DIRECT terminé le 23 octobre 2023 à 20H30 TU
DIRECT démarré le 23 octobre 2023 à 5H00 TU

DIRECT - Deux nouveaux otages ont été libérés par le Hamas et sont arrivés au terminal de Rafah

Ce soir, un média égyptien confirme l'annonce par le Hamas de la libération de deux otages, deux femmes, pour "raison humanitaires." Le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, réclame "plus d'aide, plus rapidement" ainsi qu'une "pause humanitaire" pour permettre sa distribution. Réunis à Téhéran, les chefs de la diplomatie de Russie, d'Iran et de Turquie ont appelé à arrêter "immédiatement" de "viser des civils innocents" à Gaza. De son côté Washington rejette l'appel au cessez-le-feu à Gaza qui bénéficierait au Hamas.

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Photos des deux otages relâchées par le Hamas ce soir fournies par leur famille.

Photos des deux otages relâchées par le Hamas ce soir fournies par leur famille.

© EBU
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19H50
Deux femmes libérées

Les deux otages ont été libérées "pour des raisons humanitaires pressantes"

Les otages sont Nurit Cooper âgée de 79 ans et Yochved Lifshitz, de 85 ans , toutes les deux venant du Kibboutz Nir Oz.

Photos des deux otages relâchées par le Hamas ce soir fournies par leur famille.

Photos des deux otages relâchées par le Hamas ce soir fournies par leur famille.

© EBU

 

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a facilité la libération des deux otages supplémentaires qui étaient retenus à Gaza, en plus des deux Américaines libérées vendredi dernier.

"Nous espérons qu'elles seront bientôt de retour auprès de leurs proches", a ajouté l'organisation basée à Genève, sans donner d'indication sur leur identité.

Le CICR se dit une fois de plus "prêt à faciliter toute libération future".

Plus de 220 otages israéliens, et étrangers ou binationaux ont été recensés par Israël. Ils ont été enlevés et emmenés à Gaza par les islamistes du Hamas lors d'une attaque sanglante sans précédent le 7 octobre.

Vendredi dernier, la présidente du CICR, Mirjana Spoljaric Egger, avait rappelé que les otages doivent être autorisés, pendant leur captivité, à recevoir une assistance humanitaire et des soins médicaux.

"Ils doivent avoir la possibilité de contacter leurs familles. Les familles séparées de leurs proches endurent des souffrances, peu importe le côté où ils se trouvent", avait-elle indiqué, dans une déclaration envoyée aux médias.

Mirjana Spoljaric Egger était l'invité d'Internationales sur TV5MONDE samedi 21 octobre.
 

19H22
OTAGES

le Hamas affirme avoir libéré deux otages

Le mouvement islamiste palestinien Hamas affirme ce soir avoir libéré deux femmes enlevées lors de son attaque sur le territoire israélien le 7 octobre et détenues depuis dans la bande de Gaza qu'il contrôle.

Le porte-parole de la branche militaire du Hamas, Abou Obeida, a affirmé dans un communiqué que les deux otages avaient été libérées "pour des raisons humanitaires pressantes" grâce à une médiation du Qatar et de l'Égypte. Cette libération, qui intervient trois jours après celle de deux Américaines, n'a pas été confirmée dans l'immédiat par les autorités israéliennes. 

Mais la chaîne de télévision proche des autorités égyptiennes, Extra News, affirme que les deux otages sont arrivées dans la soirée au point de passage de Rafah, entre la bande de Gaza et l'Égypte. 

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"Deux femmes qui étaient détenues à Gaza, sont arrivées au point de passage de Rafah", a indiqué la télévision éyptienne.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) indique avoir facilité la libération de deux otages supplémentaires qui étaient retenus à Gaza, en plus des deux Américaines libérées vendredi dernier. "Nous avons facilité la libération de 2 otages supplémentaires, en les transportant hors de #Gaza ce soir", a indiqué le CICR sur le réseau social X.

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18H31
être "utile"

Emmanuel Macron veut proposer la "reprise d'un véritable processus de paix"

Le président français Emmanuel Macron va exprimer demain le "soutien" de la France à "Israël et aux Français d'Israël" et proposer de relancer un "véritable processus de paix".

