Live démarré le 4 août à 04h30

Niger : la junte rompt la coopération militaire avec Paris

Une délégation ouest-africaine dépêchée au Niger en est repartie, après avoir fait des propositions de "sortie de crise" auprès de membres de la junte, qui a annoncé la rupture de la coopération militaire avec la France.

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niger niamey manifestation soutien putsch fin juillet

Peu de temps après l'annonce du coup d'État militaire du 26 juillet, des supporters des putschistes se sont rassemblés à Niamey, capitale du Niger, pour faire part de leur adhésion au renversement du président déchu Mohamed Bazoum. 

AP/Sam Mednick
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20h14
Cédéao

Les militaires ouest-africains prêts à intervenir contre les putschistes

Les militaires du bloc ouest-africain (Cédéao) ont annoncé être prêts à intervenir contre les putschistes qui ont pris le pouvoir le 26 juillet à Niamey, alors que ceux-ci annonçaient la rupture de la coopération militaire avec la France.

"La Cédéao ne va pas dire aux putschistes quand et où nous allons frapper", a ajouté le commissaire chargé des Affaires politiques et de la Sécurité, Abdel-Fatau Musah, évoquant une "décision opérationnelle qui sera prise par les chefs d’État" du bloc.

Plusieurs armées ouest-africaines, dont celle du Sénégal, s'étaient dites auparavant prêtes à envoyer des soldats.

Des soldats français débarquent d'un avion cargo C130 de l'US Air Force sur la base de Niamey, au Niger, le 9 juin 2021.

Des soldats français débarquent d'un avion cargo C130 de l'US Air Force sur la base de Niamey, au Niger, le 9 juin 2021.

Jerome Delay (AP)
17h37
cédéao

Les chefs d'état-major de la Cédéao ont défini les contours d'une "éventuelle intervention militaire"

Les contours d'une "éventuelle intervention militaire" de la Cédéao contre les putschistes au Niger ont été "définis", a annoncé l'un des responsables de la Cédéao, à l'issue de la réunion des chefs d'état-major du bloc ouest-africain à Abuja.

"Tous les éléments d'une éventuelle intervention ont été élaborés lors de cette réunion, y compris les ressources nécessaires, mais aussi la manière et le moment où nous allons déployer la force", a déclaré le commissaire chargé des Affaires politiques et de la Sécurité, Abdel-Fatau Musah.

17h30
évacuation

74 évacués de 18 nationalités sont arrivés à Madrid

Quelque 74 personnes originaires de 18 pays différents ont atterri à Madrid dans le cadre d'une évacuation du Niger à bord d'un avion militaire espagnol, dix jours après le putsch militaire qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum.

L'Airbus A330 de l'armée de l'air "affrété par le gouvernement espagnol a atterri" sur la base aérienne de Torrejón, près de Madrid, avec 16 Espagnols et quatre de leurs proches originaires du Niger à son bord, a précisé le ministère espagnol des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'avion, arrivé dans la matinée à Niamey et reparti dans la foulée, a aussi transporté des "citoyens français, belges, néerlandais, roumains, italiens et de douze autres pays hors de l'Union européenne", a écrit sur Twitter, rebaptisé X, le ministre José Manuel Albares.

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Dans le détail, neuf évacués sont originaires de pays de l'Union européenne, six d'autres pays européens, sept des États-Unis et les 32 derniers de dix pays d'Afrique, d'Asie et d'Océanie.

14h07
Pays-Bas

Les Pays-Bas suspendent leur aide au développement au Niger

Après la France et l'Allemagne, les Pays-Bas ont annoncé à leur tour vendredi la suspension de leur aide au développement et de leur coopération directe avec le Niger après le coup d’État militaire contre le président élu Mohamed Bazoum.

"À la suite du coup d'État au Niger, le cabinet a suspendu pour le moment la coopération directe avec le gouvernement central" de ce pays africain, a déclaré le ministère néerlandais des Affaires étrangères. 

"Il s'agit du soutien aux programmes dans le domaine de la coopération au développement et de la sécurité qui passent par le gouvernement central", a-t-il précisé dans un communiqué soulignant ne pas vouloir "coopérer avec les putschistes". 

Ont notamment été suspendues une contribution de plus de six millions d'euros à un projet de santé et une aide de près de quatre millions d'euros destinée à un programme de renforcement du système pénitentiaire. 

Un soutien de cinq millions d'euros à la formation des gardes-frontières mobiles, dans le cadre d'une mission européenne, est également "suspendu pour le moment".

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13h26
ACCORDS MILITAIRES

Paris ignore la dénonciation des accords militaires annoncée par les putschistes

La France a temporisé , au lendemain de la dénonciation des accords de coopération militaire par les putschistes au pouvoir au Niger, soulignant que "seules les autorités nigériennes légitimes" étaient en mesure de les rompre.

"La France rappelle que le cadre juridique de sa coopération avec le Niger en matière de défense repose sur des accords qui ont été conclus avec les autorités nigériennes légitimes", a réagi le ministère français des Affaires étrangères. 

