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Arménie : Nikol Pachinian se lance dans une lutte contre la corruption

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©TV5MONDE

Le nouveau Premier ministre arménien Nikol Pachinian a tenu sa promesse. La chasse à la corruption est bel et bien ouverte dans son pays. Le mois dernier, un général à la retraite a été arreté pour avoir détourné des biens de l'Etat.

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Le général Manvel Grigoryan, hier héros national intouchable, aujourd'hui symbole de la corruption qui gangrène l'Arménie. Menée telle une opération militaire, la perquisition mi-juin de sa propriété d'été relève d'un inventaire à la Prévert : 200 mille dollars en liquide, plusieurs dizaines de titres de propriété, un arsenal suffisant pour former une armée privée, des voitures de luxe et de collection, et des véhicules volés à l'armée.

Mais ce qui a vraiment choqué, c'est la découverte de plusieurs tonnes de vivres collectées par les écoliers pour les soldats partis au front en 2016 pendant la guerre contre l'Azerbaidjan. Les rations servaient à nourrir les tigres et les ours du zoo privé du général.

A 61 ans, l'ancien héros de guerre également député est désormais sous les verrous en attendant son procès. De quoi soulager les habitants d'Echmiadzin où se trouve sa villa.



Tout le monde savait, mais on ne pouvait pas dire un mot, parce que si on le faisait, votre famille ne se réveillait pas le lendemain matin. Et ce que les gens disent maintenant n'est que la partie visible de l'iceberg. 

Rima Sarksian, résidente d'Echmiadzin.

Car la croisade anti-corruption ne s'arrête pas là. C'était une promesse de l'opposant Nikol Pachinian, le journaliste et député, devenu Premier ministre en mai après une révolution populaire pacifique, qui a fait tomber l'ancien président accusé lui aussi de corruption.

Depuis, chaque jour apporte son lot de scandales dans les écoles, les hôpitaux, les universités, l'armée, les ministères, avec pour conséquence une cascade de démissions en haut lieu.

"Je pense qu'il y aura davantage d'affaires très médiatisées comme celle de Manvel Grygorian, mais il est maintenant très difficile de dire dans quelle mesure cela continuera.(...)" souligne Vigen Hakobyan, analyste.

En à peine 2 mois de lutte contre la corruption et la fraude fiscale, l'Etat a recouvert près de 30 millions d'euros, soit 1% de son budget, et plus de 10 % de son déficit.
Un premier succès qui vaut au nouveau Premier ministre d'être menacé d'assassinat.