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Bélarus: procès de la rédactrice en chef d'un média indépendant

Marina Zolotova, rédactrice en chef du site d'informations bélarusse tut.by, à l'ouverture de son procès à Minsk le 12 février 2019
Marina Zolotova, rédactrice en chef du site d'informations bélarusse tut.by, à l'ouverture de son procès à Minsk le 12 février 2019
afp.com - Sergei GAPON

Le procès de la rédactrice en chef du principal site d'informations indépendant du Bélarus s'est ouvert mardi, dans le cadre d'une affaire dénoncée par les défenseurs des droits de l'Homme comme visant à faire pression sur les médias.

Marina Zolotova, rédactrice en chef du site d'informations tut.by, avait été arrêtée en août en même temps que neuf autre journalistes dans le cadre d'une enquête sur l'utilisation sans abonnement des services de l'agence de presse étatique BelTA.

Mme Zolotova est accusée "d'inaction" et de négligence pour ne pas avoir contrôlé le travail de ses subordonnés. Elle encourt jusqu'à cinq ans de prison et une interdiction d'occuper un poste à responsabilité.

Les autres journalistes arrêtés en même temps qu'elle, employés par tut.by et plusieurs autres médias, avaient été libérés après avoir été condamnés à payer des dommages et intérêts à l'agence bélarusse BelTA.

Marina Zolotova rejette ces accusations. Elle est arrivée souriante au procès et a applaudi les quelques dizaines de ses supporters qui assistent au procès.

"L'affaire vise spécifiquement tut.by", a-t-elle déclaré avant l'audience au site internet de l'association des journalistes du Bélarus. "Nous avons plus d'un million de vues par jour tandis que BelTA et d'autres médias étatiques en ont largement moins. C'est une tentative non pas de fermer, mais d'affaiblir des concurrents", a-t-elle ajouté.

Reporters sans frontières et le Conseil de l'Europe avaient dit leur inquiétude en août quand les journalistes avaient été interpellés. Pavel Bykowski, un journaliste bélarusse travaillant pour le média allemand Deutsche Welle, avait notamment été incarcéré pendant deux jours.

Dirigé d'une main de fer par le président Alexandre Loukachenko depuis 1994, le Bélarus maintient un contrôle constant sur les médias, durci notamment après des manifestations en mars 2017 qui ont conduit à des centaines d'arrestations.