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Argentine : qui est Fernando Andre Sabag Montiel, l'agresseur présumé de Cristina Kirchner ?

<p>Fernando Andre Sabag Montiel, l'agresseur présumé de Cristina Kirchner.</p>

Fernando Andre Sabag Montiel, l'agresseur présumé de Cristina Kirchner.

Capture / Televisión Pública Noticias

L'homme qui a tenté d'assassiner la vice-présidente est un Brésilien de 35 ans, fils d'une Argentine et d'un Chilien. Très actif sur les réseaux sociaux, Fernando Andre Sabag Montiel est connu des services judiciaires argentins et arbore un tatouage nazi au coude gauche. Il risque vingt-trois ans de prison. 

La vice-présidente et ancienne cheffe de l'État argentin Cristina Kirchner a été victime ce jeudi 1er septembre d'une tentative d'assassinat qui a choqué le pays et suscité une condamnation internationale unanime. Le suspect, interpellé dans la foulée de son geste, est un Brésilien de 35 ans, fils d'une Argentine et d'un Chilien. Fernando André Sabag Montiel vivait à Buenos Aires, la capitale argentine, depuis l'enfance.

Des antécédents judiciaires et familiaux importants

L'homme n'est pas un inconnu des services de police argentins. Selon le quotidien espagnol El País, Fernando Sabag Montiel a été arrêté en mars 2021 pour avoir conduit une voiture sans immatriculation et porté une arme, un couteau de 35 centimètres.

Son histoire familiale est également chaotique. Son grand-père paternel, ​José Ernesto, a assassiné sa seconde épouse et s'est suicidé en 1998 à São Paulo (Brésil).

D'après le journal argentin La Nación, son père, Fernando Ernesto, né à Valparaíso (Chili), a plusieurs fois eu affaire à la justice brésilienne pour des affaires de détournement de fonds, de falsification de documents et de vol. En février 2020, il est finalement expulsé par la police fédérale et retourne vivre dans sa ville de naissance.

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"Mythomane" selon les uns, "homme bien" selon les autres

Une personne qui s'est présentée comme Mario, ami depuis l'adolescence de Fernando Sabag Montiel, l'a décrit comme "un mythomane", un "marginal qui n'avait rien à perdre, particulièrement depuis la mort de sa mère", en 2017. "Il a subi du harcèlement" étant jeune, "cherchait à appartenir" à un groupe, mais sa conduite "a souvent été influencée par l'alcool", a ajouté ce témoin, qui n'a toutefois pas vu Sabag Montiel depuis dix mois.

Un discours contredit par la compagne du suspect, qui a donné une interview à la télévision argentine Telefe. Selon elle, c'est un "homme bien" et un "travailleur". "L'image que j'ai de lui est celle d'une personne cool, qui fait des blagues, aimante... Je ne pensais pas qu'il était capable de faire quelque chose comme ça", a-t-elle précisé.

Son amie a également affirmé que Fernando Sabag Montiel n'avait exprimé aucune amertume particulière envers Cristina Kirchner. "La vérité, c'est que je ne me souviens pas qu'il ait mentionné la vice-présidente. Il s'est plaint de l'économie, comme tout le monde", a-t-elle déclaré, ajoutant qu'il ne l'avait pas fait "de manière agressive".

Dans l'appartement où vivait l'agresseur présumé, dans le quartier de San Martin, la police a saisi deux boîtes de munitions de cinquante balles. L'arme saisie sur lui est un pistolet semi-automatique 7.65 Bersa, qui était chargé de cinq balles prêtes à être tirées. ​Accusé de "tentative d'homicide", Sabag Montiel risque vingt-trois ans de prison.

Voir aussi : Argentine : forte mobilisation après la tentative d'assassinat contre Cristina Kirchner

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Très actif sur Internet et les réseaux sociaux

Sur Instagram, l'agresseur présumé de Cristina Kirchner apparaît dans de multiples selfies sous des apparences différentes : cheveux longs, courts, avec ou sans barbe, avec ou sans bagues, arborant divers tatouages. "Sur son coude gauche, il porte même un soleil noir, 'schwarze sonne' en allemand, un signe ésotérique utilisé par les nazis comme le symbole de la force de la race aryenne", précise El País. Ses différents comptes ont par ailleurs été fermés quelques heures après l'attentat.

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Quelques semaines auparavant, Sabag Montiel est apparu à la télévision argentine lors d'un micro-trottoir. Accompagné d'une femme sortant d'un cinéma, il donne alors son avis sur la nomination de Sergio Massa au poste de ministre de l'Économie. Dans la vidéo, il ajoute : "Ni Milei, ni Cristina non plus", en référence à Javier Milei, député d'extrême droite, et à la vice-présidente qu'il a tenté d'assassiner jeudi 1er septembre.

Plusieurs médias argentins, qui citent des sources proches de l'enquête, affirment également que le suspect a tenu des propos racistes sur les manifestants qui l'ont arrêté et blessé à l'œil devant le domicile de Kirchner lors de son passage à l'acte.