Le chef de l'État est attendu mardi à Tel-Aviv, plus de deux semaines après l'attaque. D'autres étapes dans la région ne sont à ce stade pas confirmées. Emmanuel Macron a toujours indiqué qu'il s'y rendrait si un tel voyage pouvait être "utile" à la région.

Le président Macron à l'Élysée ce 23 octobre lors d'une réunion avec des acteurs du sport et des éducateurs.

Le président Macron à l'Élysée ce 23 octobre lors d'une réunion avec des acteurs du sport et des éducateurs.

© Christophe Petit Tesson, Pool via AP

"Le seul moyen d'être utile, c'est: 1- d'apporter de la solidarité à Israël 2- prendre des engagements très clairs contre les groupes terroristes 3-rouvrir une perspective politique", a indiqué la présidence française.

Au moins 30 ressortissants français ont été tués dans l'attaque, le plus lourd bilan depuis l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice dans le sud de la France, et sept sont portés disparus, dont une otage sûre et plusieurs autres probablement détenus par le Hamas à Gaza.

Le président français veut s'engager pour "la libération des otages" détenus à Gaza, "freiner l'escalade", "éviter la généralisation du conflit", "une escalade dangereuse et non maîtrisée au Moyen-Orient" et donc proposer la "réouverture d'une perspective politique".

Il y a la nécessité d'ouvrir une perspective politique qui donne du corps à la seule solution qui vaille au Proche-Orient, qui est la solution à deux États. Emmanuel Macron, président de la République française

La France réclame notamment une "pause humanitaire (qui) doit avoir dans un premier temps comme objectif principal de faciliter la libération de ceux qui sont aujourd'hui détenus ou disparus à Gaza", a relevé un conseiller présidentiel.
"Nous souhaitons une pause humanitaire, une trêve humanitaire qui le cas échéant nous donne suffisamment d'espace pour construire un scénario politique qui mènerait nous l'espérons à un cessez-le feu", a-t-il ajouté.

"Au-delà de cet engagement collectif qu'il faut construire contre le risque terroriste, il y a la nécessité d'ouvrir une perspective politique qui donne du corps à la seule solution qui vaille au Proche-Orient, qui est la solution à deux États", a-t-il encore indiqué en soulignant que c'était "un objectif dont la France n'a jamais dévié".

Dans ce contexte, le président "va parler de la réouverture de la perspective politique et donc va naturellement parler de ce qui est nécessaire à la création d'un État palestinien, non seulement l'arrêt de la colonisation, qui est une exigence que la France formule très souvent de manière très explicite auprès des autorité israéliennes, mais aussi une négociation in fine sur ce que doivent être les paramètres qui permettent d'avoir un État palestinien viable, continu, capable de vivre en paix et en sécurité avec Israël", a poursuivi la présidence.

18H00
récit

La tristesse d'un père endeuillé à Gaza

Attention, contenu sensible

Adam, 3 ans, et sa soeur aînée Cham sont nés le même jour à six ans d'intervalle, le 21 octobre. Ils ont été tués samedi, le jour de leur anniversaire, avec leur mère, dans une frappe israélienne dans la bande de Gaza, raconte leur père à l'AFP.

Ayman Abou Chamalah, un Palestinien de 34 ans, et sa famille ont fui les bombardements israéliens sur Gaza-ville pour se réfugier chez des proches à Rafah, dans le sud du territoire contrôlé par le Hamas. Mais une frappe israélienne sur l'immeuble de plusieurs étages a tué sa femme, ses deux enfants de 3 et 9 ans, deux de ses belles-soeurs et deux de leurs enfants ainsi qu'un cousin et une cousine.

Je commençais à descendre dans la cage d'escaliers quand la frappe a eu lieu. Si j'étais descendu 30 secondes plus tôt, j'aurais été tué avec eux. Ayman Abou Chamalah, un Palestinien de 34 ans

Selon les autorités locales, il y a plus de 2.000 enfants parmi les 5.000 personnes tuées dans la bande de Gaza depuis le début des bombardements israéliens menés en représailles aux attaques menées depuis le territoire palestinien par le Hamas. Selon Israël, celles-ci ont fait plus de 1.400 morts, en majorité des civils tués le 7 octobre sur son territoire.

