Culture

Ossip Zadkine, le sculpteur français amoureux de la matière

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En 1981, à la mort de la veuve d'Ossip Zadkine, l'atelier de ce grand sculpteur français d'origine russe, revient à Paris. Le charmant musée Zadkine propose une exposition qui met en lumière le lien organique du sculpteur avec la matière : qu'il s'agisse du bois, de la roche ou encore de l'encre ou de la gouache lorsqu'il peint. 
 

En 1910, Ossip Zadkine quitte l'Angleterre où il s'est formé pour poser ses valises dans ce petit atelier parisien au coeur de la folie de Saint-Germain-des-Prés.  

"Quand il a trouvé ce lieu, ce qu'il appelait sa folie d'Assas, il a été vraiment séduit.
Là nous sommes, dans l'atelier qu'il a fait construire au tout début des années 60, c'est un lieu qui lui servait à travailler le plâtre, à travailler de nombreuses matières
", explique Noëlle Chabert, directrice du Musée Zadkine. 

A Paris, Zadkine découvre l'effervescence artistique. Très vite, il s'insère dans le mouvement Parnasse. Il s'essaie ensuite à d'autres styles : le primitivisme et le cubisme, qu'il mêle à son héritage russe.  

"C'est vrai que la force de Zadkine, c'est la pluralité de ses influences originaires. Il est à la fois juif, il est très influencé donc par la religion orthodoxe, il vit entre la Russie l'Angleterre, et il ira plus tard aux Etats-Unis. C'est quelqu'un qui fait avec cet héritage et cette diversité d'influences", décrit la directrice. 
 

Modernisme et surréalisme

Si ses sculptures rappellent le modernisme de Brancusi, ses gouaches traduisent le surréalisme de Picasso. Contrairement aux grands artistes de l'époque, Zadkine est avant tout un artisan. Ce savoir-faire artisanal se ressent notamment dans son approche de la matière.

"La matière, c'est une question d'instinct et chez lui ça se vérifie toujours. La matière pour lui, c'est le bois, les veines du bois, les nœuds du bois et également la pierre. Il travaille la pierre d'une façon absolument originale dans la mesure où il est à l'écoute, il ne violente pas la matière, il essaie de faire sortir de la matière tout ce qui peut y être contenu", conclut Noëlle Chabert. 

C'est justement ce lien instinctif de cet artiste à la matière que le Musée Zadkine a décidé de mettre en valeur.