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Afghanistan : les talibans contrôlent désormais 9 capitales provinciales

Des combattants talibans montent la garde à un poste de contrôle à l'intérieur de la ville de Farah, capitale de la province de Farah, dans le sud-ouest de l'Afghanistan, le mercredi 11 août 2021. Des responsables afghans affirment que trois autres capitales provinciales sont tombées aux mains des talibans, neuf sur 34 villes du pays sont dans les mains des insurgés.<br />
AP/Mohammad Asif Khan
Des combattants talibans montent la garde à un poste de contrôle à l'intérieur de la ville de Farah, capitale de la province de Farah, dans le sud-ouest de l'Afghanistan, le mercredi 11 août 2021. Des responsables afghans affirment que trois autres capitales provinciales sont tombées aux mains des talibans, neuf sur 34 villes du pays sont dans les mains des insurgés.
AP/Mohammad Asif Khan

Les talibans se sont emparés mardi de deux nouvelles capitales provinciales en Afghanistan, les villes de Farah et de Pul-e Khumri. Le président des États-Unis
Joe Biden a assumé sa décision de retirer les troupes américaines et a appelé les forces gouvernementales à "se battre".

Avec Farah, dans l'ouest, et Pul-e Khumri, dans le nord, les insurgés contrôlent désormais neuf des 34 capitales provinciales afghanes, dont six des neuf du nord du pays. Et les civils fuient en masse devant leur avancée apparemment inéluctable.

"Les talibans sont maintenant dans la ville, ils ont hissé leur drapeau sur la place centrale et au bureau du gouverneur", a dit à l'AFP Mamoor Ahmadzai, député de la province de Baghlan, dont Pul-e Khumri est la capitale, à 200 km de Kaboul.

Les talibans contrôlent désormais la majorité du territoire afghan.
Les talibans contrôlent désormais la majorité du territoire afghan.
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Après deux heures de combats, les forces de sécurité se sont retirées mardi soir vers une base hors de la ville, a-t-il précisé. "Les talibans ont mis feu à certaines parties de la ville dont deux restaurants", a rapporté un officier.

Les insurgés ont aussi pris mardi Farah, capitale de la province du même nom, après de brefs combats.

 

"Volonté de se battre" 


  "Ils ont pris le bureau du gouverneur et le quartier général de la police. Les forces de sécurité se sont retirées vers une base de l'armée", a annoncé à l'AFP la conseillère provinciale Shahla Abubar. Zabihullah Mujahid, un porte-parole des insurgés, a confirmé la prise des deux villes sur Twitter.

Les talibans ont lancé cette offensive en mai, au début du retrait final des forces américaines et étrangères, mais leur avancée s'est accélérée ces derniers jours avec la prise de plusieurs centres urbains.

La progression des talibans sur le territoire afghan depuis avril 2021. À partir du mois de mai, avec l'annonce du retrait des troupes américaines, le groupe armé a concquis une large portion du pays. <br />
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La progression des talibans sur le territoire afghan depuis avril 2021. À partir du mois de mai, avec l'annonce du retrait des troupes américaines, le groupe armé a concquis une large portion du pays. 
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Le départ des forces internationales doit être achevé d'ici le 31 août, vingt ans après leur intervention dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

"Je ne regrette pas ma décision" de quitter l'Afghanistan, a assuré mardi le président américain Joe Biden. Les Afghans "doivent avoir la volonté de se battre" et "doivent se battre pour eux-mêmes, pour leur nation", a-t-il martelé.

Washington cache de moins en moins son agacement face à la faiblesse de l'armée de Kaboul, que les Américains forment, financent et équipent depuis des années.

Le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price, a ainsi souligné que les forces gouvernementales étaient "très supérieures en nombre" aux talibans, et qu'elles avaient "le potentiel d'infliger des pertes plus importantes". "Cette idée que l'avancée des talibans ne peut pas être arrêtée", "ce n'est pas la réalité du terrain", a-t-il estimé.


Regarder : Quelle est la stratégie des talibans en Afghanistan ?

