Direct terminé le 26 octobre 2023 à 20h30
Direct démarré le 26 octobre 2023 à 7h00

DIRECT - Les dirigeants de l'UE réclament des "couloirs humanitaires" et des "pauses"

Lors d'un sommet à Bruxelles, les ministres des 27 ont exprimé leur "inquiétude" concernant la dégradation de la situation humanitaire à Gaza, et appelé à la mise en place de "couloirs humanitaires" et de "pauses" pour répondre aux besoins humanitaires.

(Les horaires sont exprimés en temps universel)

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Dans le ciel au dessus du centre d'Israël, le système de défense anti-érienne israélien Iron Dome intercepte des roquettes tirées depuis la bande de Gaza ce 26 octobre 2023.

Dans le ciel au dessus du centre d'Israël, le système de défense anti-érienne israélien Iron Dome intercepte des roquettes tirées depuis la bande de Gaza ce 26 octobre 2023.

© AP Photo/Oded Balilty
26
nouvelle(s) publication(s)
19H59
Situation humanitaire

Les 27 réclament "des pauses" pour répondre aux besoins humanitaires

Les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, ont exprimé leur "inquiétude" concernant la dégradation de la situation humanitaire à Gaza, et appelé à la mise en place de "couloirs humanitaires" et de "pauses" pour répondre aux besoins humanitaires.

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"Le Conseil européen exprime sa plus vive inquiétude concernant la dégradation de la situation humanitaire à Gaza et réclame un accès humanitaire continu, rapide, sécurisé et non entravé (...) pour aider ceux qui en ont besoin par tous les moyens nécessaires, y compris des couloirs humanitaires et des pauses pour les besoins humanitaires", indique le texte, sans détailler la signification exacte de ces "pauses".

Dans une déclaration en 19 points, adoptée à l'issue de cinq heures de discussions, les Vingt-Sept soulignent par ailleurs que l'UE est favorable à l'organisation d'une "conférence internationale de paix" qui aurait lieu "prochainement".

Les Vingt-Sept réaffirment par ailleurs "le droit d'Israël de se défendre conformément au droit humanitaire et international". Ils réitèrent leur appel au Hamas pour la "libération immédiate de tous les otages".

19H54
Liban

Le frère d'un islamiste recherché tué dans un camp de réfugiés palestiniens au Liban

Le "frère d'un islamiste recherché" a été tué ce jeudi dans le plus grand camp de réfugiés palestiniens du Liban, selon un média d'État.

Un jeune homme ayant été "la cible d'une opération d'assassinat à l'intérieur du camp d'Aïn el-Héloué est mort de ses blessures", a indiqué l'Agence nationale de l'information (ANI). "C'est le frère d'un islamiste recherché qui n'appartient à aucune faction du camp", a-t-elle précisé.

Le camp situé dans la banlieue de la ville portuaire de Saïda (sud) a été le théâtre d'affrontements meurtriers cette année entre des membres du Fatah, le mouvement du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, et des militants islamistes radicaux.

Des membres de factions islamiques dans le camps de réfugiés palestiniens d'Aïn el-Héloué, au Liban, 29 septembre 2023.

Des membres de factions islamiques dans le camps de réfugiés palestiniens d'Aïn el-Héloué, au Liban, 29 septembre 2023.

© AP Photo/Mohammed Zaatari

Le Hamas, le mouvement islamiste palestinien qui a mené une attaque sur le territoire israélien le 7 octobre tuant plus de 1.400 personnes, n'était pas impliqué dans ces affrontements.

En septembre, les belligérants palestiniens ont convenu d'un cessez-le-feu après plus d'une semaine de violences meurtrières. Fin juillet, cinq jours de combats dans le camp ont coûté la vie à treize personnes et ont fait des dizaines de blessés.

Le camp d'Aïn el-Héloué abrite plus de 54.000 réfugiés enregistrés et des milliers de Palestiniens qui s'y sont ajoutés ces dernières années en fuyant la guerre civile en Syrie.

Depuis longtemps, l'armée libanaise se tient à l'écart des camps et laisse les différentes factions palestiniennes en charge de la sécurité.