Samedi soir, M. Abou Chamalah était monté sur le toit de l'immeuble pour s'assurer que les réservoirs d'eau se remplissaient, ayant réussi à se faire livrer de l'eau par citerne après onze jours de coupure. "Je commençais à descendre dans la cage d'escaliers quand la frappe a eu lieu. Si j'étais descendu 30 secondes plus tôt, j'aurais été tué avec eux", raconte-il.

"Le 21 octobre, c'était l'anniversaire de Cham et Adam et c'est devenu le jour de leur martyre. Cela sera un jour très difficile pour moi chaque année", ajoute le père en sanglots, essuyant ses larmes avec ses deux mains. "Ils ont mis le corps déchiqueté de mon fils dans un sac bleu, Cham était calcinée", s'étrangle-t-il.

Sa femme, Dareen Abou Chamalah, 28 ans, était enceinte, au début du neuvième mois de grossesse. Le couple avait déjà choisi un prénom pour la bébé, Mecca.
"Ma femme étendait le linge sur le balcon quand la frappe a eu lieu, la déflagration l'a projetée depuis le troisième étage chez les voisins en bas. Je m'attendais à ce qu'elle et le bébé dans son ventre soient morts après une telle chute", poursuit-il. "Je l'ai trouvée gisant par terre, elle était encore vivante. Je vous jure que ses derniers mots étaient: Ayman, sortez Mecca de mon ventre, et prends soin d'elle", ajoute-il. Il affirme que sa femme avait était tellement défigurée par l'explosion qu'il a reconnue seulement "par le pantalon qu'elle portait".

Dans l'hôpital Abou Youssef al-Najjar où son corps a été transporté, il a "supplié le médecin de la faire accoucher". "Je lui ai dit que c'était sa dernière volonté".

Les médecins ont réussi à l'accoucher post-mortem par césarienne. La nouveau-née, Mecca, a été ensuite transportée en urgence vers le service pédiatrique de l'hôpital du Croissant-rouge émirati à Rafah où l'AFP a rencontré M. Abou Chamalah.

"Le bébé était dans un état très grave en arrivant ici et elle a été immédiatement placée sous respiration. Mais le premier diagnostic n'est pas bon car le cerveau a été privé d'oxygène entre le moment de la mort de la mère et la naissance", explique à l'AFP le chef des urgences de l'hôpital, Mohammad Salameh.

"Il est très probable qu'elle va souffrir de séquelles permanentes", ajoute-t-il.
Dans l'hôpital, le père endeuillé se tient debout devant la couveuse dans laquelle sa fille a été placée. Il éclate en sanglots avant d'être réconforté par un médecin qui le prend dans ses bras.

Sur l'étiquette d'identification collée sur la couveuse, on peut lire: "Bébé de la martyre Dareen Abou Chamalah", avec sa date de naissance, le 21 octobre. Celle aussi de la mort de sa soeur, de son frère et de sa mère.

17H51
Rejet du cessez-le-feu

Washington rejette les appels au cessez-le-feu à Gaza, qui bénéficierait au Hamas

Un cessez-le-feu "donnerait au Hamas la possibilité de se reposer, de se rééquiper et de se préparer à continuer à lancer des attaques terroristes contre Israël", a déclaré à la presse le porte-parole du département d'Etat, Matthew Miller.

Le porte-parole du département d'État Matthew Miller lors d'un point-presse en juillet 2023 à Washington.

Le porte-parole du département d'État Matthew Miller lors d'un point-presse en juillet 2023 à Washington.

© AP Photo/Nathan Howard

"Vous pouvez comprendre parfaitement pourquoi cette situation est intolérable pour Israël, comme elle le serait pour n'importe quel pays qui a subi une attaque terroriste aussi brutale et qui continue de voir la menace terroriste à sa frontière", a-t-il affirmé.

