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Au Québec, le Premier ministre François Legault présente les priorités de son deuxième mandat

Le Premier ministre québécois François Legault lors du discours d'ouverture de son second mandat, ce mercredi 30 novembre 2022. 
Le Premier ministre québécois François Legault lors du discours d'ouverture de son second mandat, ce mercredi 30 novembre 2022. 
© Réseaux sociaux de M. Legault

Éducation, économie, environnement, santé et identité : voilà les cinq priorités sur lesquelles le gouvernement québécois va se concentrer au cours des quatre prochaines années. C’est ce qu’a expliqué le Premier ministre François Legault, réélu haut la main le 3 octobre dernier, lors de son discours d’ouverture de la 43e législature de l’Assemblée nationale du Québec.

Le Premier ministre québécois a commencé son discours de 118 minutes par un rappel historique sur la fondation de la Nation québécoise par Samuel De Champlain, voilà plus de quatre siècles. "C’était un destin qui était improbable, il a fallu beaucoup de volonté à Champlain pour persister et réussir, a rappelé François Legault … Et aujourd’hui on se retrouve 8 millions et demi de Québécois qui forment une nation développée, rayonnante et pacifique".

Le Premier ministre dit qu’il veut maintenant "continuer l’histoire de cette belle nation francophone en Amérique, et continuer, ça veut dire se serrer les coudes, ça veut dire aussi obtenir des résultats concrets pour les Québécois : on doit tous être en mode solution".

"Notre destination est claire : on veut un Québec plus prospère, plus vert et plus fier, je veux peser de tout mon poids pour qu’on réussisse, je veux un Québec qui gagne", a martelé François Legault avant d’égrener longuement les cinq priorités de son gouvernement.

L’éducation

"Pour le gouvernement, la priorité des priorités ça reste l’éducation", a répété le Premier ministre, parce que c’est "le plus grand levier d’épanouissement personnel et collectif". Offrir une place en garderie pour chaque enfant, trouver davantage d’enseignants et de professionnels dans le domaine de l’éducation, poursuivre la rénovation des écoles : "on a du travail à faire, il va falloir être créatif", a fait remarquer François Legault, qui dit vouloir aussi attirer plus d’étudiants étrangers dans les collèges et les universités francophones de la province, protéger les professeurs contre la censure et continuer à protéger la liberté de pensée.

Pour le gouvernement, la priorité des priorités ça reste l’éducation.

François Legault, Premier ministre québécois.

L’économie

Un point sur lequel François Legault fait une fixation, il l’avoue lui-même, c’est le nécessaire rattrapage de richesses sur le plan économique que le Québec doit faire avec ses voisins, en particulier l’Ontario.
Il promet également d’aider les Québécois à faire face à l’inflation, avec l’envoi au cours des prochaines semaines de chèques de 400 ou 600$ selon le revenu. Il y aura aussi des baisses d’impôt en 2023, tel que promis lors de la dernière campagne électorale. François Legault a aussi détaillé les objectifs que doit poursuivre son ministre de l’Économie : moderniser le secteur de la construction, privilégier le secteur stratégique de l’aérospatial, continuer à améliorer la productivité des entreprises québécoises, poursuivre le développement de l’industrie touristique et, relever le gros défi de la pénurie de main d’œuvre. Le Premier ministre se félicite aussi que les Québécois priorisent de plus en plus l’achat local, une tendance qui s’est accentuée lors de la pandémie.

L’environnement

"L’environnement et la lutte contre les changements climatiques, c’est le grand défi des prochaines années", estime François Legault. Il a fait valoir qu’actuellement, le Québec est le moins pire endroit en Amérique du Nord en matière d’émissions de gaz à effet de serre puisqu’un Québécois émet moins de 9 tonnes de GES par an, soit la moitié du Canadien qui vit hors du Québec et de l’Américain. Mais il y a beaucoup à faire encore, avoue-t-il, "je veux qu’on aille plus vite" pour éliminer les GES, "il faut être ambitieux mais sans être dogmatique".

Pour que le Québec devienne plus vert, il faut "concilier la prospérité et l’environnement, c’est un gros défi mais il faut concilier les deux pour que tous les Québécois embarquent dans cette transition écologique".

L’environnement et la lutte contre les changements climatiques, c’est le grand défi des prochaines années.

