Culture

Thiéfaine s'offre lui aussi sa petite tournée "commémorative"

Hubert-Félix Thiéfaine en concert aux Eurockéennes de Belfort, le 7 juillet 2017
Hubert-Félix Thiéfaine en concert aux Eurockéennes de Belfort, le 7 juillet 2017
afp.com - Sebastien Bozon
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En cette période de commémorations, ce sont ses 40 ans de carrière discographique que l'infatigable Hubert-Félix Thiéfaine célèbre cet automne avec son public.

Avant Dijon, où le Zénith affichera complet ce samedi soir pour accueillir en voisin le rockeur jurassien, HFT faisait étape vendredi soir à l'Accorhotels Arena de Paris. Avec l'idée, lors de cette mini-tournée anniversaire d'une douzaine de dates, de voir les choses en grand (une dizaine de musiciens dont un saxo et deux violoncelles) et en longueur (plus de 2h30 de concert).

Sans nouvel album à défendre, Thiéfaine a décidé de piocher un peu partout dans sa discographie riche de 17 albums studio. Décidé, en particulier, de faire plaisir aux fans de la première heure en puisant largement dans les trois premiers, parus entre 1978 et 1980.

Veste noire, cheveux en bataille et voix impeccable, HFT semble beaucoup s'amuser à remettre au goût du jour quelques pépites folk-rock aux textes surréalistes comme "L'Ascenseur de 22h43", "La Vierge au Dodge 51", "Enfermé dans les cabinets (avec la fille mineure des 80 chasseurs)" ou la déjantée "L'Agence des amants de madame Müller".

Pas de cotillons ni de nez de clown comme à ses débuts, le seul "déguisement" du jour sera un haut de forme et des lunettes teintées pour "La Maison Borniol", autre petit chef-d'oeuvre d'humour noir issu du cabinet de curiosités Thiéfaine.

La grande palette musicale du soir autorise des arrangements riches dont profiteront aussi "Les dingues et les paumés", où se répondent les cordes et des larsens venus de la guitare électrique de son fils Lucas, qui l'accompagne en tournée depuis quelques années.

La musique prend d'autant plus de place que la scénographie, elle, reste sobre (des tapis au sol, un corbeau noir esquissé en fond de scène, pas de lumières tapageuses). "Cosy", la scène accueille aussi un canapé où Thiéfaine père et fils se posent ensemble pour la jolie "Un automne à Tanger".

Les "tubes" du poète rock, ceux que son public composé de fidèles reconnaît dès les premières notes même s'ils n'ont jamais vraiment eu les honneurs de la radio, sont aussi de la partie: "Lorelei Sebasto Cha", "Je t'en remets au vent", "Sweet Amanite Phalloide Queen", "Alligators 427"... Ou encore la plus récente "Ruelle des morts", tirée de l'album "Suppléments de mensonge", celui de la reconnaissance tardive qui lui a valu en 2012 ses deux premières Victoires de la musique.

Et puis évidemment "La fille du coupeur de joints", traditionnelle coda des concerts de Thiéfaine.

"Merci pour toutes ces années, pour votre fidélité, vous êtes cools...", peut conclure le chanteur de 70 ans, qui poursuit jusqu'au 18 novembre cette petite tournée "commémorative" (Lyon, Toulouse, Clermont, Montpellier).