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Afghanistan : Joe Biden reconnaît des "difficultés" et un "chaos" inévitable

Le président Joe Biden donne un discours à la Maison Blanche, le 18 août 2021.
Le président Joe Biden donne un discours à la Maison Blanche, le 18 août 2021.
(AP Photo/Susan Walsh)

Très critiqué depuis la prise de pouvoir fulgurante des talibans en Afghanistan, le président américain Joe Biden a affirmé qu'il aurait été impossible de retirer les troupes américaines sans une forme de "chaos" dans le pays, dans un extrait d'entretien diffusé mercredi 18 août, par la chaîne ABC.

Le président américain a admis rencontrer "davantage de difficultés" à évacuer les Afghans que les Américains, au moment où Washington accuse les talibans de ne pas tenir leur promesse de laisser un libre accès à l'aéroport de Kaboul à tous ceux qui voudraient fuir. 

Date-butoir du retrait des soldats repoussée

Le président des Etats-Unis n'a pas exclu de devoir maintenir des soldats américains à l'aéroport de Kaboul au-delà de la date-butoir du 31 août si tous les ressortissants américains encore présents dans le pays ne sont pas évacués d'ici là.

Questionné sur cette échéance du 31 août qu'il a fixée pour un retrait total d'Afghanistan, il a dit envisager de la repousser mais seulement pour extraire du pays des citoyens américains.

"Nous déterminerons le moment venu qui est encore là-bas", a déclaré le président américain dans un extrait d'entretien diffusé par la chaîne ABC. "S'il y a encore des citoyens américains, nous resterons pour les faire sortir", a-t-il ajouté, sans préciser les intentions américaines concernant les Afghans qui n'auraient pas réussi à gagner l'aéroport de Kaboul d'ici là.

(Re)voir Afghanistan : les talibans cherchent à donner une image rassurante

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Dans un extrait, le journaliste de la chaîne américaine George Stephanopoulos évoque les images de centaines de passagers entassés dans un avion américain C-17 et celles d'"Afghans qui tombent" d'un avion, en référence à une vidéo semblant montrer des corps diffusée lundi. Joe Biden a lancé: "c'était il y a quatre jours, cinq jours!" 

"Il faut que nous prenions le contrôle de tout ça. Nous devons avancer plus rapidement. Nous devons avancer d'une façon qui permette de prendre le contrôle de cet aéroport. Et nous l'avons fait", a ensuite répondu Joe Biden. 

Pas un échec, mais bien le chaos

Dans la même interview, il rejette le mot "échec" pour qualifier les opérations de retrait des troupes américaines. 

"Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un éch...", commence à répondre le président américain avant de s'interrompre. 

"Pour le dire autrement, lorsque vous avez le gouvernement afghan, un dirigeant de ce gouvernement, qui prend l'avion et décolle, et se rend dans un autre pays, quand vous voyez l'effondrement significatif des troupes afghanes que nous avions entraînées, 300.000 d'entre eux qui abandonnent tout simplement leur matériel et partent, cela a été, vous savez... C'est ce qui s'est passé. C'est tout simplement ce qui s'est passé", a-t-il souligné.

Ce facteur "chaos" était-il donc déjà pris en compte dans votre décision de retirer les troupes, demande le journaliste. "Oui", répond Joe Biden. 

L'idée "que d'une façon il y avait un moyen de sortir sans que le chaos s'ensuive, je ne vois pas comment cela est possible", a-t-il martelé.

L'opération d'évacuation des milliers de civils américains et afghans, qui se pressent aux abords de l'aéroport de Kaboul pour tenter de fuir le pays après le retour au pouvoir des talibans, dépend entièrement du bon vouloir des insurgés.

Or le département d'Etat les a accusés mercredi de ne pas respecter leurs promesses, en permettant aux étrangers de quitter le pays mais pas aux Afghans.

"Nous avons vu des informations rapportant que les talibans, contrairement à leurs déclarations publiques et à leurs engagements vis-à-vis de notre gouvernement, empêchent les Afghans qui souhaitent quitter le pays d'atteindre l'aéroport" de Kaboul, a déclaré Wendy Sherman, numéro deux de la diplomatie américaine.

Des diplomates américains en contact à Doha avec les talibans, ainsi que des responsables militaires américains, "font passer directement le message aux talibans que nous attendons d'eux qu'ils permettent à tous les citoyens américains, tous les ressortissants de pays tiers et tous les Afghans de partir s'ils le souhaitent, de façon sûre et sans être harcelés", a ajouté Mme Sherman.