Plus tôt dans la journée, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a estimé que les dirigeants des Vingt-Sept pourraient soutenir un appel en faveur d'une "pause humanitaire" pour favoriser l'arrivée de l'aide dans la bande de Gaza, assiégée par l'armée israélienne. "Je pense que l'idée d'une pause humanitaire pour faciliter l'arrivée de l'aide (...) est quelque chose que les dirigeants soutiendront", a déclaré Josep Borrell à l'issue d'une réunion au Luxembourg des ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE.

Le porte-parole américain a encore indiqué que les États-Unis oeuvraient séparément pour assurer l'acheminement d'aide humanitaire à Gaza, et que l'émissaire spécial américain, David Satterfield, y travaillait "intensivement".

17H47
Diplomatie

Moscou, Téhéran et Ankara appellent à arrêter de "viser des civils innocents"

Les chefs de la diplomatie de Russie, d'Iran et de Turquie ont appelé lundi à Téhéran à arrêter "immédiatement" de "viser des civils innocents" à Gaza, le territoire palestinien bombardé par Israël en riposte à une attaque sans précédent du Hamas.

Réunis à Téhéran pour discuter de la situation dans le Caucase, les ministres de Russie, d'Iran, de Turquie, d'Arménie et d'Azerbaïdjan ont aussi échangé sur la "situation à Gaza". "Ils ont souligné la nécessité de cesser immédiatement de viser des civils innocents", selon un communiqué commun publié à l'issue de la réunion.

16H36
"Jamais vu ce degré de barbarie"

Israël montre les corps massacrés par le Hamas

Attention, contenu sensible

À l'institut médico-légal de Tel-Aviv, l'odeur de la mort est insoutenable: dans les blocs, sur des lits en métal, des cadavres calcinés, mutilés, décomposés. Ici, gisent les restes des Israéliens massacrés par le Hamas le 7 octobre, afin d'être identifiés.

Il y a des corps partout. Ou des morceaux de corps. Autour d'eux, des médecins légistes, en combinaison verte, s'activent à reconstituer ce qui peut l'être, tel un macabre puzzle.

Avant d'être examinés, les cadavres reposent sur des civières à roulettes, enveloppés dans d'épais sacs en plastique noir. Certains sont très petits, de la taille d'un enfant.

Cela fait 31 ans que je fais ce métier. Je n'ai jamais vu ce degré de barbarie, une telle cruauté, un tel acharnement. C'est juste atroce. Dr. Hen Kugel, médecin légiste

Un numéro est attaché à chacun d'eux. Il en arrive de partout, poussés par des hommes, la plupart des volontaires, le plus souvent des juifs orthodoxes. Dans la religion juive, un corps ne peut être enterré que lorsqu'il est entier. Autant que faire se peut.

"Nous avons décidé d'exposer cette horreur parce qu'il y a des gens qui nous accusent de mentir et de montrer des ossements de chiens", dit à l'AFP le directeur de l'Institut, le docteur Hen Kugel qui ne cherche même pas à retenir ses larmes. Il montre un enchevêtrement d'os et de lambeaux de chair liés ensemble par un câble électrique dont la gaine a fondu. "Au scanner", explique-t-il, "on voit clairement deux colonnes vertébrales. Celle d'un homme ou d'une femme, nous ne savons pas, et celle d'un enfant. La posture des deux corps montre que l'adulte a tenté de protéger le petit. Ils ont été ligotés puis brûlés vifs".

Le docteur Kugel essuie encore quelques larmes. "Cela fait 31 ans que je fais ce métier. Je n'ai jamais vu ce degré de barbarie, une telle cruauté, un tel acharnement. C'est juste atroce".

En plus des sept médecins légistes de l'Institut de Tel-Aviv, un anthropologue, un radiologue et huit généticiens participent à l'identification des corps, assistés par une trentaine de volontaires.

Tous se disent surpris par le fait que les poumons des victimes étaient saturés de fumée. D'autres corps sont criblés de balles dans le dos. D'autres encore ont les mains transpercées par des lames ou des projectiles, ce qui révèlent qu'ils se sont battus au corps à corps contre leurs agresseurs.