19H42
l'angoisse des familles des otages

Des familles d'otages demandent au Hamas de laisser la Croix-Rouge voir leurs proches

"Nous savons que la Croix-Rouge est à Gaza, nous voulons donc demander à la Croix-Rouge d'aller voir comment nos familles vont", a expliqué Merav Mor Raviv, dont l'oncle, ainsi que sa femme, leur fille et leur petit-fils sont détenus à Gaza, aux mains du Hamas.

Merav Mor Raviv, montre la photo d'un membre de sa famille otage du Hamas au centre communautaire juif de Madrid en Espagne ce 26 octobre 2023. 

Merav Mor Raviv, montre la photo d'un membre de sa famille otage du Hamas au centre communautaire juif de Madrid en Espagne ce 26 octobre 2023. 

© AP Photo/Manu Fernandez

Merav Mor Raviv a donné une conférence de presse au centre de la communauté juive de Madrid en compagnie de quatre autres proches d'otages enlevés lors de l'attaque du Hamas le 7 octobre dernier. "Le Hamas ne laisse pas (la Croix-Rouge) voir nos familles. C'est pour cette raison que nous avons besoin de votre aide", a expliqué Mayaan Sigal-Koren, la fille d'une des otages.

Ces proches des otages ont entamé cette tournée dans les villes européennes, une initiative de la société civile en coopération avec le ministère israélien des Affaires étrangères, ont-ils expliqué au début de la conférence de presse.

Après Paris et Madrid, ils s'exprimeront aussi devant la presse à Bruxelles, Copenhague, La Haye, Vienne, Berlin et Rome, ont-ils ainsi précisé.
Naama Weinberg, la cousine de l'otage Itai Svicsky, a demandé "au gouvernement espagnol de faire tout ce qu'il peut pour parler aux pays qui peuvent parler avec le Hamas".

Ces proches n'ont pas souhaité se prononcer sur la gestion de la crise par le gouvernement de Benjamin Netanyahu, ni sur la possible offensive militaire terrestre et ses éventuelles conséquences sur les otages.

"Je ne suis pas celle qui a à donner une solution au gouvernement, aux diplomates ou au monde", a estime Merav Mor Raviv lorsqu'elle a été interrogée sur le sujet.

18H42
"au bout de leur patience"

Les familles des otages haussent le ton contre le gouvernement

Les familles d'otages retenus dans la bande de Gaza ont prévenu ce soir à Tel-Aviv être arrivées "au bout de leur patience". Elles exigent d'être reçues par le gouvernement dans la soirée. "Fini la patience, désormais nous allons nous battre", indique le Forum pour les familles des otages et disparus.

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Des familles des otages kidnappés par le Hamas manifestent devant le ministère de la Défense à Tel Aviv réclamant leur libération ce 26 octobre 2023.

Selon l'armée israélienne, 224 familles ont été contactées pour être informées que leurs proches étaient otages.
"Nous exigeons que le cabinet nous parle ce soir et nous dise comment il compte les ramener aujourd'hui. Nous intensifions la lutte, nous n'attendons plus qu'on nous dirige, nous menons la lutte", a déclaré Meirav Leshem Gonen, mère de Romi Gonen.

"Depuis vingt jours le gouvernement est muet, nous faisons tout nous-même", a déploré Eyal Sheni le père de Roni Sheni, soldate de 19 ans otage ou disparue.
"Je demande une chose, bougez-vous les fesses, aidez-nous et assumez vos responsabilités", a-t-il ajouté.

La branche militaire du Hamas a "estimé" jeudi que "près de 50" otages israéliens ont été tués par des frappes israéliennes depuis le début de la guerre, des chiffres qui ne peuvent pas être confirmés par l'AFP.

Quatre femmes retenues en otage ont été relâchées à ce jour par le Hamas.
Dans une forme inédite et hybride, une plateforme de "milliers de volontaires", mêlant des experts de la société civile et des réservistes de la célèbre unité de renseignement 8200, aident au sein d'un QG commun au recensement et à la localisation des otages.

Les familles se sont, elles, regroupées dans un "Forum pour les familles des otages et disparus" et mobilise ses propres ressources, y compris diplomatiques.

18H25
"Sauvez des vies !"

