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Arménie : la crise politique reprend ses droits à quelques jours du sommet de la Francophonie

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©J-L Eyguesier, R. Monjanel / TV5MONDE

L'épreuve de force se durcit en Arménie entre le nouveau Premier ministre réformateur Nikol Pachinian et l'ancien président Serge Sarkissian. Le premier souhaite la tenue rapide d'élections anticipées qui pourraient lui être favorables. Le second, avec l'appui d'un parlement encore dominé par son parti veut l'en empêcher. La rue soutient le Premier ministre, à une semaine du 17ème Sommet de la Francophonie organisé à Erevan. 

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C'est un peu le monde à l'envers. Plusieurs milliers d'Arméniens rassemblés ce 2 octobre près du parlement à Erevan à l'appel du Premier ministre. A l'intérieur, les députés se prononçent sur une loi qui rendrait plus difficile la convocation d'élections anticipées.

Nikol Pachinian, chef du gouvernement réformateur parvenu au pouvoir en mai dernier sous la pression de la rue est à couteaux tirés avec les députés alliés à l'ex-président Serge Sarkissian. Il souhaite la tenue d'élections anticipées avant la fin de l'année.

Pour Nikol Panichian, l'un des moyens pour y parvenir serait de démissionner, ce qui obligerait le parlement à voter pour choisir un nouveau Premier ministre. Aux termes de la loi arménienne, deux échecs entraînent automatiquement des élections législatives anticipées.

Nikol Pachinian a tenté de mener des négociations avec les forces présentes au parlement afin de mettre en oeuvre ce scénario sans que des manifestations aient lieu. Mais mardi 2 octobre, le parlement dominé par le Parti républicain au pouvoir de l'ex-président Sarkissian, a approuvé un amendement au cours d'une séance extraordinaire pour éviter l'éventualité où une foule empêcherait les députés de voter.

Nikol Pachinian a estimé que ce vote était l'oeuvre de forces "contre-révolutionnaires" et appelé à manifester près du bâtiment du parlement au moment où les députés y siégeaient encore.

Des milliers de manifestants ont afflué dans l'heure qui a suivi son appel, bloquant les portes de sortie du parlement et les rues avoisinantes avec des voitures.

"En approuvant cette loi, le Parti républicain et les forces qui le soutiennent ont officiellement proclamé l'existence d'une contre-révolution", a déclaré le Premier ministre à la foule.

Quelques manifestants en colère ont fait irruption dans la cour du parlement. Nikol Pachinian leur a demandé de ne pas y pénétrer et est lui-même entré à l'intérieur pour négocier avec les députés.

Pour un nouveau Parlement

Il a affirmé qu'il démissionnerait d'ici quelques jours afin que "personne ne pense que je m'accroche à ce poste". Auparavant, mardi 2 octobre, il avait annoncé que des élections anticipées se tiendraient en décembre.

En avril dernier, cet ancien député d'opposition a mobilisé des dizaines de milliers de personnes pendant une vingtaine de jours contre l'ex-président Sarkissian et le Parti républicain, accusés de n'avoir rien fait pour éradiquer la corruption.

Le 23 avril, Serge Sarkissian a démissionné et le 8 mai, Nikol Pachinian a été élu à la tête du gouvernement par le Parlement.

Nikol Pachinian souhaite voir élu un nouveau parlement au moment où sa cote de popularité est encore au plus haut afin de pouvoir mener à bien ses réformes.
Les prochaines élections législatives étaient normalement prévues en 2022.