Info

Birmanie: deux journalistes de Reuters condamnés à sept ans de prison

Chargement du lecteur...
©L. Bureau, C. Taillefer / TV5MONDE

Sept ans de prison. C'est la peine dont écopent les deux reporters de Reuters, accusés d’"atteinte au secret d’État" pour avoir enquêté sur un massacre de musulmans rohingyas par l’armée en Birmanie. L'ONU appelle à la libération des deux journalistes, condamnés ce lundi 3 septembre.

dans

Ils ont passé plus de 9 mois en détention préventive, mais gardent le sourire. Une confiance qui n'aura pas empêché la condamnation de la cour du tribunal de Ragoun ce matin. Sept ans de prison pour les deux journalistes birmans. Une décision très lourde. 

" Cela remet directement en cause la démocratie et la liberté des médias de notre pays, s'est exclamé Wa Lone. Nous ferons face avec calme à cette situation et nous allons maintenant concentrer nos efforts sur l'appel. Comme nous n'avons rien fait, nous n'avons pas peur. Nous allons faire de notre mieux pour faire face à cette situation.

Wa Lone et Kyaw Soe Oo sont accusés d'atteinte au secret d'Etat. On leur repproche notamment de s'être procuré des documents relatifs aux opérations des forces de sécurité birmanes dans l'Etat du Rakhine, la région, théâtre du drame rohingya. Un coup dur pour la liberté de la presse, déjà malmenée dans le pays. 

" Les journalistes devraient être autorisés à exercer leur métier sans crainte ni intimidations, a souligné l'ambassadeur du Royaume-Uni en Birmanie, Dan Chugg. Ce verdict et cette condamnation portent atteinte à la liberté des médias dans ce pays. Cela porte aussi un coup à l'Etat de droit car, ayant suivi la procédure, nous pensons que le juge a ignoré les preuves et ignoré les lois de Birmanie. "

Le verdict intervient également dans une période de tensions accrue entre la communauté internationale et les autorités birmanes. Il y a quelques jours, l'ONU accusait le chef de l'armée de génocide à l'encontre des musulmans rohingyas. Des accusations qui contrastent avec le silence assourdissant de la prix nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, à la tête du gouvernement birman depuis 2016.