Échanges d'accusations à la tribune de l'ONU sur la situation à Gaza

Représentants israélien et des pays arabes ont échangé de vives accusations cet après-midi à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU qui se penche à son tour sur la guerre entre Israël et le Hamas après l'échec du Conseil de sécurité à agir.

"Israël transforme Gaza en enfer sur Terre perpétuel. Le traumatisme hantera des générations entières", a lancé le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi au nom des 22 pays du groupe arabe. "Le droit à l'autodéfense n'est pas un permis de tuer dans l'impunité, une punition collective n'est pas de l'autodéfense, c'est un crime de guerre", a-t-il asséné.


"Pour arrêter cette folie, vous avez une chance de faire quelque chose, d'envoyer un signal important. Choisissez la justice, pas la vengeance", a lancé l'ambassadeur palestinien Riyad Mansour devant les 193 Etats membres de l'ONU.

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"Ne ratez pas cette chance. Des vies en dépendent et toute vie est sacrée. S'il vous plaît, sauvez des vies, sauvez des vies, sauvez des vies. Votez pour notre projet de résolution", a-t-il plaidé, la voix serrée par l'émotion.

Alors que le Conseil de sécurité a exposé ses divisions en rejetant en moins de deux semaines quatre résolutions sur la guerre entre Israël et le Hamas, les pays arabes espèrent que l'Assemblée générale, où les rapports de force sont différents et où aucun pays n'a de droit de véto, puissent prendre position, même si ses résolutions ne sont pas contraignantes.

La Jordanie a fait circuler un projet de résolution encore en discussion, qui devrait être soumis au vote vendredi.

Le texte, vu par l'AFP, est largement centré sur la situation humanitaire, appelant à un "cessez-le-feu immédiat" et un accès humanitaire "sans entrave" à la bande de Gaza. Il réclame également "à toutes les parties" de "protéger les civils", mais il ne mentionne pas les attaques du Hamas.

"Ceux qui ont rédigé la résolution disent se préoccuper de la paix mais les meurtriers dépravés qui ont commencé cette guerre ne sont même pas mentionnés", a fustigé l'ambassadeur israélien Gilad Erdan. "Cette résolution est une insulte à votre intelligence, et sa place est dans les poubelles de l'Histoire", a-t-il jugé.

16H30
British Red Cross

Le Roi Charles III a reçu à Buckingham les représentants de quatre organisations humanitaires

Le Roi Charles III a reçu à Buckingham Palace en tant que président de la Croix Rouge britannique les représentants de quatre organisations humanitaires afin de faire le point sur la situation à Gaza.

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A gauche sur la photo, John Sparks, le directeur général de l'Unicef, Melanie Ward présidente de Medical Aid for Palestinians, le roi Charles III, Shireen Jayyusi, la vice présidente de la fondation Medical Aid for Palestinians, Patrick Watt, président de Christian Aid et Rory Molan, chef de secteur pour le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et l'Europe pour la Croix rouge. 

17H49
6747 morts

Le Hamas publie une liste de quelque 7.000 noms de Palestiniens tués dans la guerre à Gaza

Le ministère de la Santé du Hamas publie ce soir une liste nominative de quelque 7.000 Palestiniens tués selon lui dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre entre le Hamas et Israël, après que Washington a déclaré n'avoir "pas confiance" dans ses bilans.

Une femme pleure sur le corps d'un membre de sa famille tué le 20 octobre après des frappes sur l'église orthodoxe Saint-Porphyre à Gaza.

Une femme pleure sur le corps d'un membre de sa famille tué le 20 octobre après des frappes sur l'église orthodoxe Saint-Porphyre à Gaza.

© AP Photo/Abed Khaled, File

La liste de 6.747 noms précise le sexe, l'âge et le numéro d'identité de personnes tuées depuis le début des frappes israéliennes sur le territoire palestinien contrôlé par le Hamas. Le gouvernement du Hamas précise être en attente de vérification de l'identité de 281 autres corps.

De nombreux journalistes diffusent cette liste sur les réseaux sociaux. Ici, la journaliste américaine Linzy Billing, qui a été correspondante en Afghanista a choisi de la publier sur Instagram. La liste fait 212 page précise-t-elle. Elle n'inclue pas les milliers de disparus, ni les blessés. Et n'en font pas partie les Palestiniens qui ont été tués en Cisjordanie.

