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Belgique : le libéral Alexander De Croo nouveau Premier ministre

Alexander De Croo lors d'une conférence de presse. Bruxelles, Belgique, 30 septembre 2020<br />
 
Alexander De Croo lors d'une conférence de presse. Bruxelles, Belgique, 30 septembre 2020
 
REUTERS/Yves Herman

Le libéral flamand Alexander De Croo, âgé de 44 ans et actuel ministre des Finances et de la Coopération au Développement, a été choisi mercredi 30 septembre par la nouvelle coalition majoritaire en Belgique pour occuper le poste de Premier ministre. C'est ce qu'a annoncé son rival socialiste francophone, Paul Magnette, lors d'une conférence de presse.

La Belgique s'est réveillée mercredi 30 septembre avec la perspective de voir aboutir la formation d'un gouvernement majoritaire, ce dont le pays est privé depuis 21 mois. Un projet d'accord de gouvernement a été conclu à l'aube entre les sept partis engagés depuis une semaine dans une négociation marathon, a indiqué à l'Agence France-Presse une source proche des discussions, confirmant des informations des médias belges. 

La prestation de serment de M. De Croo devrait se tenir jeudi 1er octobre au matin devant le roi Philippe. 
 

Retour des écologistes  ?


Cette nouvelle coalition marque le retour au pouvoir des écologistes, tandis que les nationalistes flamands de la N-VA, premier parti en Flandre, associés au pouvoir entre 2014 et 2018, sont relégués dans l'opposition.

La nouvelle plateforme gouvernementale associe sept partis, les six des familles socialistes, libérales et écologistes (à chaque fois une formation francophone et son pendant néerlandophone), auxquels s'ajoute le CD&V, le parti des chrétiens-démocrates flamands.

Mercredi matin, "les derniers détails (de l'accord) étaient en cours de relecture", a souligné la source proche des négociations, et des discussions se poursuivaient "sur le casting".
  Selon les médias, outre le titulaire de ce poste, les sept partis doivent s'entendre sur les noms des 14 membres du gouvernement, qui se veut composé d'autant de femmes que d'hommes, et paritaire également sur le plan linguistique.

Après plusieurs semaines passées à rapprocher leurs positions, les présidents de partis négociaient un programme de gouvernement, les questions budgétaires constituant l'un des aspects les plus âpres des discussions sur fond de crise économique liée à la pandémie de coronavirus.

Ils s'étaient mis autour de la table après l'échec à la mi-août d'une tentative de coalition associant la N-VA et le Parti socialiste (PS) francophone de Paul Magnette, première force politique dans le sud du pays. Les écologistes refusaient fermement de gouverner avec les nationalistes flamands.

(Re)voir : Belgique : la nouvelle coalition gouvernementale devra affronter l'opposition des nationalistes flamands
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Le projet d'accord doit être validé par les partis


Le projet d'accord doit encore être validé par chacun des sept partis, a priori d'ici au jeudi 1er octobre, date à laquelle la Chambre des représentants est appelée à siéger pour se voir présenter le nouvel exécutif. Il mettra ainsi fin à une crise politique de 493 jours depuis les législatives du 26 mai 2019.

Coutumière de l'instabilité politique, la Belgique était gouvernée par une coalition minoritaire depuis décembre 2018, quand la N-VA avait brusquement quitté l'attelage dirigé par le libéral francophone Charles Michel.

Les élections législatives du 26 mai 2019, marquées par une progression des extrêmes et des écologistes, ont accentué le morcellement du paysage politique et rendu encore plus complexe la constitution d'une majorité autour des partis traditionnels.

Le gouvernement actuel, conduit par la libérale francophone Sophie Wilmès depuis onze mois, s'appuyait sur une petite minorité de sièges à la Chambre (38 sur 150). Elle est la première femme à avoir occupé de telles fonctions en Belgique. 
 

Le choix d'Alexandre De Croo s'avère par ailleurs symbolique : c'est la première fois depuis 2011 qu'un Flamand sera en poste au "16 rue de la Loi". Une présence qui permet de compenser le fait que ce nouveau gouvernement est minoritaire dans le groupe des députés néerlandophones.

"C'était symboliquement important d'avoir un Premier ministre flamand car ce gouvernement va être attaqué en Flandre, dont les deux plus grands partis (N-VA et Vlaams Belang) sont dans l'opposition", expliquait à l'AFP le politologue Dave Sinardet.

(Re)voir le portrait d'Alexandre De Croo, un habitué des ministères 
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