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Belgique : sixième tentative pour sortir le pays de l'impasse politique

Le palais royal à Bruxelles. ©AP Photo/Francisco Seco
Le palais royal à Bruxelles. ©AP Photo/Francisco Seco

Le Roi Philippe charge une nouvelle fois deux "informateurs" de composer un gouvernement viable. Une tâche difficile en Belgique où la crise politique perdure depuis plus d'un an. Patrick Dewael et Sabine Laruelle doivent rendre leurs recommandations au plus tard le 9 mars prochain.

La sixième tentative sera-t-elle la bonne ? Ce mercredi, le Roi des Belges a chargé les présidents du Sénat, Sabine Laruelle, et de la Chambre, Patrick Dewael, de "prendre les contacts politiques nécessaires permettant la mise en place d'un nouveau gouvernement de plein exercice".

Dans un communiqué commun les deux "informateurs" estiment souhaitable de restaurer le calme. "Comme le disait l'informateur Herman Vanderpoorten en 1981, écrivent-ils,  nous nous retrancherons dans le mutisme le plus intégral."

 

"Aucune communication relative à leur mission, leurs activités et leurs avancées" ne sera faite précisent-ils encore. Le Flamand Dewael et la Wallone Laruelle sont investis d'une mission : restaurer le calme dont a besoin la Belgique dans l'impasse politique depuis quatorze mois.

A l'origine du problème, le départ des nationalistes flamands de la N-VA qui se retirent en décembre 2018 du gouvernement car ils sont opposés à la signature du Pacte de Marrakech sur l'immigration. Le Premier ministre Charles Michel échoue à constituer une majorité alternative et il se retrouve démissionnaire le 21 décembre 2018. Depuis la Belgique n'a pas de réel gouvernement.
 

La presse belge sceptique


Dans la presse francophone, mais surtout flamande, les éditorialistes se montrent sceptiques.  Le Soir exprime son ras-le-bol : "Négociations fédérales: on en a tous marre". "La colère, ou, pire, l’indifférence ou le dédain, montent auprès des citoyens, pendant que les jeux stratégiques et préélectoraux dominent largement voire exclusivement dans l’attitude des partis. La question est bien moins «que puis-je faire comme concession pour sortir de la crise ?», que «combien de sièges vais-je gagner ou perdre si je prends telle position ?» Plus la crise dure, plus les déclarations publiques ressemblent à des slogans à poser sur des affiches", explique sans détour le chef du service politique du quotidien belge francophone, Bernard Demonty.

Même ton du côté de l'autre grand journal francophone, La Libre Belgique. Dans un éditorial intitulé "Confiance, patience. Bonne chance…", Francis Van de Woestyne lance :  "On range les bazookas, les grenades, l’artillerie lourde. Après la musculation, la dramatisation, voici la temporisation. Le Roi a choisi un duo de sages, les deux présidents d’assemblée. Il y a donc – enfin ! – une femme chargée d’une mission royale".

Une première soulignée par bon nombre de journaux en Belgique. Car après avoir nommé une femme Première ministre, Sabine Laruelle devient à son tour la première femme à à recevoir une mission royale.


(Re)lire : Sophie Wilmès, Madame la Première ministre belge


Dans le quotidien flamand, De Standaard, Bart Sturtewagen estime que "Nous nous approchons tout doucement de la phase d’acharnement thérapeutique (...) Le Palais a un autre objectif : empêcher des élections anticipées. Le roi Philippe joue ses derniers atouts."

Dans Gazet van AntwerpenDirk Hendrikx estime pour sa part que la Belgique est "à un tournant". Pour l'éditorialiste il ne reste plus que deux options : "Soit nous entrons dans une période chaotique de durée indéterminée (…), soit nous devons aller aux urnes".
 

Des consultations jusqu'à quand ?


Mais alors pourquoi ne pas convoquer les Belges à de nouvelles élections puisque le pays reste dans l'impasse politique. Comme nous l'expliquait déjà Caroline Sägesser du Centre de recherche et d'information socio-politiques lorsque le précédent duo d'informateurs avait rendu son rapport, "les choses vont très lentement en Belgique. De façon générale, nous préférons allonger des délais pour proposer un nouveau gouvernement."

C'est ainsi que le Roi Philippe a décidé de nommer pour la sixième fois un duo inédit d'informateurs. Mais que peuvent-ils faire de plus ? "Consulter, consulter et encore consulter", nous explique Marc Sirlereau de la RTBF qui croit savoir que Sabine Laruelle et Patrick Dewael s'attèlent à la constitution d’une coalition associant socialistes, libéraux, écologistes et sociaux-chrétiens "avec pratiquement une obligation de résultat. Ou sinon, en cas d’échec, éviter des élections deviendrait de plus en plus compliqué".

Reponse au plus tard, le 9 mars prochain.