"Nous ne savons pas combien de bébés sont morts, ni combien de personnes âgées. Il y a aussi beaucoup de corps sans tête. Cela va prendre encore un peu de temps pour identifier tout le monde", admet le docteur Kugel.

Une famille entière d'Ukrainiens a péri dans l'attaque du Hamas. Ils avaient fui le conflit dans leur pays. Leur identité est encore inconnue. Il y aussi des ressortissants américains. "Peut-être d'autres nationalités encore", précise le médecin légiste Hagar Mizrahi.

Derrière lui, s'ouvre une porte électrique coulissante percée d'un hublot. Sur une longue table métallique, un corps gris est allongé. Là encore, impossible de dire s'il s'agit d'un homme ou d'une femme. Des tatouages sont visibles sur le dos et les membres gonflés. La victime n'a pas été brûlée vivante mais les impacts de balles sont bien visibles.

Les responsables du lieu demandent aux journalistes de "faire preuve de responsabilité en ne donnant pas d'indications qui pourraient perturber les familles des suppliciés".

Nurit Boublil, responsable de l'unité d'identification génétique, indique que des centaines de corps ont été convoyés à l'Institut. La plupart ont été identifiés.
"Mais tout est rendu difficile par le fait que souvent les suppliciés ont été attachés ensemble. Il est donc possible que dans un seul sac, il y ait deux corps, voire trois", ajoute la médecin.

Avant d'arriver à cet institut, certains corps ont d'abord transité par la base militaire de Shura, près de Ramla (centre), où ils étaient en attente d'une première identification ou d'inhumation dans des conteneurs réfrigérés.

J'ai vu des bébés, des femmes et des hommes décapités. J'ai vu une femme enceinte dont le ventre était éventré et le bébé arraché. Israël Weiss, ancien grand Rabbin de l'armée

Sur place, parmi les médecins, experts médico-légaux et volontaires, l'ancien grand rabbin de l'armée, Israël Weiss, est sorti de sa retraite pour aider.
"J'ouvre la porte des conteneurs réfrigérés, je vois les corps, je sens l'odeur, je la laisse remplir mes poumons et mon coeur, mais ce que je ressens, c'est leur douleur et leur disparition", murmure le rabbin Weiss.

Lui et d'autres membres de son équipe qui ont examiné les corps, affirment que de nombreuses victimes ont été torturées, violées ou maltraitées. L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier leurs déclarations de source indépendante.

"Jamais de ma vie je n'ai vu de telles horreurs", ajoute le rabbin devant des conteneurs où sont disposés, dans chacun d'eux, jusqu'à une cinquante de corps dans des sacs mortuaires blancs. "J'ai vu des bébés, des femmes et des hommes décapités. J'ai vu une femme enceinte dont le ventre était éventré et le bébé arraché."

Pour identifier les victimes, les équipes se basent sur des échantillons d'ADN, des empreintes digitales et des dossiers dentaires. Selon les autorités, près de 90% des soldats tués ont été identifiés, mais à peine la moitié des civils.

"Rien ne pouvait nous préparer à cela", dit la sergent-chef Avigayil, en évoquant des sévices infligés aux corps des victimes. Des psychologues et des assistants sociaux participent également à l'opération pour aider les équipes d'identification à la fin de chaque journée.

Mais l'armée, qui affirme qu'au moins 199 personnes ont été retenues en otage par le Hamas à Gaza, a prévenu qu'il faudrait des semaines pour avoir un bilan définitif des victimes et toutes les identifier.

16H24
"pause humanitaire"

L'Union européenne envisage d'appeler à une "pause humanitaire" à Gaza

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, estime que les dirigeants des Vingt-Sept pourraient soutenir un appel en faveur d'une "pause humanitaire" pour favoriser l'arrivée de l'aide dans la bande de Gaza.

La guerre déclenchée par la sanglante attaque du Hamas le 7 octobre en Israël sera au coeur d'un sommet des dirigeants des 27 États membres jeudi et vendredi à Bruxelles.

