paroi "coupe feu" avait été installée dans le local. Quand il s'est embrasé, elle a fondu en trente minutes.

Les enquêteurs ont estimé qu'au moment de l'incendie, le local était rempli de 1.364 à 1.935 bobines, soit 2,5 à 3,6 tonnes.

Serge Bromberg fait, lui, un calcul différent: 965 bobines, 970 kilos.

"Cet endroit était un stock +tampon+, il avait seulement pour vocation d'accueillir quelques bobines avant qu'elles partent au CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée)", avait-il expliqué à la barre.

"Je voudrais dire que je suis le seul responsable de ce drame, c'est ma faute et c'est exclusivement ma faute. Je suis impardonnable et j'ose à peine demander pardon", avait-il déclaré à la fin de son procès, lorsque la parole lui avait été donnée pour ses dernières déclarations.