14H58
Otages

Le Hamas "estime" que "près de 50 otages" israéliens ont été tués depuis le début des raids israéliens

La branche militaire du Hamas palestinien "estime" ce jeudi que "près de cinquante" otages israéliens détenus dans la bande de Gaza avaient été tués par des frappes israéliennes depuis le début de la guerre le 7 octobre.

"Les brigades Qassam estiment que le nombre d'otages sionistes qui ont été tués dans la bande de Gaza à cause des bombardements et des massacres sionistes, a atteint près de cinquante", a indiqué le groupe islamiste palestinien dans un message sur Telegram, une affirmation qui n'a pas pu être vérifiée de source indépendante.

Le Hamas, qui utilise le terme de "sionistes" pour désigner les Israéliens, avait fait état de 22 otages tués le 16 octobre.

De son côté, le porte-parole de l'armée israélienne Daniel Hagari a légèrement revu à la hausse le nombre d'otages identifiés: "Nous avons informé les familles de 224 otages" que leurs proches étaient détenus dans la bande de Gaza (contre 222 auparavant).

"Ce chiffre a évolué en fonction des renseignements que nous obtenons. Cela va continuer d'évoluer. Les efforts engagés pour ramener les otages sont la priorité absolue", a assuré Daniel Hagari.

Selon une donnée communiquée par le gouvernement israélien, que l'AFP n'a pas pu vérifier de manière indépendante, au moins la moitié de ces otages disposent d'un passeport étranger.

14H22
"Discussions"

Des représentants du Hamas et de l'Iran à Moscou pour des discussions

La diplomatie russe a annoncé la présence ce jeudi à Moscou de représentants du Hamas, en guerre avec Israël, et de l'Iran pour des discussions, une première depuis le début du conflit il y a près de trois semaines.

"Je peux confirmer la présence de représentants de ce mouvement palestinien à Moscou", a dit Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe, confirmant également la venue en Russie du vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Bagheri Kani. Elle n'a cependant donné aucune information sur l'agenda ni le contenu des discussions.
 

14H19
en ordre dispersé

Les 27 en sommet cherchent leurs mots sur le conflit Israël-Hamas

Les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, peinaient jeudi à trouver une expression commune au sujet du conflit Israël-Hamas, certains insistant sur le droit de l'Etat hébreu à se défendre et d'autres sur le besoin d'aide humanitaire à Gaza.

Cette guerre mobilise l'attention des Européens au moment même où le doute grandit sur la capacité de l'Occident à continuer de soutenir l'Ukraine contre la Russie, dans un autre conflit majeur qui fait rage aux portes du bloc.

"La façon de réagir à l'attaque terroriste du Hamas contre Israël est un sujet qui divise. Les opinions divergent les unes des autres", a souligné à son arrivée le Premier ministre hongrois Viktor Orban, se disant "très favorable au droit d'Israël à se défendre".

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a réaffirmé son soutien à "un cessez-le-feu à des fins humanitaires (...) pour acheminer toute l'aide dont les Palestiniens ont besoin". "La souffrance que nous voyons à Gaza est inacceptable", a-t-il insisté.

Sur le Proche-Orient, les Vingt-Sept sont traditionnellement divisés entre États insistant sur la nécessaire solidarité envers les civils Palestiniens, comme l'Irlande et l'Espagne, et les plus fervents défenseurs d'Israël, comme l'Allemagne, l'Autriche et la Hongrie.

Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE sont arrivés à Bruxelles en début d'après-midi, alors qu'Israël a annoncé être entré pendant quelques heures avec des chars dans la bande de Gaza pour "préparer le champ de bataille" d'une offensive terrestre.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a affiché un soutien sans réserve à cette opération. "Israël est un état démocratique avec des principes très humanitaires qui le guident et on peut donc être sûr que l'armée israélienne respectera les règles du droit international dans ce qu'elle fait. Je n'ai aucun doute à ce sujet", a-t-il dit.