Le ministre polonais des Affaires étrangères Zbigniew Rau, saluant le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, lors de la réunion du Conseil de l'Europe à Luxembourg, ce 23 octobre 2023.

Le ministre polonais des Affaires étrangères Zbigniew Rau, saluant le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, lors de la réunion du Conseil de l'Europe à Luxembourg, ce 23 octobre 2023.

© AP Photo/Virginia Mayo

"Je pense que l'idée d'une pause humanitaire pour faciliter l'arrivée de l'aide (...) est quelque chose que les dirigeants soutiendront", a déclaré Josep Borrell à l'issue d'une réunion au Luxembourg des ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE. "Qu'est-ce qui est important ? Plus d'aide, plus rapidement", a-t-il martelé, soulignant que les quelques dizaines de camions qui étaient passés d'Égypte à la bande de Gaza étaient "insuffisants".
"Sur la question de la trêve humanitaire, du cessez-le-feu, on ne peut pas dire qu'il y a de manière nette un consensus qui s'est dégagé", a cependant tempéré un diplomate européen.

Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavsky, a souligné combien un cessez-le-feu lui semblait difficile à atteindre pour le moment en raison de l'attitude du Hamas. "Il y a une organisation terroriste qui contrôle Gaza, qui envoie des roquettes tous les jours, qui a perpétré une attaque barbare sur le territoire israélien", a-t-il dit. "La question est donc de savoir comment un tel cessez-le-feu pourrait être mis en place ; il faut qu'il s'applique aux deux côtés", a-t-il ajouté.

Le ministre des Affaires étrangères tchèque Jan Lipavsky lors d'une réunion pour l'Ukraine à Londres en juin 2023.

Le ministre des Affaires étrangères tchèque Jan Lipavsky lors d'une réunion pour l'Ukraine à Londres en juin 2023.

© Hannah McKay/Pool Photo via AP

"Nous ne pourrons pas endiguer la catastrophe humanitaire si le terrorisme (en provenance) de Gaza se poursuit de la sorte", a averti en écho la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock. "Il est essentiel de lutter contre le terrorisme (...) et, en même temps, tout doit être fait pour atténuer les souffrances incroyables des deux millions de Gazaouis. C'est la quadrature du cercle. Mais cette quadrature du cercle, nous devons l'affronter ensemble", a-t-elle poursuivi.

Seules quelques dizaines de camions sont passés d'Egypte à la bande de Gaza -un chiffre totalement insuffisant pour l'ONU qui réclame 100 camions par jour pour les 2,4 millions de Gazaouis.

15H07
20 millions de £

Londres augmente son aide humanitaire pour Gaza

Le Royaume-Uni va augmenter de 20 millions de livres (environ 23 millions d'euros) son aide humanitaire pour Gaza et "maintenir la pression diplomatique" pour permettre le passage de convois d'aide supplémentaires, annonce le Premier ministre britannique Rishi Sunak.

Le Premier ministre Rishi Sunak s'adressant aux médias à son arrivée à Tel Aviv le 19 octobre 2023.

Le Premier ministre Rishi Sunak s'adressant aux médias à son arrivée à Tel Aviv le 19 octobre 2023.

© AP Photo/Ohad Zwigenberg

"Nous nous sommes déjà engagés à verser 10 millions de livres supplémentaires (11,5 millions d'euros) de soutien supplémentaire pour aider les civils à Gaza (...) et je peux annoncer aujourd'hui que nous allons plus loin: nous allons fournir 20 millions de livres supplémentaire d'aide humanitaire à Gaza", a déclaré Rishi Sunak, de retour d'un déplacement au Proche-Orient, devant le Parlement.

S'il a qualifié de "progrès" l'ouverture "limitée" du terminal de Rafah à la frontière avec l'Égypte pour faire entrer des camions d'aide humanitaire, "ce n'est pas suffisant", a-t-il estimé. "Nous avons besoin d'un apport continu d'aide entrant (à Gaza), fournissant de l'eau, de la nourriture, des médicaments et du carburant qui manquent cruellement", a souligné le Premier ministre. "Nous maintiendrons la pression diplomatique", a-t-il insisté.