Ces autorités "sont les seules que la France, comme l'ensemble de la communauté internationale, reconnaît", a-t-il ajouté, tout en "prenant note" du communiqué de la junte.

Pour Paris, les accords restent donc en vigueur mais ils sont pour l'heure actuelle pas appliqués car il n'est pas question de coopérer avec les putschistes.

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13h10
Diplomatie

La diplomatie reste "la solution privilégiée" selon le ministre des Affaires étrangères du Bénin

La diplomatie reste la "solution privilégiée" pour rétablir l'ordre constitutionnel au Niger, a déclaré le ministre béninois des Affaires étrangères, qui a assuré du soutien du Bénin à la Cédéao en cas d'actions à venir.

"La position de la Cédéao à laquelle le Bénin s’allie est de libérer et de rétablir le président Bazoum dans ses fonctions", a déclaré Olushegun Adjadi Bakari lors d'une conférence de presse à Cotonou.

"Les actions diplomatiques en cours restent la solution privilégiée par tous pour l'instant. Mais si demain, (....) quelles qu'actions que prendrait la Cédéao, le Bénin s'inscrirait dans cette action en tant que membre de la Cédéao", a précisé le ministre.

CEDEAO

Le président nigérian, Bola Ahmed Tinubu, deuxième à partir de la gauche (en boubou bleu ciel), pose, pour une photo de groupe avec d'autres dirigeants d'Afrique de l'Ouest après une réunion à Abuja au Nigeria, le dimanche 30 juillet 2023.

© AP Photo/Chinedu Asadu
11h24
paris réagi

Paris répond à la junte de Niamey au sujet des accords militaires.

Selon Paris, seules "les autorités nigériennes légitimes" peuvent dénoncer les accords militaires avec la France. "La France rappelle que le cadre juridique de sa coopération avec le Niger en matière de défense repose sur des accords qui ont été conclus avec les autorités nigériennes légitimes", a indiqué vendredi le ministère français des Affaires étrangères.

Ces autorités "sont les seules que la France, comme l'ensemble de la communauté internationale, reconnaît", a-t-il ajouté, tout en "prenant note" du communiqué de la junte

10h48
"va à ton bureau"

L'ambassadrice du Niger en France reste à son poste.

L'ambassadrice du Niger en France, Aïchatou Boulama Kané, a affirmé vendredi à l'AFP "être toujours" l'ambassadrice en France "du président légitime Mohamed Bazoum".  La notification des putschistes "de mettre fin à (mes) fonctions je la considère comme nulle et non avenue ; elle a été prise par un pouvoir illégitime, je suis l'ambassadrice du Niger en France", a martelé la diplomate, en poste en France depuis décembre 2021. "J'ai signifié au premier conseiller que je rejette cette décision", a ajouté l'ambassadrice.

Aïchatou Boulama Kané précise avoir reçu cette notification "par lettre", dans laquelle les putschistes désignent un chargé d'affaires pour la remplacer, en l'occurrence le premier conseiller de l'ambassade du Niger en France. " "Le président Bazoum m'a appelée hier pour me dire "va à ton bureau, tu as ma confiance et on continue le travail", a-t-elle rapporté. "C'est lui seul (Mohamed Bazoum) que je reconnais, c'est lui qui m'a nommée auprès du président Macron, je reste et demeure son ambassadrice en France", a-t-elle ajouté.

10h33
kremlin dissuade

Le Kremlin juge qu'une intervention étrangère ne résoudra pas la crise au Niger.

Une intervention étrangère ne permettra pas de résoudre la crise au Niger, pays sahélien déstabilisé par un coup d’État, a estimé vendredi le Kremlin, au moment où le président déchu Mohamed Bazoum a appelé Washington et la communauté internationale à agir. "Il est peu probable que l'intervention de forces extra-régionales puisse améliorer la situation", a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, tout en appelant au "retour rapide à l'ordre constitutionnel" au Niger.

Dmitri Peskov
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov
© Mikhail Klimentyev, Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP
09h48
ultimatum

La junte militaire annonce la levée du couvre-feu instauré le 26 juillet.

Les militaires putschistes ont décidé de lever le couvre-feu instauré le 26 juillet, jour de leur coup d’État, ce vendredi. "Le couvre-feu instauré depuis le 26 juillet 2023 est officiellement levé à compter de ce jour", indique un décret daté de jeudi soir et signé par le général Abdourahamane Tiani. Il est président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) qui a pris le pouvoir.

Le couvre-feu avait dans un premier temps été instauré de 21H00 à 04H00 GMT, puis ensuite allégé de 23H00 à 04H00 GMT. La levée du couvre-feu intervient peu avant la fin de l'ultimatum fixé à dimanche par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour rétablir le président Bazoum dans ses fonctions, sous peine d'une intervention militaire pour y parvenir.

07h07

L'UE condamne "fermement" la suspension de RFI et France 24.

