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Algérie : le groupe français Total revient en force en Algérie en signant un contrat de partage de production pétrolière

Images de l'exploitation de gaz à  Krechba dans le Sahara algérien en 2008.<br />
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Images de l'exploitation de gaz à  Krechba dans le Sahara algérien en 2008.


 
AP /Alfred de Montesquiou
Images de l'exploitation de gaz à  Krechba dans le Sahara algérien en 2008.<br />
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Siège de la Sonatrach, le groupe pétrolier algérien est le premier sur le continent africain et le 11ème dans le monde.

L’algérien Sonatrach, l’italien Eni, l’américain Occidental Petroleum et le français Total viennent de signer ce 19 juillet un contrat de "partage de production" pétrolière et gazière d'un montant de quatre milliards de dollars concernant un site du sud-est algérien. Le groupe énergétique français remet donc pied en Algérie après avoir été rejeté en mai 2020 lors d'un rachat d'actifs algériens au profit de l'Américain Occidental.

Ce contrat d'une durée de 25 ans porte sur l'exploitation des gisements gaziers et pétroliers du bassin de Berkine. En annonçant lors d'un sommet avec le Premier ministre italien, Mario Draghi, "cet important accord d'un montant de quatre milliards de dollars", le président algérien, Abdelmadjid Tebboune avait souligné, qu'il "permettra de fournir l'Italie en quantités importantes de gaz".

1 milliard de barils équivalents pétrole

L'accord vise à récupérer "plus d'un milliard de barils équivalents pétrole d'hydrocarbures, ce qui augmentera le taux moyen de récupération ultime à 55%", a indiqué la société d’exploitation algérienne Sonatrach dans un communiqué.

L'objectif est de "développer des ressources supplémentaires d'hydrocarbures liquides tout en réduisant l'intensité carbone des champs grâce à un programme ciblé de baisse des émissions", note Total, dans un communiqué séparé.

Partage de la production avec des groupes étrangers

L'accord a été signé selon les termes d'une nouvelle loi sur les hydrocarbures en Algérie, promulguée en novembre 2019, introduisant la possibilité d'un partage de production avec des groupes étrangers.

Cette législation controversée avait suscité une virulente opposition dans le pays. Ses détracteurs avaient manifesté dans la rue estimant qu'elle brade la richesse nationale aux multinationales.


Occidental Petroleum est partie prenante de ce contrat après avoir absorbé la compagnie pétrolière américaine Anadarko. Le groupe Total avait signé un accord avec Occidental pour le rachat des actifs d'Anadarko en Algérie, au Ghana, au Mozambique et en Afrique du Sud.


(RE)lire : Mozambique : Total suspend son projet gazier face à la menace djihadiste

Mais, les autorités algériennes se sont opposées au rachat par Total des actifs dans le pays faisant valoir leur droit de préemption.

Lors du sommet algéro-italien, l'Algérie a aussi annoncé une augmentation de ses livraisons de gaz à l'Italie, dont elle est devenue le premier fournisseur devant la Russie, après l'invasion de l'Ukraine.

Dans les prochains jours, quelque quatre milliards de m3 supplémentaires seront exportés vers l'Italie, selon une source gouvernementale algérienne.

Depuis début 2022, l'Algérie a fourni à l'Italie 13,9 milliards de m3, dépassant de 113% les volumes prévus initialement.