Rishi Sunak a aussi affirmé que son gouvernement "travaille intensément pour s'assurer que les ressortissants britanniques pris au piège à Gaza puissent en sortir par le terminal de Rafah dès qu'il rouvrira réellement".

Par ailleurs, le Premier ministre a déclaré être en mesure d'affirmer que selon les renseignements collectés par les services britanniques, l'explosion meurtrière qui a touché l'hôpital Ahli Arab à Gaza le 17 octobre "a probablement été causée par un missile, ou une partie de missile, lancé depuis Gaza vers Israël".

Israël a attribué cette explosion à une roquette défectueuse tirée depuis Gaza, thèse soutenue également par les États-Unis, tandis que le Hamas accuse Israël.

14H45
Politique française

La France appelle à une "trêve humanitaire" à Gaza

La France appelle à une "trêve humanitaire" pour permettre la distribution d'aide dans la bande de Gaza, qui "pourra mener à un cessez-le-feu", a déclaré Élisabeth Borne ce lundi devant l'Assemblée nationale.

Capture d'écran de la séance à l'Assemblée nationale ce 23 octobre 2023.

Capture d'écran de la séance à l'Assemblée nationale ce 23 octobre 2023.

© Assemblée nationale


"L'ouverture au point de passage de Rafah est encore très limitée. Nous appelons à ce que la porte de Rafah soit ouverte pour permettre de nouveaux passages" d'aide, a déclaré la Première ministre devant les députés. "La distribution d'aide exige une trêve humanitaire qui pourra mener à un cessez-le feu", a ajouté Élisabeth Borne.

Devant un hémicycle clairsemé, la Première ministre française a aussi appelé Israël à "ne pas tomber dans le piège du Hamas" et à fournir une "réponse juste" face au "terrorisme" après les attaques du 7 octobre. "Même dans les combats les plus durs, les plus âpres, nous ne devons jamais perdre de vue ce qui fait de nous des démocraties : nos valeurs, le respect de l'État de droit, comme le droit international humanitaire", a dit Élisabeth Borne.

Dans son discours, la cheffe du gouvernement a également a aussi voulu rappeler les relations historiques entre la France et les Palestiniens. "Elle est l'amie d'Israël, l'amie des Palestiniens et elle est l'amie des pays arabes de la région. C'est une position indépendante que nous avons toujours assumée", a-t-elle dit.
Élisabeth Borne a par ailleurs estimé que "minimiser, justifier voire absoudre le terrorisme, c'est accepter qu'il frappe à nouveau demain, en Israël, en France ou partout ailleurs". "Nous ne devons faire preuve d'aucune ambiguïté face à de tels crimes", a-t-elle dit, alors que La France insoumise (LFI), le parti de Jean-Luc Mélenchon, est fortement critiqué pour n'avoir pas qualifié le Hamas de "terroriste".

Après la Première ministre, la présidente du groupe Insoumis Mathilde Panot a exhorté la France à "peser de tout son poids pour permettre l'adoption d'une résolution exigeant un cessez-le-feu pour arrêter cette escalade meurtrière".
"La France, autrefois voix de la paix à travers le monde, est entre vos mains devenue un État aligné. Aligné sur les États Unis et sur le gouvernement israélien va-t-en guerre d'extrême droite", a également lancé Mathilde Panot dans une ambiance électrique.

Les différents groupes politiques et les présidents des commissions des Affaires étrangères et des Affaires européennes doivent également prendre la parole dans l'hémicycle, avant la clôture des débats, sans vote, par le gouvernement.
Emmanuel Macron se rendra mardi à Tel-Aviv pour y rencontrer notamment le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

14H20
Soutien

Borne affirme son soutien à Yaël Braun-Pivet "après les accusations ignobles" contre elle

Le Première ministre Elisabeth Borne affirme son "soutien et celui de (son) gouvernement" à la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, après les accusations du chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon à son encontre.

