Culture

Vidéo - La francophonie, toute une histoire...

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©L.BARON, J. METAYER, M. MORMIL, V. PEREZ / TV5MONDE

Né sous la plume du géographe français Onésime Reclus en 1880, le mot "francophonie" s'est mué en "Francophonie" institutionnelle un siècle plus tard grâce à "ses pères" comme Léopold Sedar Senghor ou  Habib Bourguiba. Toute une histoire...
 

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A l'origine du mot "francophonie" : un homme. Le géographe patriote Onésime Reclus (1837-1916) utilise pour la première fois ce terme en 1880 dans son ouvrage intitulé La France, de l'Algérie et des colonies. 

Il se soucie dans son livre du développement du français : "Il serait bon que la francophonie doublât ou triplât pendant que décupleront certaines hétéroglotties...",  recommande-t-il dans son ouvrage.

Onésime Reclus est le premier à utiliser le terme "francophonie" dans l'un de ses ouvrages en 1880.
Onésime Reclus est le premier à utiliser le terme "francophonie" dans l'un de ses ouvrages en 1880.
©Gallica / Bibliothèque nationale de France.


Sa définition de la francophonie recouvre "non pas les gens parlant français" mais les régions du monde où "le français règne". 

Onésime Reclus voit dans le rayonnement du français une manière de pérenniser l'empire colonial et d'assurer l'avenir d'une langue qu'il dit déjà menacée par l'anglais.  

Trois ans après l'apparition du mot, l'Alliance française est créée. Sa mission est alors de "propager la langue française dans les colonies et à l'étranger".

Renaissance de la "francophonie"

Tombé ensuite dans l'oubli, le mot "francophonie" renaît seulement dans les années 1960 au moment de la décolonisation sous l'impulsion de personnalités de pays nouvellement indépendants. 

Le Sénégalais Leopold Sedar Senghor, le Tunisien Habib Bourguiba, le Nigérien Hamani Diori et le prince cambodgien Norodom Sihanouk militent pour la création d'une communauté francophone internationale. Senghor dit alors vouloir édifier un "Commonwealth à la française". 

Cette communauté francophone s'organise d'abord autour de la création d'une multitude d'associations : d'universités, de parlementaires, de professeurs... qui ont pour point commun la langue française. 

Jusqu'à ce qu'en 1970 soit créée l'ACCT : l'Agence de Coopération Culturelle et Technique à l'occasion  du premier événement regroupant chefs d'Etat et de gouvernement francophones à Niamey, au Niger.

Implication française

Ce type de rassemblement deviendra plus tard officiellement les Sommets de la Francophonie dont la première édition se tient en 1986 à Versailles, en France.   

Le président François Mitterrand, arrivé au pouvoir en 1981, lance la francophonie institutionnelle française véritable outil diplomatique. 

Il faudra attendre 1997 pour que l'Organisation internationale de la Francophonie se dote d'un Secrétaire général : Boutrios Boutrios-Ghali (1998 à 2002) puis Abdou Diouf (2003 à 2014) et depuis 2015, Michaëlle Jean. 

Boutros Boutros-Ghali, Abdou Diouf et Michaëlle Jean, ont été et sont à tour de rôle Secrétaire général de l'OIF. 
Boutros Boutros-Ghali, Abdou Diouf et Michaëlle Jean, ont été et sont à tour de rôle Secrétaire général de l'OIF. 
©AP Photo/Marty Lederhandler, Remy de la Mauviniere et OIF.

francophonie et Francophonie

Aujourd'hui, une différence subsiste entre francophonie et Francophonie, l'organisation institutionnelle qui regroupe 84 pays membres et observateurs défend la diversité culturelle et les droits de l'Homme. 

En 1880, Onésime Reclus estimait que la francophonie comptait 43 millions de personnes dans le monde. Aujourd'hui, on compterait près de 275 millions de locuteurs. Ce qui fait du français la 5e langue parlée dans le monde.