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Argentine: Kirchner estime que son procès a créé un "climat" propice à l'attentat contre elle

Cristina Kirchner lors d'une manifestation, à Buenos Aires le 27 août 2022,
Cristina Kirchner lors d'une manifestation, à Buenos Aires le 27 août 2022,
afp.com - Luis ROBAYO
afp.com - Magali CERVANTES

La vice-présidente argentine Cristina Kirchner a dénoncé vendredi le "climat" hostile envers elle alimenté par son procès en cours pour fraude et corruption, estimant qu'il a pesé dans la récente tentative d'attentat dont elle a été victime.

Dans une déposition à distance, faite depuis son bureau de présidente du Sénat, Mme Kirchner a estimé à l'audience que jusqu'à l'attentat, elle pensait que ce procès était fait pour la "stigmatiser", elle et son mouvement politique péroniste, et la "bannir" de la vie politique.

Mais après la tentative d'attentat du 1er septembre, elle dit avoir "réalisé qu'il pouvait y avoir autre chose". "Depuis la sphère judiciaire se transmet comme un feu vert social pour que chacun puisse penser et faire n'importe quoi", a-t-elle estimé. "Ça s'appelle créer un climat (...) je me sens en état de vulnérabilité, inquiète".

Sur la tentative d'attentat proprement dite, Mme Kirchner laisse planer le soupçon d'un complot plus large que la seule "petite bande d'auteurs matériels", en référence aux quatre jeunes placés en détention provisoire à ce stade.

"Personne ne peut penser que cette bande a pensé et planifié ce qu'ils ont fait", a estimé l'ex-cheffe de l'Etat (2007-2015) et leader de la gauche péroniste argentine, sans toutefois accuser explicitement un groupe ou une personnalité politique.

Quatre personnes, dont l'agresseur qui a pointé son pistolet à moins d'un mètre de Mme Kirchner, sont détenues. Seul l'assaillant de 35 ans et sa compagne de 23 ans ont à ce stade été officiellement inculpés pour tentative d'homicide aggravé.

L'enquête, notamment les analyses téléphoniques, a pour l'instant dépeint des suspects plutôt précaires, un peu perdus, au degré de politisation incertain, mais qui pour deux d'entre eux détestaient ouvertement Mme Kirchner.

Les réactions politiques à la tentative d'attentat ont reflété la forte polarisation actuelle en Argentine.

Alors que le camp gouvernemental (centre-gauche) s'interroge sur l'existence de "financiers" ou d'"intellectuels" ayant soutenu ou inspiré les quatre jeunes accusés, l'opposition, à l'image de l'ex-président Mauricio Macri (droite), y a vu "l'oeuvre d'un petit groupe de dingues et sans orchestration politique".

Sur le fond du procès, Mme Kirchner, jugée avec 12 co-accusés, a une nouvelle fois clamé son innocence dans ce dossier portant sur l'attribution de marchés publics dans la province de Santa Cruz (sud), son fief politique.

Douze ans de prison et une inéligibilité à vie ont été requis contre elle par l'accusation, dont elle a encore dénoncé vendredi le "manquement à son devoir", dans ce procès selon elle "plein de mensonges, de calomnies et de diffamation".

Le jugement n'est attendu que vers la fin de l'année.

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