14H11
Nouveau bilan

Trente-cinq Français tués dans les attaques du Hamas le 7 octobre contre Israël

Trente-cinq Français ont été tués dans les attaques du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre contre Israël, et neuf sont portés disparus, selon un nouveau bilan jeudi du ministère des Affaires étrangères.

"La France déplore le décès tragique de nouveaux ressortissants français, ce qui porte à 35 le bilan des victimes françaises dans les attaques terroristes menées par le Hamas contre Israël", indique le communiqué du Quai, précisant que sur les neuf disparus, "certains sont otages du Hamas".

"Neuf compatriotes sont toujours portés disparus. Il est désormais confirmé que certains d'entre eux sont otages du Hamas", ajoute le texte. "Nous mettons tout en oeuvre pour obtenir leur libération".

Ces otages font partie des plus de deux cents personnes enlevées en Israël le 7 octobre et emmenées à Gaza par les assaillants. A ce jour, deux Américaines et deux Israéliennes ont été libérées.

13H44
"Où qu'on aille, on mourra"

Des évacués de Gaza retournent dans le nord

Rahma Saqallah avait fui Gaza-ville bombardée par l'armée israélienne vers le sud, avec son mari et ses quatre enfants. Elle y est retournée jeudi avec sa fille seulement, les autres ayant péri dans une frappe contre une maison dans laquelle ils se croyaient en sécurité.

"Où qu'on aille, on mourra", a lâché Madame Saqallah, 40 ans, en s'apprêtant à quitter la région de Khan Younès, dans le sud, pour retourner dans la ville de Gaza.

Elle fait partie de quelque 600.000 Palestiniens, selon l'ONU, à avoir quitté le nord de la bande de Gaza vers le sud à partir du 13 octobre après que l'armée israélienne a sommé les civils de s'en aller "pour leur propre sécurité" dans des tracts largués du ciel.

Les bombardements israéliens, déclenchés le 7 octobre en représailles à une attaque sanglante du Hamas en Israël, se concentraient les premiers jours sur Gaza-ville, même si aucune zone ne semble épargnée.

Mais d'après l'ONU, quelque 30.000 déplacés ont regagné ces derniers jours le nord du territoire "en raison de bombardements incessants dans le sud et les difficultés à trouver un abri adéquat". 

"Mon mari, Fadel Saqallah, et mes trois fils, Daoud, Mohammad et Majed, sont tombés en martyrs mardi à l'aube", affirme Rahma Saqallah, rencontrée mercredi avant son départ de Khan Younès et qui a confirmé ce jeudi par téléphone avoir regagné la ville de Gaza.

Ils ont réduit Gaza en ruines, ils veulent la transformer en cimetière. Rahma Saqallah, mère palestinienne de 40 ans

Son mari avait 47 ans, son fils Majed neuf, et Daoud 18, alors que Mohammad "devait fêter son 15ème anniversaire" mercredi.

La frappe a "détruit les deuxième et troisième étages" d'un immeuble dans laquelle plusieurs familles, au total une soixantaine de personnes, s'étaient abritées. Le bombardement a tué, selon elle, onze membres de la famille Saqallah, dont son mari et ses trois enfants, "et 26 personnes d'autres familles".
"De ma famille il ne reste que moi et ma fille Raghad (17 ans). Nous sommes en vie mais je ne peux pas dire que nous allons bien", a-t-elle confié. "Ils ont réduit Gaza en ruines, ils veulent la transformer en cimetière". Le Premier ministre israélien Benjamin "Netanyahu est un menteur. Ils nous ont appelés à partir vers le sud et ils nous ont tués", a-t-elle ajouté.

Une docteure palestinienne prend un charge un bébé prématuré à l'hôpital d'Al Aqsa Hospital de Deir el-Balah, dans la bande de Gaza, le 22 octobre 2023.

Une docteure palestinienne prend un charge un bébé prématuré à l'hôpital d'Al Aqsa Hospital de Deir el-Balah, dans la bande de Gaza, le 22 octobre 2023.

© AP Photo/Adel Hana

Après s'être réfugiés dans un hôpital à Deir el-Balah, plus au sud, Abdallah Ayyad, sa femme et leurs cinq filles se sont serrés dans la remorque d'un triporteur, prenant le chemin du nord pour retourner à Gaza-ville.

