Culture

Pendant Cannes, Nice expose ses 100 ans de cinéma

Berceau du cinéma sur la Côte d'Azur, Nice célèbre les 100 ans des studios de la Victorine avec sept expositions dont une très riche présentation au musée Masséna intitulée "Nice, Cinémapolis" qui met en scène à partir de vendredi ses liens privilégiés avec le 7e art.

Plus de 1.000 films tournés à Nice, dont des chefs d'oeuvre de Hitchcock ou Truffaut, et une activité continue, des frères Lumières à la série Riviera en 2018: "On a souvent cru que la grande ville du cinéma sur la Côte d'Azur, c'était Cannes, qui a un formidable festival mondial, mais quand on se plonge dans l'histoire, c'est ici que le cinéma s'est fait", détaille Jean-Jacques Aillagon, commissaire général de la 4e Biennale des Arts de Nice sur le thème de l'Odyssée du cinéma.

Une première exposition photographique a débuté le 11 mai à l'aéroport de Nice Côte d'Azur. A leur descente d'avion, les voyageurs sont accueillis par une quarantaine de tirages géants en noir et blanc issues de la collection des photographes de plateau Leo et Siki Mirkine, dont un Gérard Philipe bondissant dans "Fanfan La Tulipe" et un inédit de Brigitte Bardot dans "Et Dieu... créa la femme".

Au musée Masséna, du 17 mai au 30 septembre, c'est toute l'épopée du cinéma à Nice qui est racontée avec force de documents, oeuvres, affiches, extraits de tournage et une grande simplicité d'explications, grâce au soutien de la Cinémathèque française pour la plus grande opération de déploiement de ses collections en dehors de ses murs.

"Quand on est un technicien du film, un artiste, un réalisateur, c'est l'exposition à voir : on est aux sources du cinéma puisqu'on part de 1896 et on va jusqu'en 2019", assure Jean-Christophe Mikhaïloff, directeur de la communication de la Cinémathèque.

En hommage à Alfred Machin, pionnier des films animaliers qui disposait de sa propre ménagerie à Nice, l'exposition exhibe le pélican de compagnie empaillé du réalisateur, et dans une autre salle, le jeune public reconnaîtra la planche de surf jaune de "Brice de Nice".

Pour la scripte Sylvette Baudrot, l'exposition prolonge d'innombrables souvenirs de tournage débutés avec Laurel et Hardy en 1950: c'est à Nice que le célèbre duo comique a tourné son dernier film "Atoll K".

Surnommés "l'Hollywood européen" sur une brochure de 1927, les studios de la Victorine ont connu des hauts et des bas depuis leur fondation en 1919 par Serge Sandberg, un proche de Pathé, originaire de Lituanie. Dans la période plus récente, "malgré un certain déclin, de grands films continuent d'être réalisés", souligne M. Aillagon. Repris en régie fin 2017, la ville de Nice travaille à leur relance.