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Assemblée parlementaire francophone : la révolution numérique, un défi pour la Francophonie

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©C. François/ TV5MONDE

La 44e assemblée plénière de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie vient de se terminer à Québec, au Canada. Quelque 560 parlementaires venus des cinq continents y ont assisté et ont débattu d'une thématique importante pour l'avenir de la Francophonie : la révolution numérique.

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"Cette révolution numérique représente un défi pour la Francophonie", a déclaré dans son discours d'ouverture le président de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie qui est aussi président de l'Assemblée nationale du Québec, Jacques Chagnon.

Un défi, parce que ces changements technologiques vont tellement vite qu'on a à peine le temps de résoudre les problèmes qu'ils soulèvent qu'ils sont déjà dépassés par de nouvelles technologies encore plus performantes. Voilà pourquoi Jacques Chagnon parle d'une sorte de course contre la montre. 


Jacques Chagnon a donné l'exemple de l'Afrique, où cette révolution numérique est absolument fulgurante, avec l'explosion, par exemple, du nombre de téléphones portables sur ce continent... Les Africains ont même sauté une ou deux étapes dans le domaine des télécommunications puisqu'ils ont à peine installé des bons vieux poteaux de téléphone et sont directement passés à la technologie du sans-fil.

L'avenir de la Francophonie en Afrique

Jacques Chagnon estime que cette révolution numérique ouvre la porte à un meilleur accès à l'éducation sur ce continent et on sait aussi que l'avenir de la Francophonie passe par l'Afrique, d'où l'importance pour tous les pays francophones et tous les parlementaires des pays francophones de bien maîtriser ces nouveaux outils technologiques liés à cette révolution numérique. « Il y a beaucoup d'opportunités qui vont s'offrir par le biais de la communication, par le biais du numérique et par le biais de l'augmentation de l'implantation du numérique », conclut Jacques Chagon.

Un avis partagé par Jacques Krabal, secrétaire général de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie : « Au-delà des inquiétudes, des peurs légitimes que génère aujourd'hui l'intelligence artificielle, je pense que c'est une formidable opportunité pour la Francophonie, et je ne parle pas de la langue, mais l'aspect culturel, l'aspect économique, l'aspect démocratique pourront davantage être portés grâce au numérique dans l'espace francophone ».

Les réseaux de la Francophonie

La Secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, a insisté de son côté, sur l’importance des réseaux tissés dans la Francophonie au cours des dernières décennies : les parlementaires, les universités, les organisations non gouvernementales. Des réseaux qui permettent échanges d’informations et d’expériences : « tous les réseaux de la Francophonie ont un intérêt partagé à se nourrir les uns les autres et à travailler toujours plus en synergie. Synergies et interconnexion plus que jamais favorisées et facilitées par le numérique ».


En marge du Sommet d'Erevan, en octobre prochain, sera d’ailleurs créé un réseau des ministres responsables de l'économie numérique au sein de la Francophonie. Un nouveau réseau de jeunes parlementaires de la Francophonie. Et cette 44e session de l’APF s'est conclue par la création d'un nouveau réseau, celui des jeunes parlementaires de la Francophonie.

« Il faut avoir au maximum 40 ans, explique le député sénégalais Abdou Mbow, et les objectifs sont de promouvoir les valeurs de la francophonie, travailler à ce que les jeunes s'impliquent davantage dans la politique, que les jeunes puissent être représentés au niveau des Parlements ». « C'est de permettre aux jeunes de prendre part aux décisions au sein de l'APF, de proposer des idées, d'études, de rapports pour faire avancer les enjeux », ajoute Anne Minh-Thu Quach, députée néo-démocrate la Chambre des Communes du Canada.

Egalité des sexes

Ces enjeux sont essentiellement l’égalité des sexes et l’accès à l’éducation des jeunes. « Nous voulons être au cœur des décisions et nous sommes convaincus que nous allons révolutionner la structure de l'organisation, surtout en cette ère numérique où les jeunes sont les meilleurs vecteurs de transmission. Nous allons être un maillon important de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie », prédit Abdou Mbow.

Un nouveau réseau donc qui veut devenir une courroie de transmission entre la jeunesse des pays francophones et l'Assemblée parlementaire de la Francophonie et dont le président, prochainement élu, proviendra de la région Asie-Pacifique, Cette initiative réjouit Jacques Krabal : « La Francophonie se doit d'être culturelle sur le modèle des pères fondateurs, mais elle doit aussi donner une perspective d'avenir pour notre jeunesse et pour l'égalité entre les hommes et les femmes. Nous devons proposer aux jeunes dans le monde une Francophonie utile ». 

A l'issue de la 44e assemblée plénière de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, une résolution a été votée à l’unanimité concernant TV5MONDE :
"Préoccupée par les répercussions potentielles, sur les activités de TV5MONDE, des discussions sur le service public audiovisuel et son cadre budgétaire ayant cours dans plusieurs pays de l’espace francophone ; l’Assemblée parlementaire de la Francophonie réunie à Québec du 5 au 10 juillet 2018, sur proposition de la Commission de l’éducation, de la communication et des affaires culturelles, demande aux États et aux gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie de soutenir TV5MONDE et de s’engager en faveur du développement de l’ensemble des activités de la chaîne, tant digitales que satellitaires, afin d’assurer le rayonnement de la Francophonie."

>> Revoir notre entretien avec le sénateur André Gattolin :  "Si on ne réforme pas l'audiovisuel public, il va disparaître"