"Nous retournons pour mourir dans nos maisons. Ce sera plus digne", a affirmé le père, sur un ton mêlant dégoût et résignation. "Nous vivons dans des conditions humiliantes ici. Rien à manger, rien à boire, pas de toilettes et pour couronner le tout, il y a des bombardements tout autour", a-t-il déploré.

Certains ont quitté le sud mais, incapables d'atteindre leurs maisons dans le nord en raison d'intenses bombardements, ils se sont résignés à se réfugier à al-Chifa, le principal hôpital de la ville de Gaza.

Une mère palestinienne et son enfant bléssés attendent d'être pris en charge à l'hôpital d'al-Shifa à Gaza, 17 octobre 2023.

Une mère palestinienne et son enfant bléssés attendent d'être pris en charge à l'hôpital d'al-Shifa à Gaza, 17 octobre 2023.

© AP Photo/Abed Khaled

Des familles entières s'entassent sous des bâches en toile accrochées contre les murs et les piliers en béton en guise de tentes.

"Moi, ma femme, mes enfants et mes beaux-frères, à peu près 40 personnes au total, vivons dans une tente que ne fait même pas trois mètres carrés. C'est indigne même pour du bétail", a affirmé l'un des déplacés, Mohammad Abou al-Nahel. "On arrive difficilement à utiliser les toilettes en raison de la surpopulation. On voit arriver en permanence des martyrs et des blessés. Nous n'avons pas d'eau potable à boire et les enfants sont malades à cause du froid", confie une autre déplacée qui a quitté le sud pour s'abriter à l'hôpital, Mennah al-Bahtiti.

La coordinatrice des affaires humanitaires de l'ONU pour les territoires palestiniens, Lynn Hastings, a prévenu ce jeudi qu'"aucun endroit n'est sûr (dans la bande de) Gaza", en raison des bombardements israéliens.

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Interrogée par l'AFP au sujet de ses frappes dans le sud après avoir sommé les civils du nord de s'y diriger pour leur propre sécurité, l'armée israélienne n'a pas réagi dans l'immédiat.

13H21
"guerre par vengeance"

Riyad al-Maliki accuse Israël de mener une "guerre par vengeance"

Le ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, est à La Haye où il a rencontré mercredi des responsables de la Cour pénale internationale (CPI), Riyad al-Maliki a estimé que la solution à deux États était "plus pertinente que jamais".
 

"Ce sera difficile mais pas impossible. [...] Mais quelle est l'alternative ? Nous n'avons pas d'alternative", a-t-il affirmé.

Selon lui, "la guerre que mène Israël est différente" des précédents conflits. "Cette fois, c'est une guerre par vengeance", a-t-il affirmé. "Cette guerre n'a pas d'autre objectif réel que la destruction totale du moindre coin encore vivable à Gaza," a affirmé Maliki à des journalistes.

Israël a annoncé ce jeudi être entré avec des chars dans la bande de Gaza, pour "préparer le champ de bataille" d'une offensive terrestre, au 20e jour de sa guerre contre le Hamas qui a fait plus de 7.000 morts à Gaza, selon le mouvement palestinien Hamas.

"D'abord nous devons mettre fin à cette agression unilatérale et ensuite nous devons appeler à un cessez-le-feu", a dit le diplomate, jugeant celui-ci "essentiel pour la distribution de l'aide humanitaire".

Après des jours de négociations entre les États membres de l'UE, le dernier projet de déclaration du sommet ne reprend pas la demande de l'ONU d'un "cessez-le-feu", mais évoque simplement des "pauses" humanitaires pour acheminer de l'aide dans la bande de Gaza.

Pour Riyad al-Maliki, qui anticipe une déclaration finale en ce sens des 27, cela "ne va pas aider à faire entrer" les ressources nécessaires à Gaza. Selon lui "la situation à Gaza est si dangereuse maintenant qu'une intervention du procureur de la CPI est immédiatement nécessaire". L'Autorité palestinienne "travaille avec le procureur de la CPI" et apporte "toutes les informations pour qu'elle puisse agir", a-t-il précisé.

