Culture

Le sculpteur danois de la statue Tiananmen à Hong Kong prend un avocat pour la récupérer

La statue "Pillar of Shame", manifestants tués lors de la répression de la place Tiananmen en Chine en 1989, exposée sur le campus de l'Université de Hong Kong, le 10 octobre 2021
La statue "Pillar of Shame", manifestants tués lors de la répression de la place Tiananmen en Chine en 1989, exposée sur le campus de l'Université de Hong Kong, le 10 octobre 2021
afp.com - Peter PARKS
La statue "Pillar of Shame", manifestants tués lors de la répression de la place Tiananmen en Chine en 1989, exposée sur le campus de l'Université de Hong Kong, le 10 octobre 2021
La statue "Pillar of Shame", manifestants tués lors de la répression de la place Tiananmen en Chine en 1989, exposée sur le campus de l'Université de Hong Kong, le 10 octobre 2021
afp.com - Peter PARKS

Le sculpteur danois à l'origine d'une statue commémorant à Hong Kong les manifestants tués lors de la répression de la place Tiananmen en Chine en 1989 a chargé un avocat de la sortir du pays après que son retrait a été ordonné.

La statue en cuivre de huit mètres de haut, qui représente 50 visages angoissés et des corps torturés empilés les uns sur les autres, est exposée sur le campus de l'Université de Hong Kong (HKU) depuis plus de deux décennies.

La semaine dernière, la plus ancienne université de Hong Kong a ordonné son retrait d'ici mercredi 17H00 (09H00 GMT), invoquant un "avis juridique", alors que les autorités exercent des pressions croissantes pour mettre fin à toute dissidence dans le centre financier.

La statue n'avait toutefois pas été retirée mercredi à l'expiration du délai.

M. Galshiot a indiqué à l'AFP avoir engagé un avocat hongkongais et demandé à l'université d'organiser une réunion sur le devenir de la statue.

"J'espère que mon droit de propriété sur la sculpture sera respecté et que je pourrai transporter la sculpture hors de Hong Kong dans de bonnes conditions et sans qu'elle subisse le moindre dommage", a-t-il souligné dans un mail adressé à l'AFP.

M. Galschiot a reconnu qu'il aurait préféré que son oeuvre reste à Hong Kong.

"Dans le cas où elle serait détruite par les autorités, a-t-il dit, il a invité les Hongkongais à récupérer "autant de morceaux du +Pilier de la honte+ que possible".

Les morceaux peuvent être utilisée pour manifester symboliquement le fait que "les empires disparaissent, mais que l'art persiste", a déclaré l'artiste.

M. Glaschiot a dit être en contact avec des Hongkongais qui réalisent des versions en 3D de la sculpture afin de produire des miniatures de sa statue.

L'ordre émis par HKU visant à retirer l'oeuvre a été rédigé par le cabinet d'avocats international Mayer Brown et adressé à l'Alliance de Hong Kong, une organisation qui a voté sa dissolution fin septembre et qui organisait depuis trois décennies à Hong Kong des veillées annuelles à la mémoire des victimes de la de la place Tiananmen.

L'Université de Hong Kong a affirmé qu'elle "continuerait à demander des avis juridiques et à travailler avec les parties concernées pour traiter le problème de manière légale et raisonnable".

Mayer Brown a souligné que l'université est un client de longue date, qu'il l'aide "à se conformer à la loi en vigueur".

Les groupes et les lieux liés à la commémoration du massacre du 4 juin 1989 sont devenus la cible de la loi sur la sécurité nationale, un texte draconien adopté à la suite des manifestations de 2019 en faveur de la démocratie.

Ces derniers jours, des étudiants et des résidents se sont empressés de faire des photos, dont des selfies, devant la statue.

"Aujourd'hui je fais davantage attention dans ma vie quotidienne au campus", a dit mercredi à l'AFP un étudiant des beaux-arts répondant au prénom de Vincent. "Je me demande toujours ce qui n'est plus permis à l'université".