"Je voulais affirmer ici mon soutien et celui de mon gouvernement à la présidente de l'Assemblée nationale, après les accusations ignobles, proférées à son encontre", a dit Elisabeth Borne lors d'un débat sur le Proche-Orient à l'Assemblée. Dimanche, Jean-Luc Mélenchon a accusé Yaël Braun-Pivet d'"encourager le massacre" à Gaza en se rendant en Israël.
 

13H40
Frontière libanaise

Plus de 19.000 déplacés au Liban alerte l'ONU

Plus de 19.000 personnes ont été déplacées au Liban après une intensification des affrontements entre l'armée israélienne et le Hezbollah libanais à la frontière entre les deux pays, selon les chiffres publiés lundi par l'Organisation internationale pour les migrations.

"Une hausse des incidents transfrontaliers" a entraîné le déplacement de 19.646 personnes au Liban "à la fois dans le sud et ailleurs dans le pays", indique le rapport de l'OIM. "Nous nous attendons à ce que ces chiffres augmentent à mesure que les tensions transfrontalières perdurent" ou en cas d'escalade de la violence, a déclaré un porte-parole de l'OIM, Mohammedali Abunajela, dans un communiqué adressé à l'AFP.

Depuis le début de la guerre déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas islamiste palestinien en Israël le 7 octobre, les affrontements sont quasi-quotidiens à la frontière israélo-libanaise et les craintes de voir le puissant Hezbollah pro-iranien ouvrir un nouveau front à partir du Liban sont vives.

Face aux attaques répétées, des dizaines de localités ont reçu l'ordre d'évacuer en Israël. L'armée israélienne répond par des bombardements sur des cibles dan le sud du Liban.

Au moins 40 personnes ont été tuées du côté libanais de la frontière, selon un décompte de l'AFP à partir de communiqués, sources officielles ou de sécurité, pour la plupart des combattants mais également au moins quatre civils, parmi lesquels le journaliste de Reuters Issam Abdallah. L'armée israélienne a de son côté fait état de quatre morts, trois soldats et un civil.
 

13H15
Drones

L'armée israélienne annonce avoir neutralisé deux drones venus de Gaza

L'armée israélienne a annoncé lundi avoir "neutralisé" dans le sud de son territoire deux drones venus de la bande de Gaza.

La branche armée du mouvement islamiste palestinien du Hamas a concomitamment annoncé sur la messagerie Telegram avoir "lancé deux drones suicides" en direction de deux bases militaires du sud d'Israël.
 

11H25

Il ne faut pas donner "un permis de tuer" à Israël

Le Premier ministre palestinien a condamné lundi les prises de positions qui donnent "un permis de tuer à Israël", après que Washington et des pays européens, invoquant son "droit de se défendre", se sont gardés de l'appeler à mettre fin à ses frappes à Gaza.

Ce que nous entendons de la bouche des dirigeants de l'occupation (Israël, NDLR) sur les préparatifs pour une invasion terrestre signifie davantage de crimes, d'atrocités et de déplacement forcé.

Mohammed Shtayyeh, premier ministre palestinien 

"Nous condamnons les prises de position qui constituent un permis pour tuer et offrent (à Israël) une couverture politique pour commettre des massacres et semer la destruction à Gaza", a ajouté Mohammed Shtayyeh, dont le gouvernement n'exerce aucun pouvoir dans la bande de Gaza contrôlée par les islamistes du Hamas.

gaza

Une Palestinienne blessée court après les frappes aériennes israéliennes qui ont ciblé son quartier de la ville de Gaza, le lundi 23 octobre 2023. @AP Photo/Abed Khaled.

 

11H11
Nouveau bilan

Le seuil des 5.000 morts franchi dans la bande de Gaza

Au moins 5.087 personnes, dont 2.055 enfants, sont mortes depuis le début des bombardements israéliens sur la bande de Gaza, selon le bilan communiqué lundi par le ministère de la Santé du Hamas, au pouvoir dans le territoire palestinien. 

Au moins 15.273 personnes ont été blessées depuis le 7 octobre, a ajouté le gouvernement du Hamas, au 17ème jour de la guerre déclenchée par l'attaque sanglante du mouvement palestinien Hamas. 

Qui anime ce direct ?

avec agences