L'Union européenne juge  "inacceptable" la suspension de la diffusion des médias France 24 et RFI au Niger. Elle condamne "fermement" ces "violations aux libertés fondamentales". Les deux stations sont inaccessibles depuis hier dans le pays. 

"Cette mesure est une atteinte grave au droit à l'information et à la liberté d'expression", a indiqué une porte-parole de la Commission sur Twitter.

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06h57
bredouille

La délégation ouest-africaine quitte Niamey sans avoir rencontré le chef de la junte. 

La délégation de la Communauté économique des États d'Afrique de l'ouest (Cédéao) arrivée jeudi soir à Niamey pour trouver une sortie de crise au Niger, est repartie quelques heures plus tard. Durant ce laps de temps, elle n'a pas pu rencontrer le chef de la junte, a indiqué un de ses membres.

"Les envoyés de la Cédéao sont repartis" dans la nuit de jeudi à vendredi et n'ont vu ni le chef des militaires qui ont pris le pouvoir la semaine dernière, le général Abdourahamane Tiani, ni le président renversé Mohamed Bazoum, a expliqué vendredi un des membres de la délégation.

06h41
menaces sur le sahel

L'ambassadeur du Niger aux États-Unis craint pour la stabilité au Sahel.

La junte doit "revenir à la raison" au risque sinon d'un effondrement du Niger, entrainant toute la région du Sahel dans son sillage. C’est le message d'avertissement transmis jeudi Kiari Liman-Tinguiri. L'actuel ambassadeur du Niger à Washington dit aussi craindre que le groupe paramilitaire russe Wagner en tire avantage.

"Si le Niger s'effondre, c'est d'abord tout le Sahel qui s'effondre, qui sera déstabilisé", souligne-t-il.  "Il n'y aura plus aucun moyen de protéger les pays africains côtiers, les pays de la côte ouest, et vous aurez Wagner et les djihadistes qui contrôleront l'Afrique de la côte à la Méditerranée", ajoute-t-il dans un entretien à l'AFP.

"La junte doit revenir à la raison, réaliser que cette affaire ne peut pas prospérer, éviter des souffrances inutiles, évitables à notre peuple, et rendre le pouvoir à celui à qui le peuple souverain l'a confié", a aussi dit Kiari Liman-Tinguiri.

L'influence russe au Niger 
Le Niger est à ce jour l'un des derniers pays alliés des États-Unis et de la France dans la lutte antidjihadiste au Sahel. Mais Niamey se rapproche de la Russie.

Peu de temps après le coup d'État du 26 juillet, des jeunes favorables aux putschistes ont arboré dans les rues de la capitale Niamey des drapeaux russes.

Ces derniers jours, une organisation liée au groupe Wagner a diffusé un message présumé de chef de ces mercenaires, Evguéni Prigojine. Il affirme que le putsch au Niger, tenait de la "lutte contre les colonisateurs". 
05h05
mise en garde

Les putschistes menacent d’une “riposte immédiate” en cas d’intervention étrangère au Niger.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un communiqué lu à la télévision, les putschistes ont dénoncé "les accords de coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense avec la France", dont un contingent militaire est déployé au Niger. Ils ont promis une "riposte immédiate" à "toute agression" de la part d'un pays de la Cédéao, hors Mali et Burkina Faso, membres "amis" suspendus, eux aussi dirigés par des putschistes.

Ces annonces sont intervenues peu après l'arrivée d'une délégation du bloc ouest-africain à Niamey. Elle doittenter de trouver une sortie de crise, huit jours après le coup d’État au Niger qui a renversé le 26 juillet Mohamed Bazoum.

05h00
mohamed bazoum, l'otage

Le président nigérien déchu Mohamed Bazoum s’exprime et appelle à l'aide.

Mohamed Bazoum s'est exprimé jeudi soir dans une tribune publiée par le média américain The Washington Post. Le président nigérien, renversé le 26 juillet à la suite d’un coup d’État militaire, a mis en garde contre les conséquences "dévastatrices" du putsch pour le monde et le Sahel. La zone toute entière pourrait passer selon lui sous "influence" de la Russie via le groupe paramilitaire Wagner.

"J'appelle le gouvernement américain et l'ensemble de la communauté internationale à aider à restaurer l'ordre constitutionnel", écrit-il, "à titre d'otage", dans sa première déclaration publique depuis son renversement.

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Qui anime ce direct ?

avec agences
Les faits

Les relations sont tendues entre Niamey et le bloc ouest-africain, ainsi qu'avec la France, ancienne puissance coloniale.

La tension est encore montée d'un cran dans le pays, alors que la date butoir donnée par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour rétablir l'ordre constitutionnel approche.

Les programmes de Radio France Internationale (RFI) et de la chaîne de télévision d'information France 24 ont été interrompus dans le pays. Les deux médias sont déjà suspendus au Burkina Faso et au Mali voisins, où les militaires nigériens au pouvoir ont envoyé des délégations mercredi.