Culture

Incendie mortel à Vincennes: un an de prison ferme pour Serge Bromberg

Le tribunal correctionnel de Créteil a condamné mardi le célèbre collectionneur et restaurateur de films anciens Serge Bromberg à cinq ans de prison dont quatre avec sursis, pour l'incendie mortel d'un immeuble causé par ses vieilles bobines de film hautement inflammables en 2020.

Cette peine d'un an d'emprisonnement ferme sera aménagée sous forme de détention à domicile sous surveillance électronique, a précisé le tribunal.

Pendant de nombreuses années, Serge Bromberg avait stocké, sans autorisation, de vieilles bobines de cinéma en nitrate dans un local sous un bâtiment habité de huit étages à Vincennes, dans le Val-de-Marne.

Ces bobines, qui doivent impérativement être gardées au frais, s'étaient embrasées dans la nuit du 10 août 2020, en pleine canicule, alors que la climatisation n'était pas activée dans le local.

Même si beaucoup d'habitants étaient alors en vacances, le sinistre avait fait deux morts. Le premier, pris au piège par les flammes, s'était jeté du quatrième étage. L'autre victime avait été brûlée vive.

Lors des deux jours d'audience, Serge Bromberg avait pleinement reconnu sa responsabilité dans ce terrible incendie.

Il a été reconnu coupable d'homicides involontaires, blessures involontaires, mise en danger d'autrui et destruction involontaire de biens par incendie.

La peine à laquelle il a été condamné est plus sévère que les réquisitions du ministère public, qui avait demandé en novembre quatre ans de prison, dont trois avec sursis.

La société Lobster Films de Serge Bromberg a, elle, été condamnée à 150.000 euros d'amende, conformément aux réquisitions du parquet.

Venues nombreuses assister au délibéré, les parties civiles ont fait part de leur regret de ne pas voir le condamné être incarcéré. "Pour des victimes, ce ne sera jamais acceptable de voir que quelqu'un qui a tué leur proche n'ira jamais en détention. Ce serait important que M. Bromberg se retire de la vie publique", a réagi l'avocate de la famille d'une des personnes décédées, Me Elsa Crozatier.

"Nous réfléchissons à faire appel ou pas, ce ne sont pas des décisions que l'on prend à l'emporte-pièce", a réagi pour sa part l'avocat de Serge Bromberg, Me Emmanuel Mercinier. "Cette décision, qui est loin d'être clémente, est visiblement insupportable pour les parties civiles", a-t-il également déclaré, en ajoutant: "Quand M. Bromberg sort du tribunal, il ne pense pas qu'à lui, il pense aux victimes".