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Allemagne: Hansi Flick peut-il rester sur le banc du Bayern?

Hans-Dieter "Hansi" Flick juste avant le match opposant son Bayern Munich au Borussia Dortmund, le 9 novembre 2019 en Bavière
Hans-Dieter "Hansi" Flick juste avant le match opposant son Bayern Munich au Borussia Dortmund, le 9 novembre 2019 en Bavière
afp.com - Christof STACHE
Le coach intérimaire du Bayern Munich Hans-Dieter Flickrepalkce ses joueurs face au Borussia Dortmund à l'Allianz Arena, le 9 novembre 2019
Le coach intérimaire du Bayern Munich Hans-Dieter Flickrepalkce ses joueurs face au Borussia Dortmund à l'Allianz Arena, le 9 novembre 2019
afp.com - Christof STACHE
L'intérimaire Hansi Flick dirige une séance d'entraînement du Bayern, ici avec Thiago Alcantara à Munich, 5 novembre 2019
L'intérimaire Hansi Flick dirige une séance d'entraînement du Bayern, ici avec Thiago Alcantara à Munich, 5 novembre 2019
afp.com - Christof STACHE

Deux matches importants, deux victoires, dont un démontage en règle de Dortmund samedi: Hansi Flick, l'éternel numéro deux propulsé sur le banc du Bayern Munich la semaine dernière, pourrait bien prolonger son bail s'il continue sur sa lancée.

Lorsque Niko Kovac a été limogé brutalement dimanche dernier, après l'humiliation 5-1 à Francfort, le club a annoncé que l'équipe serait entraînée provisoirement par son adjoint de 54 ans Hans-Dieter Flick -- que tout le monde n'appelle que "Hansi" -- dans l'attente de l'arrivée d'un nouvel entraîneur.

Pour une équipe en plein naufrage, la semaine s'annonçait rude: un match de Ligue des champions mercredi contre l'Olympiakos, et un "Klassiker" à domicile samedi contre Dortmund.

Flick, connu pour avoir été l'adjoint de Joachim Löw lors du titre mondial de l'Allemagne en 2014 au Brésil, avait surtout pour mission d'"éviter l'effondrement", estimait alors la presse allemande.

Il a fait beaucoup mieux: avec une victoire solide à défaut d'être brillante 2-0 contre l'Olympiakos -- synonyme de qualification pour les 8e de finale --, et surtout le 4-0 contre Dortmund, où le Bayern a littéralement laminé son rival, dans le jeu et dans l'attitude.

- "Enorme compliment à Hansi" -

"C'était la meilleure performance de la saison", s'est enthousiasmé l'homme fort du club Karl-Heinz Rummenigge, "nous devons faire un énorme compliment à Hansi (...) et nous allons continuer à travailler avec lui jusqu'à nouvel ordre".

Nouvel ordre? Alors que la recherche d'un entraîneur semblait dimanche au point mort, le président Uli Hoeness (qui passera la main vendredi soir), a estimé que "Flick (faisait) partie des pistes de réflexion", en soulignant que le Bayern devait regarder "le long terme".

Autrement dit, chercher peut-être un coach pour la saison prochaine, et trouver une solution provisoire pour l'exercice en cours.

Après les deux matches qu'il vient de diriger, a poursuivi Hoeness, "nous ne pouvons pas dire: on renvoie Hansi Flick chez lui (...) Il n'est pas une mauvaise solution".

D'autant que cet ancien joueur du club (1985-90) a quelques atouts.

Des qualités humaines, d'abord, qui lui valent le soutien du vestiaire, qui avait lâché Kovac. "Il a les compétences sportives et la qualité émotionnelle pour gérer les joueurs du Bayern", a jugé samedi son ancien chef Joachim Löw, sélectionneur de la Mannschaft depuis plus de treize ans.

- "Une bonne bouteille en famille" -

L'indécision à la tête du Bayern sur l'avenir à court terme peut également jouer en sa faveur. Samedi soir, Hoeness n'a pas cherché à dissimuler les désaccords entre dirigeants: "Ce serait intelligent, dans les deux prochaines semaines (...) de se mettre d'accord en toute tranquillité dans le club sur ce que l'on veut. Le club n'a encore absolument aucune opinion fixée", a-t-il lâché.

Flick, qui n'ignore pas le caractère précaire de sa position (dans la même situation, Willy Sagnol n'avait tenu qu'un seul match sur le banc du Bayern en 2017, après le limogeage de Carlo Ancelotti), se retranche derrière l'intérêt du club et de l'équipe: "Il ne s'agit pas de ma personne, mais de la difficile situation dans le club", a-t-il dit samedi après le triomphe contre Dortmund.

"Pour le moment, ça ne m'intéresse pas de savoir quels sont les projets des chefs pour le poste d'entraîneur. Je me concentre sur mon travail d'aujourd'hui. Ce soir je vais juste en profiter en ouvrant une bonne bouteille de vin rouge avec la famille, et ça suffit à mon bonheur".

A celui du Bayern aussi. Jusqu'à maintenant.