François Legault, Premier ministre québécois.

Et cette transition écologique va se faire avec le développement de l’hydro-électricité, la principale source d’énergie du Québec, contrôlée par la société d’État Hydro-Québec.
À ce sujet, François Legault veut ouvrir un débat national sur la construction de nouveaux barrages hydro-électriques, "il faut bâtir un demi-Hydro-Québec" au cours des prochaines années, croit-il, pour pouvoir répondre à la demande croissante, notamment avec l’électrification des transports.

"On doit devenir un leader de l’économie verte, c’est un chantier qui est gigantesque, mais c’est un chantier qui m’emballe et je suis convaincu qu’on est capable de le réussir ensemble" s’est enthousiasmé le Premier ministre québécois.

La santé

C’est un "immense chantier", reconnait François Legault : donner un médecin de familles à tous ceux qui n’en ont pas, "un professionnel de la santé pour chaque québécois", améliorer les pratiques professionnelles, continuer à développer la télésanté révélée par la pandémie.
"Là aussi, j’ai besoin de la collaboration de tout le monde, syndicats, ordre professionnels, que tout le monde se mette en mode solution et soit positif » dit le Premier ministre, qui propose notamment de mettre en place deux mini-hôpitaux privés où les québécois pourront "payer" en présentant leur carte d’assurance maladie.
Et François Legault se tourne vers le gouvernement canadien pour demander de l’argent pour financer le réseau de la santé, il faut que "le fédéral fasse enfin sa juste part" en faisant passer de 22% à 35% sa participation aux dépenses de santé dans les provinces.

L’identité

"En matière d’identité, l’objectif c’est d’arrêter le déclin du français au Québec, en particulier à Montréal… ça doit être un devoir impératif, souligne François Legault. Qu’est-ce qui resterait de nous si on perdait ce lien fondamental ? Tous ensemble on doit arrêter le déclin du français au Québec et renverser la tendance".

En matière d’identité, l’objectif c’est d’arrêter le déclin du français au Québec, en particulier à Montréal.

François Legault, Premier ministre québécois.

François Legault parle d’un "enjeu existentiel" et que son premier devoir, c’est de poser les gestes nécessaires pour préserver la langue française. "Il y a un lien indéniable entre la politique d’immigration et la vitalité de la langue française", a poursuivi le Premier ministre, qui dit vouloir trouver une politique d’immigration qui tienne compte de la réalité linguistique du Québec et de la force d’attraction de l’anglais. Dans ce sens, l’immigration francophone est "une question de survie pour le Québec".

► Un sujet longuement abordé lors d'un entretien à TV5MONDE lors du sommet de la Francophonie mi-novembre en Tunisie.

Statistique Canada a publié ce même jour de nouvelles données tirées du recensement de 2021 qui confirme la tendance au déclin de la langue française au Québec : 14% des travailleurs de la province utilisent principalement l’anglais dans leur environnement professionnel, une augmentation de 2% par rapport à 2016, versus une légère baisse pour le français qui lui est parlé principalement par 79,9% des travailleurs, c’était 80% en 2016.
Dans la région montréalaise, l’anglais est parlé principalement par 21% des travailleurs, et le français par 70%, c’est la région dans laquelle travaille plus de 50% des Québécois.

Rattraper le temps perdu

"On a des grands projets pour le Québec et aujourd’hui, c‘est l’ordre de marche pour les prochains 4 ans que l’on présente, on a des belles opportunités devant nous et je veux que tout le monde travaille ensemble", a déclaré François Legault avant de prononcer son discours.

Clairement, le Premier ministre québécois veut rattraper le temps perdu dans ce deuxième mandat alors qu’il a passé plus de la moitié de son premier mandat à gérer la pandémie de la COVID-19. Et il veut faire sa marque comme étant le Premier ministre qui va freiner le déclin de la langue française au Québec et qui va assurer la transition écologique de la province.

François Legault a conclu son discours en parlant de la cohésion nationale : "Ça part d’un sentiment d’appartenance à une nation, c’est une histoire et une langue commune, cette cohésion nationale on doit la cultiver, on ne doit jamais oublier que le Québec est un endroit extraordinaire, on est chanceux de vivre au Québec donc vive la nation québécoise".