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Arabie saoudite : le géant pétrolier Aramco confirme son entrée en bourse

©AP/Hassan Ammar
©AP/Hassan Ammar

Le géant pétrolier saoudien Aramco a confirmé ce dimanche sa prochaine entrée en bourse. Une démonstration de force pour l’Arabie saoudite et Mohammed ben Salmane le prince héritier : il veut diversifier l’économie de son pays afin de le sortir de la dépendance à l’"or noir".

C’était une des thématiques les plus attendues à l’heure de lancer le sommet du "Davos du désert", ce mardi 29 octobre à Riyad, en Arabie saoudite. Aramco allait-il confirmer son entrée en bourse, notamment à l’étranger ?

Une question à laquelle les Saoudiens ont vite répondu en annonçant, ce dimanche, l’entrée en bourse du géant pétrolier… mais uniquement à Riyad. Une opération qualifiée d’"étape significative" de l'histoire d’Aramco.
L'entreprise a précisé sur son site internet que le montant de l'offre serait déterminé à une date ultérieure. Elle devrait céder en tout 5% de son capital, dont 2% lors de son baptême boursier sur le Tadawul (bourse locale), avaient déclaré en début de mois des sources proches du dossier à l'AFP. La prochaine étape pourrait être une introduction en bourse d'Aramco à l’étranger, mais elle devra attendre.

Cette introduction en bourse s’inscrit dans un plan global nommé "Vision 2030" et conduit par Mohammed ben Salmane. Il vise à diversifier l’économie de l’Arabie saoudite, ultradépendante du pétrole. Le pétrole qui a "étouffé toute diversification de l'économie", selon Slimane Zeghidour, journaliste à TV5MONDE :
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Le prince héritier ouvre d’ailleurs de plus en plus le pays au tourisme, notamment, et se sert du volet culturel afin d’augmenter l’attractivité de son pays dont la population est très jeune (environ 67% de la population a moins de 30 ans). Un pays qui aspire de façon croissante à plus de libérté, mais aussi à sortir de la vision littéraliste de l'islam — souvent qualifiée de "rétrograde" — qu’est le wahhabisme.

 

Une ouverture vers le monde, mais...

Néanmoins et malgré une ouverture progressive de l’Arabie saoudite, les ONG dénoncent une forme d’"hypocrisie" du pouvoir saoudien qui continue sa guerre au Yémen, malgré une réelle mise en retrait ces derniers temps. Mohammed ben Salmane est également fortement soupçonné d’avoir commandité le meurtre de Jamal Khashoggi et le pouvoir continue d’emprisonner journalistes, opposants et militants pour les droits de l’Homme.

> A visionner sur notre site : "Assassinat du journaliste Jamal Khashoggi : des ONG demandent justice"  

Des habitudes qui paraissent contradictoires et isolent une Arabie saoudite qui se tourne de plus en plus vers de nouveaux partenaires tels que le Brésil, la Chine, l'Inde ou encore la Russie, bien moins tatillons lorsqu'il s'agit d'évoquer les droits de l'Homme et ce, même si les Saoudiens restent des partenaires privilégiés des États-Unis ou encore de la France, deux pays qui occupent le podium des plus gros exportateurs d'armes à travers le monde.