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Biélorussie : Loukachenko ordonne au ministre de la Défense de prendre « les mesures les plus strictes »

Le président biélorusse, Alexandre Loukatchenko, lors de son arrivée à Grodno (ouest), le 22 août, pour y rencontrer les unités militaires déployées sur cette zone proche de la frontière polonaise. 
Le président biélorusse, Alexandre Loukatchenko, lors de son arrivée à Grodno (ouest), le 22 août, pour y rencontrer les unités militaires déployées sur cette zone proche de la frontière polonaise. 
Sergei Shelega (Associated Press)

Alors que la vague protestataire se poursuit à travers le pays, le président Alexandre Loukachenko, qui dénonce une ingérence extérieure, a ordonné, samedi, la prise « des mesures les plus strictes » pour défendre l’intégrité territoriale de la Biélorussie. Lundi, le secrétaire d' État adjoint des États-Unis, Stephen Biegun, se déplacera en Lituanie puis en Russie pour « discuter de la situation » dans l’ex-République soviétique.

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a ordonné, samedi, à son ministre de la Défense de prendre les "mesures les plus strictes" pour défendre l’intégrité territoriale du pays, secoué par un mouvement de protestation depuis l'élection présidentielle controversée du 9 août.
  M. Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans, est venu, samedi, inspecter les unités militaires déployées à Grodno, dans l'ouest du Biélorussie, près de la frontière polonaise, selon un communiqué publié sur Telegram par la présidence biélorusse.

Arrivé sur le polygone militaire à Grodno, il a dénoncé le mouvement de protestation instigué selon lui "de l'extérieur". "J'ordonne au ministre de la Défense (...) de défendre avant tout la perle occidentale du Bélarus dont le centre est à Grodno. Et de prendre les mesures les plus strictes pour défendre l’intégrité territoriale de notre pays", a déclaré M. Loukachenko.

Il a affirmé constater "d'importants agissements des forces de l'Otan à proximité immédiate" des frontières bélarusses, sur le territoire de la Pologne et de la Lituanie.
Dans ce contexte, le chef de l’État a annoncé que l'essentiel des forces armées biélorusses avaient été placées en état d'alerte.

Cette déclaration intervient alors que de vastes exercices militaires biélorusses sont prévus dans la région de Grodno entre le 28 et le 31 août. Vendredi, Alexandre Loukachenko avait assuré qu'il allait "résoudre le problème" du mouvement de protestation.

La cheffe de file de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie, a assuré vendredi que le peuple bélarusse n'"acceptera jamais le leadership actuel".

(Re)voir : Biélorussie : l'opposition continue de défier le pouvoir dans la rue​
 
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Le numéro deux de la diplomatie américaine à Vilnius lundi

Le secrétaire d' État adjoint des États-Unis, Stephen Biegun, se rendra la semaine prochaine en Lituanie et en Russie pour discuter de la situation en Biélorussie.
Le numéro deux de la diplomatie américaine rencontrera, lundi, à Vilnius, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense "pour discuter de la situation au Bélarus, des relations bilatérales et des questions concernant l'Otan et la défense", a précisé le ministère lituanien des Affaires étrangères en annonçant cette visite.

Il se rendra ensuite à Moscou mardi et mercredi, a, de son côté, indiqué une source diplomatique russe à l'agence Interfax.

La Lituanie, membre de l'Otan et de l'Union européenne, a donné asile à la cheffe de file de l'opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaya, qui a dû fuir le pays après l'élection présidentielle contestée du 9 août. Vilnius cherche également à mobiliser les soutiens internationaux pour l'opposition.

Elle voit dans la visite de M. Biegun "un signe que les États-Unis sont prêts à jouer un rôle dans la résolution de la crise bélarusse, y compris vis-a-vis de Moscou", a déclaré Vygaudas Usackas, ancien ambassadeur de l'UE en Russie.

Pour rappel, l’inédite vague protestataire qui traverse cette ex-République d’URSS résulte de la réélection, jugée frauduleuse (80 % des voix), de celui qui a pris les rênes du pouvoir pour la première fois en 1994.

Un "conseil de coordination", destiné à promouvoir la transition politique après l'élection, a été formée cette semaine par l'opposition mais les autorités ont entamé, jeudi, à son encontre, des poursuites pour "atteinte à la sécurité nationale".