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Le président afghan tente de remobiliser les troupes

  Le président afghan, Ashraf Ghani, est arrivé mercredi à Mazar-i-Sharif, la grande ville du nord de l'Afghanistan assiégée par les talibans, pour tenter de coordonner la riposte face aux insurgés qui contrôlent désormais plus d'un quart des capitales provinciales du pays.
 

Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour le chef de l’État: il a peu après appris que des "centaines" de membres des forces de sécurité, qui s'étaient retirés près de l'aéroport de Kunduz (nord-est) après la chute ce weekend de la ville, se sont rendus aux talibans.

"Ce matin, des centaines de soldats, policiers et membres des forces de résistance (miliciens) qui étaient postés à l'aéroport se sont rendus aux talibans avec tout leur équipement", a déclaré Amruddin Wali, conseiller de la province de Kunduz.

"La plupart des soldats qui étaient postés dans l'aéroport se rendent. Parce que les talibans nous encerclaient, ils nous tiraient des obus dessus. Il n'y avait aucun moyen de répliquer", a confirmé à l'AFP un soldat présent sur place, qui a requis l'anonymat.

Une nouvelle capitale de province, Faizabad (nord-est), était auparavant tombée aux mains des talibans.

Réunions à Doha 

  Depuis vendredi, les insurgés ont enchaîné les conquêtes: Zaranj (sud-ouest), Sheberghan (nord), fief du célèbre chef de guerre Abdul Rashid Dostom, Kunduz, la grande ville du nord-est, ainsi que trois autres capitales septentrionales, Taloqan, Sar-e-Pul et Aibak.

Ils ont aussi continué à resserrer leur étau autour de Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord. Si celle-ci venait à tomber, le gouvernement n'aurait plus aucun contrôle sur l'ensemble de cette région pourtant traditionnellement opposée aux talibans.

Lire : Afghanistan : comment expliquer la progression des talibans ?

C'est là qu'ils avaient rencontré l'opposition la plus acharnée lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990. Mardi, ils ont attaqué des quartiers à la périphérie immédiate de Mazar-i-Sharif, que l'Inde a invité ses ressortissants à quitter, mais ils ont été repoussés, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Alors que les combats font rage dans le nord, mais aussi dans le sud autour de Kandahar et dans Lashkar Gah, deux fiefs historiques des insurgés, Doha a accueilli mardi la première d'une série de réunions internationales avec des représentants du Qatar, des États-Unis, de Chine, du Royaume-Uni, de l'Ouzbékistan, du Pakistan, des Nations unies et de l'Union européenne.

Le processus de paix entre le gouvernement afghan et les talibans s'est ouvert en septembre dernier au Qatar, dans le cadre de l'accord conclu en février 2020 entre les insurgés et Washington prévoyant le départ total des troupes étrangères d'Afghanistan.

Mais les discussions sont au point mort.

Même si les espoirs sont minces de voir les pourparlers déboucher sur un résultat concret, l'émissaire américain, Zalmay Khalilzad, devait exhorter les talibans "à cesser leur offensive militaire et à négocier un accord politique".

"Ils frappent et pillent" 

  Les violences ont poussé des dizaines de milliers de civils à fuir leur foyer dans tout le pays, les talibans étant accusés de nombreuses atrocités dans les endroits passés sous leur coupe. "Ils frappent et pillent", a déclaré Rahima, une femme qui campe avec des centaines de personnes dans un parc de Kaboul après avoir fui la province de Sheberghan.


Regarder : les déplacés des talibans témoignent 

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"S'il y a une jeune fille ou une veuve dans une famille, ils les prennent de force. Nous avons fui pour protéger notre honneur", a-t-elle ajouté.

Quelque 359.000 personnes ont été déplacées en Afghanistan à cause des combats depuis le début de l'année, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Au moins 183 civils ont été tués et 1.181 blessés, dont des enfants, en un mois dans les villes de Lashkar Gah, Kandahar, Hérat (ouest) et Kunduz, a indiqué mardi l'ONU, en précisant bien qu'il ne s'agissait là que des victimes qui avaient pu être documentées.