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Belgique : vers une réforme de l'accord du participe passé ?

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© P. Randrianarimanana, L. Perron / TV5MONDE

Pour de nombreux élèves francophones, la grammaire est un véritable casse-tête. En Belgique, deux professeurs de français proposent, dans une tribune publiée par  Libération, de supprimer ou plutôt de simplifier l'accord du participe passé.
 

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Cette question-là, c'est l'épreuve de vérité pour les élèves qui apprennent le français 

Faut-il accorder le participe passé avec l'auxiliaire avoir? Bien sûr que NON : SAUF si le complément d'objet précède le verbe. "J'ai mangé les crêpes", pas d'accord
mais "les crêpes que j'ai mangées", mangé E.S.

Cette règle en vigueur : ces deux anciens professeurs de français ne l'enseignent plus... ils s'en moquent. Ils sont Belges et ils ne plaisantent pas.

Dans un spectacle, tiré de leur livre Arnaud Hoedt et Jérome Piron dénoncent le dogme orthographique, incarné par l'Académie française, à Paris qui dicte ses règles
parfois au détriment de la logique et de l'usage.

Le jour de la rentrée des classes, ils publient une tribune dans le quotidien Libération
pour l'invariabilité du participe passé avec le verbe avoir. Ils peuvent se targuer du soutien de linguistes de renom et d'instances scientifiques, mais aussi de la Fédération Wallonie Bruxelles, contre l'Académie Française.
 

C'est une proposition faite en Belgique donc depuis des satellites linguistiques de la France, ils ne font pas le poids face à Paris.

Mathieu Avanzi, linguiste. 

Les partisans d'une telle réforme veulent soulager les élèves d'une règle complexe, née d'un oubli récurrent des moines copistes au Moyen-Âge. Une initiative avant tout symbolique, un brin... révolutionnaire.

Pour se consoler, ces rebelles de la francophonie rappellent le mot d'un illustre défenseur de leur cause : Voltaire, taclant le poète du XVIe siècle Clément Marot.
"Il a ramené deux choses d'Italie : la vérole et l'accord du participe passé.
Je pense que c'est le deuxième qui a fait le plus de ravages
".