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Au Canada, Justin Trudeau annonce l'interdiction de 1500 modèles d'armes d'assaut

Justin Trudeau, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 14 février 2020.<br />
 
Justin Trudeau, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 14 février 2020.
 
©AP Photo/Jens Meyer

Moins de deux semaines après la pire tuerie de l'histoire du pays, qui a fait 23 morts, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a annoncé l'interdiction immédiate de plus de 1.500 modèles d'armes d'assaut de calibre militaire. 

Le message est clair. Pour Justin Trudeau "ces armes n'ont été conçues qu'à une seule et unique fin : tuer le plus grand nombre de personnes le plus rapidement possible".

Lors d'une conférence de presse organisée ce vendredi 1er mai, le Premier ministre canadien s'est voulu ferme : ces armes, a-t-il dit, "n'ont aucune utilité et n'ont pas leur place au Canada". Ainsi, 1.500 modèles d'armes d'assaut de calibre militaire ont été interdites.

Un tireur déguisé en policier et conduisant une réplique de voiture de patrouille a semé la mort pendant plus de 13 heures les 18 et 19 avril dans les campagnes de Nouvelle-Ecosse (sud-est) en mettant le feu à des maisons et tuant de sang-froid 22 personnes, avant d'être finalement abattu par la police. Il a utilisé plusieurs armes, dont au moins une décrite par la police comme une arme d'assaut désormais interdite.

(Re)voir : Fusillade au Canada : le pays encore sous le choc
 

Suite à cette tragédie, le gouvernement canadien annonce donc avoir adopté un décret interdisant l'utilisation, la vente, l'importation et le transport de ces armes d'assaut de type militaire.

"A travers le pays, beaucoup de gens utilisent des armes à feu de façon légale et responsable, que ce soit pour travailler ou chasser. Mais vous n'avez pas besoin d'un AR-15 pour abattre un cerf", a déclaré Justin Trudeau.

Les propriétaires de ces armes "respectueux des lois" pourront se prévaloir d'une période d'amnistie de deux ans afin de se conformer à cette nouvelle réglementation. a-t-il ajouté.
 

Des événements comme la tragédie survenue récemment en Nouvelle-Écosse, l'attentat au Centre culturel islamique de Québec en 2017 et le massacre de l’École Polytechnique de Montréal en 1989 n'auraient jamais dû se produir
Justin Trudeau, Premier ministre canadien

Justin Trudeau avait fait de cette interdiction une promesse phare de la campagne électorale, qui l'a mené au pouvoir en 2015. Et il l'avait réitérée lors des législatives d'octobre dernier.
 

Près de quatre Canadiens sur cinq sont favorables à cette interdiction, selon un sondage de l'institut Angus Reid, qui a consulté 1.581 personnes cette semaine.