Le bureau du procureur de la CPI Karim Khan avait indiqué plus tôt ce mois-ci qu'il "recueillait en permanence des informations" à l'appui de l'enquête sur la situation dans les Territoires Palestiniens.

Karim Khan siégeant à la Cour Internationale de la Haye en septembre 2022.

Karim Khan siégeant à la Cour Internationale de la Haye en septembre 2022.

© AP Photo/Peter Dejong, File

La CPI a ouvert une enquête officielle en 2021 sur les Territoires Palestiniens, notamment sur des crimes présumés commis par les forces israéliennes, le Hamas et les autres groupes armés palestiniens.

Le bureau du procureur indiquait alors avoir "mis en place une équipe dédiée pour faire progresser l'enquête en relation avec la situation dans l'Etat de Palestine".

Etablie en 2002, la CPI est la seule juridiction internationale indépendante qui mène des enquêtes sur les crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Israël, qui n'est pas membre de la CPI, a refusé de coopérer avec l'enquête ou de reconnaitre sa juridiction.

12H34
#BringThemBack

30 poussettes vides devant la tour Eiffel pour la libération des enfants otages du Hamas

Trente poussettes vides, une par bébé, enfant ou adolescent retenus en otages par le Hamas à Gaza depuis près de vingt jours, ont été installées jeudi à quelques mètres de la tour Eiffel à Paris, chacune portant la photo du visage d'un jeune retenu.

Dvant la Tour Eiffel, des poussettes avec les photos et les noms des enfants retenus en otage par le Hamas depuis le 7 octobre.

Dvant la Tour Eiffel, des poussettes avec les photos et les noms des enfants retenus en otage par le Hamas depuis le 7 octobre.

© AP Photo/Themba Hadebe

"Nous voulons mettre des noms, des visages, sur ces 30 enfants. Nous voulons que cela touche le coeur et la conscience de chacun", a déclaré à l'AFP Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), à l'initiative de cette action, qui vise à "la libération de ces enfants".
Une opération semblable s'est également déroulée à Nice et Marseille, a-t-il ajouté.

Chaque affichette, accrochée sur une poussette, porte la photo du visage en gros plan du jeune otage, surmontée de "kidnappé(e) le 7 octobre" sur fond rouge. Sous le visage, le nom et l'âge de la personnes et #BringThemBack (Ramenez-les).

"La France a différents moyens d'intervention, mais elle a notamment des relations privilégiées avec le Qatar, avec l'Égypte, avec la Turquie aussi, qui peuvent avoir un levier sur le Hamas", a souligné Yonathan Arfi, qui en appelle à l'activation "rapidement" et "avec force" du "levier diplomatique français".

Plusieurs actions ont eu lieu ces derniers jours à travers Paris, pour alerter l'opinion publique, selon des responsables de la communauté juive en France. L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) organise par exemple le collage sur les murs de la capitale de photos des otages, français ou autres, enfants et adultes.

Jeudi soir, devraient être projetées des photos d'otages sur les murs de mairies d'arrondissements.

12H57
Jérusalem

Le pape et Erdogan se sont entretenus de la guerre Hamas-Israël

Le pape François a eu un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan sur la guerre entre le Hamas et Israël, au cours duquel il a évoqué "la situation tragique en Terre Sainte", selon un communiqué du Vatican.

Le pape tenant deux poupées en chiffon données par un pèlerin, place Saint-Pierre à Rome, le 25 octobre 2023.

Le pape tenant deux poupées en chiffon données par un pèlerin, place Saint-Pierre à Rome, le 25 octobre 2023.

© Gregorio Borgia

Au cours de cette entretien à l'initiative du président turc, le pape "a rappelé la position du Saint Siège, souhaitant que l'on puisse parvenir à la solution de deux Etats et d'un statut spécial pour Jérusalem", précise le bref communiqué.

Selon un communiqué de la présidence turque, Recep Erdogan a pour sa part déclaré que "l'attaque israélienne contre Gaza (...) a atteint le niveau d'un massacre, et que le silence de la communauté internationale sur ce qui se passe est une honte pour l'humanité".

Erdogan a ajouté que la paix "ne sera possible qu'avec la création d'un État palestinien indépendant, souverain et géographiquement intégré, selon les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale", toujours selon ses services.
 

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avec agences