Info

Australie: le résultat de l'appel du cardinal Pell sera annoncé le 21 août

Le cardinal australien George Pell (g) est escorté vers la Cour suprême de l'Etat de Victoria à Melbourne, le 6 juin 2019
Le cardinal australien George Pell (g) est escorté vers la Cour suprême de l'Etat de Victoria à Melbourne, le 6 juin 2019
afp.com - ASANKA BRENDON RATNAYAKE
Des protestataires brandissent des pancartes hostiles au cardinal George Pell devant la Cour suprême de Victoria à Melbourne, en Australie, le 6 juin 2019
Des protestataires brandissent des pancartes hostiles au cardinal George Pell devant la Cour suprême de Victoria à Melbourne, en Australie, le 6 juin 2019
afp.com - ASANKA BRENDON RATNAYAKE
Fiche sur le cardinal australien George Pell condamné à six ans de prison pour pédophilie
Fiche sur le cardinal australien George Pell condamné à six ans de prison pour pédophilie
afp.com - Janis LATVELS

La justice australienne se prononcera la semaine prochaine sur l'appel formé par le cardinal George Pell contre sa condamnation pour agressions sexuelles contre des enfants de choeur, ont annoncé jeudi des responsables de la juridiction saisie.

Le cardinal Pell, 78 ans, ancien numéro trois du Vatican, a été condamné en mars à six ans de prison après avoir été reconnu coupable d'avoir agressé sexuellement deux enfants de choeur dans les années 1990.

Il a fait appel et trois juges de la Cour suprême de l'Etat de Victoria, dans le sud de l'Australie, délibèrent depuis juin sur cette affaire.

Les magistrats, qui annonceront leur verdict le 21 août, peuvent décider de rejeter l'appel, d'ordonner un nouveau procès ou d'acquitter George Pell.

Plus haut représentant de l'Eglise catholique jamais condamné pour viol sur mineur, le prélat de 78 ans, qui proteste de son innocence, a été reconnu coupable en décembre de cinq chefs d'accusation, notamment d'avoir imposé une fellation en 1996 à un garçon de 13 ans et de s'être masturbé en se frottant contre l'autre.

Les faits avaient eu lieu dans la sacristie de la cathédrale St Patrick de Melbourne, dont Mgr Pell était l'archevêque, où les deux victimes s'étaient cachées pour y boire du vin de messe.

- Verdict "déraisonnable" -

Deux mois plus tard, M. Pell, alors archevêque de Melbourne, avait poussé l'un des adolescents contre un mur et lui avait empoigné les parties génitales.

Ses avocats ont soulevé 13 moyens pour contester la condamnation, en soutenant notamment qu'il était "physiquement impossible" que les faits allégués aient été commis par le prélat alors que la cathédrale était bondée.

Ils ont pour ainsi dire émis des doutes sur l'ensemble du jugement, qu'il s'agisse de la chronologie des faits après la fin de la messe à la possibilité matérielle pour George Pell d'avoir commis les agressions dans l'encombrante tenue sacerdotale dont il était vêtu alors qu'il venait de célébrer l'office.

L'un des principaux fondements de leur recours est de dire que ce verdict est "déraisonnable", car basé exclusivement sur le témoignage d'une des victimes. L'autre est décédée en 2014 d'une overdose sans jamais reconnaître avoir subi une agression. La défense s'en est également pris à la crédibilité de la victime.

Lors du procès en appel, le procureur Christopher Boyce avait estimé au contraire que "l'intégrité du verdict" était "incontestable", en observant que le jury avait "légitimement considéré le plaignant comme un témoin fiable et crédible".

- Pourvoi attendu -

Jeremy Gans, professeur de droit criminel à l'Université de Melbourne, a dit à l'AFP qu'il était "probable mais pas sûr" que M. Pell gagne en appel, pointant le fait que le jugement repose en grande partie sur le témoignage d'une personne.

"Bien que ce soit un problème dans la plupart des affaires anciennes de pédophilie, c'est encore plus le cas ici", a dit M. Gans.

"En règle générale, tout dépend essentiellement d'une personne mais il y a d'autres (preuves)", a-t-il poursuivi.

Quel que soit l'arrêt de la Cour, il devrait faire l'objet d'un pourvoi devant la Haute Cour d'Australie, la plus haute juridiction d'appel australienne.

Avant sa disgrâce cette année, M. Pell avait connu une ascension rapide. Nommé archevêque de Sydney en 2001, il entra en 2003 dans le puissant Collège des cardinaux, siégeant aux conclaves qui élirent Benoît XVI puis François.

Tout juste élu, le pontife argentin le choisit en 2013 pour faire partie du conseil de neuf cardinaux (C9) chargés de l'aider à réformer la Curie, le gouvernement du Vatican.

Puis en 2014, il devient secrétaire à l'Economie, véritable numéro trois du Vatican.

Depuis sa condamnation, le cardinal Pell a été relevé de sa fonction de responsable financier du Vatican et a perdu sa place dans le C9.

Le Vatican a ouvert sa propre enquête sur les faits pour lesquels le cardinal a été condamné. Il risque dans ce cadre d'être exclu du statut de prêtre.