Culture

Sommet de la Francophonie : le défi culturel de quatre artistes francophones

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Coulisses et extraits du spectacle créé en 72 heures par les quatre artistes québécois, français et belges à Erevan (Arménie) pour le Sommet de la Francophonie
©TV5MONDE / Antoine Fonteneau

Ils ne se connaissaient pas il y a 72 heures. Quatre jeunes artistes venus du Québec, de Belgique et de France ont relevé un défi à l'occasion du Sommet de la Francophonie à  Erevan : créer, ensemble, un spectacle inédit. Ils racontent leur expérience.

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Sur scène, ils ne sont que trois. Wüna, la graffeuse québecoise, d'origine française, reste en coulisse. Elle a travaillé en amont pour créer des formes géométriques à ses couleurs avec lesquelles joue, pendant 20 minutes, K Goldstein. Chorégraphe et danseur français, il partage les faveurs du public arménien avec les musiciens belges R.O. x Konoba.

Leur spectacle d'une vingtaine de minutes a été présenté sur la scène du Village de la Francophonie, en plein coeur d'Erevan à deux reprises en cette semaine de Sommet de la Francophonie. Une collaboration éphémère et unique : les quatres artistes se sont rencontrés il y a trois jours seulement ici à Erevan, mis en contact par trois organismes de soutien à la jeunesse francophone (Office franco-québécois pour la jeunesse, offices jeunesse internationaux du Québec et Bureau international jeunesse de la Wallonie-Bruxelles).

4 heures par nuit

"Nous n'avons dormi que 4 heures par nuit depuis notre rencontre", raconte Konoba, créateur de musique électro. Beaucoup de travail pour relever le défi : créer en 72 heures un spectacle mêlant les trois arts représentés par les quatres artistes. 

Le plus difficile pour Wüna, la graffeuse : "le graffiti est un art compliqué à intégrer sur une scène. Il faut de la place et du matériel. On ne pouvait me faire dessiner en direct pendant le spectacle, alors j'ai créé des modules qui se déplacent facilement. Ils représentent le mont Ararat qu'on voit depuis Erevan".

Sons électro et voix arméniennes

Ces modules en cartons peints ont servi à K Goldstein, 33 ans, pour imaginer une chorégraphie. Sur scène, il joue, empile, danse avec les graffitis de Wüna, qui veille en coulisse, à ce que les modules soient présentés dans le bon sens au public. Le danseur s'aventure aussi hors de la scène, improvise quand des enfants s'approchent.

La musique, imaginée par le duo wallon R.O x Konoba, mêle aux sons électro des voix arméniennes, entendues dans les rues d'Erevan ou des extraits d'interviews du défunt Charles Aznavour, très applaudi à chaque fois. Un montage vidéo, en fond de scène, fait vivre la culture arménienne : monuments, rues, symboles, paysages (notamment l'incontournable Mont Ararat) apparaissent en rythme avec la musique.

"Cela faisait partie du défi : nous devions intégrer notre présence en Arménie dans notre création, explique K Goldstein. Et puis le média vidéo était idéal aussi pour intégrer nos trois arts". 

Un mélange manifestement apprécié des centaines d'habitants d'Erevan venus assister au spectacle sur la place de l'Opéra. Le début peut-être d'une collaboration artistique belgo-franco-québecoise plus pérenne.