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Acquittement de Donald Trump : Républicains divisés et Démocrates déçus

Les représentants démocrates David Cicilline, Eric Swalwell, Jamie Raskin et Joe Neguse sortant du Sénat à l'issue de la cinquième journée du deuxième procès en destitution de  Donald Trump, samedi 13 février 2021, à Washington.
Les représentants démocrates David Cicilline, Eric Swalwell, Jamie Raskin et Joe Neguse sortant du Sénat à l'issue de la cinquième journée du deuxième procès en destitution de  Donald Trump, samedi 13 février 2021, à Washington.
©AP Photo/J. Scott Applewhite

Le Sénat a rendu son verdict. Poursuivi pour "incitation à l'insurrection",  Donald Trump a été acquitté. Cette décision, bien que prévisible, est une déception pour le camp démocrate qui continue à faire valoir la culpabilité de l’ancien président américain. Une décision qui divise au sein même du Parti Républicain, bouleversé par les quatre années au pouvoir de Donald Trump. 

Second procès en destitution, second acquittement, ainsi s’achèvent les années Donald Trump. Les Etats-Unis tournent ainsi la page des quatres années tourmentées du président républicain mais la décision du Sénat laisse un goût amer, chez les Démocrates comme les Républicains. 

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Une démocratie "fragile"

L’acquittement de Donald Trump à son procès en destitution sonne le glas de bien des espoirs. Le président américain Joe Biden, convaincu de la culpabilité de son prédécesseur n’a d'ailleurs pas pu cacher son amertume. 
 
"Même si le vote final n'a pas abouti à une condamnation, le fond de l'accusation n'est pas contesté", a déclaré le démocrate après l'acquittement voté par le Sénat. "Ce triste chapitre de notre histoire nous a rappelé que la démocratie est fragile. Qu'elle doit toujours être défendue. Que nous devons toujours rester vigilants", a déclaré Joe Biden dans un communiqué.
 
  • Voir aussi : États-Unis : les démocrates appellent à condamner Trump pour éviter toute récidive
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Un "grand mensonge" et des sénateurs "lâches"

Dans le camp démocrate, on partage l’avis de Joe Biden. Les Démocrates voulaient voir Donald Trump reconnu coupable, puis qu'il soit ensuite rendu inéligible.

"Il est désormais évident, sans l'ombre d'un doute, que Trump a soutenu les actes de la foule hargneuse et il doit donc être condamné. C'est aussi simple que cela", a lancé Jamie Raskin, pendant le réquisitoire long de près de deux heures. "L'histoire enregistrera son terrible crime constitutionnel" a-t-il ensuite écrit sur Twitter. 
 

 "Au moment où nous avions le plus besoin qu'un président nous protège et nous défende, le président Trump nous a à la place délibérément trahis. Il a violé son serment" de protéger le pays, a renchéri l'un des neuf démocrates de la Chambre des représentants qui portaient l'accusation, David Cicilline. 
  La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, après un communiqué pointant "l'un des jours les plus sombres et l'un des actes les plus déshonorants" de l'histoire du pays, s'est montrée furieuse devant la presse, en traitant de "lâches" les sénateurs républicains qui avaient acquitté l'ex-président. 
"Nous censurons ceux qui utilisent la paperasse dans un mauvais but. Nous ne censurons pas ceux qui incitent à une insurrection qui tue des gens dans le Capitole", a aussi lancé madame Pelosi.
 

Le parti Républicain fragilisé 

L'ancien président républicain a lui aussi immédiatement réagi en saluant la fin d'une "chasse aux sorcières". Donald Trump c'est ainsi tourné vers l'avenir et marquant sa volonté de continuer à jouer un rôle politique, il a promis de continuer à défendre "la grandeur de l'Amérique""Il n'y a rien que nous ne puissions accomplir ensemble", a-t-il dit dans un communiqué.
 
Le parti républicain sort pourtant fragilisé de cette séquence commencée en novembre. Mitch McConnell, chef influent des républicains du Sénat, a par exemple laissé éclater son amertume à l’annonce du verdict. Il avait pourtant voter pour acquitter Donald Trump. 
 
"Il n'y a aucun doute, aucun, que le président Trump est, dans les faits et moralement, responsable d'avoir provoqué les événements de cette journée" du 6 janvier, a-t-il asséné.
 

Soutien de Donald Trump pendant les quatre années de sa présidence, Mitch McConnell, 78 ans, ne s'est en effet pas joint à ses sept collègues qui ont voté pour la culpabilité. Pour lui, le Sénat n'était pas compétent dans une procédure de destitution, puisque le magnat de l'immobilier a quitté le pouvoir.
 
Mais Mitch McConnell prend soin de souligner qu'un président peut être poursuivi en justice après avoir quitté la Maison Blanche. Une façon de répondre aux procureurs démocrates, qui avaient argumenté qu'admettre qu'un président ne puisse pas être jugé au Sénat après son départ signifierait que les dirigeants américains auraient les mains libres pour commettre des délits au cours des dernières semaines de leur mandat. 

"Mitch McConnell sent bien que Donald Trump reste un énorme problème pour le parti républicain", a d'ailleurs martelé Jamie Raskin.  

Un message politique clair

Accusation "absurde" pour un camp, président qui a "trahi" les Américains en soutenant les émeutiers pour l'autre : les avocats du milliardaire républicain et les élus démocrates chargés de porter l'accusation ont bataillé pendant les cinq jours du procès rythmé par de vidéos chocs.
 
  • Voir : Procès en destitution de Donald Trump : les vidéos chocs de l’attaque du Capitole
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 La dernière journée aura elle aussi été menée tambour battant jusquà ce que Patrick Leahy, élu démocrate qui présidait les débats, ne déclare solennellement : "Donald Trump est par la présente acquitté".

Peur que Donald Trump ne se représente ? 

"Il est temps de boucler cette mascarade politique", a tonné l'un des avocats du 45e président des Etats-Unis, Michael van der Veen, lors de son court plaidoyer samedi 13 février. 
 
"Estimer, en se basant sur les indices que vous avez vus, que M. Trump voulait réellement, et de fait a délibérément suscité une insurrection armée pour renverser le gouvernement américain, serait absurde", a-t-il asséné. 
 
Selon lui, derrière cette accusation, il y a surtout la "peur" de voir Donald Trump réélu en 2024, a-t-il accusé.