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Birmanie : pluie de condamnations internationales après le coup d'État

L'Etat-major de l'armée birmane lors du 70ème anniversaire de l'assassinat du Général Aung Saun. Mausolée des martyrs, Rangoun, 19 juillet 2017.
L'Etat-major de l'armée birmane lors du 70ème anniversaire de l'assassinat du Général Aung Saun. Mausolée des martyrs, Rangoun, 19 juillet 2017.
© AP Photo/Thein Zaw

La Birmanie a été secouée par un coup d'État ce lundi premier février. La puissante armée du pays d'Asie du sud-est a également arrêté Aung San Suu Kyi, la cheffe du gouvernement. Le putsch a été immédiatement condamné par de nombreux pays.

La communauté internationale dans son ensemble a condamné le coup d'État militaire en Birmanie. Elle demande la libération d'Aung San Suu Kyi, la cheffe du gouvernement et le rétablissement du processus démocratique.
 

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres a ainsi condamné "fermement" l'arrestation par l'armée d'Aung San Suu Kyi et d'autres dirigeants politiques."Ces développements portent un coup dur aux réformes démocratiques en Birmanie".

Réunion du Conseil de sécurité sur la Birmanie

Une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Birmanie prévue de longue date pourrait prendre un caractère d'urgence et être avancée en début de semaine en raison des derniers développements selon l'Agence France Presse.

Pékin, membre permanent du Conseil de sécurité, appelle les acteurs politiques birmans à "régler leurs différends dans le cadre de la Constitution et des lois afin de maintenir la stabilité politique et sociale", selon Wang Wenbin, un porte-parole de la diplomatie chinoise. 

La nouvelle porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki déclare dans un communiqué  "Les Etats-Unis s'opposent à toute tentative de modification des résultats des récentes élections ou d'entrave à une transition démocratique en Birmanie et vont agir contre les responsables si ces mesures (les arrestations, ndlr) ne sont pas abandonnées".

Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, appelle l'armée "à libérer tous les responsables du gouvernement ainsi que les dirigeants de la société civile et à respecter la volonté du peuple de Birmanie telle qu'exprimée lors des élections démocratiques du 8 novembre".

L'ambassadeur du Canada auprès des Nations unies, Bob Rae a lui aussi immédiatement condamné le coup d'état via twitter rappelant que l'armée birmane "a rédigé la Constitution de cette manière pour qu'ils puissent le faire".  Et il rajoute que "La Constitution de 2008 a été spécifiquement conçue pour garantir que le pouvoir militaire soit profondément ancré et protégé".
 Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a pour sa part déclaré suivre "très attentivement et analyser la situation en Birmanie" mais qu'il "est très tôt pour en donner une évaluation".

Condamnation de l'Union européenne

Le président du Conseil européen Charles Michel a condamné "fermement" le coup d'Etat publiant très tôt un tweet demandant "la libération immédiate" des personnes arrêtées et appelant à respecter le résultat des élections.
 Le peuple birman "veut la démocratie. L'UE est avec lui", tweete le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.
 En France, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dénonce "une remise en cause inacceptable du processus démocratique" et réclame la "libération immédiate et sans condition" de Aung San Suu Kyi et de tous les responsables politiques arrêtés, appelant "au strict respect des résultats des élections".

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas "condamne fermement" le coup d'Etat et les arrestations, demandant "aux militaires de libérer immédiatement les membres du gouvernement et du Parlement arrêtés" et de reconnaître le résultat des élections.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson condamne le coup d’État et réclame la libération des "dirigeants civils arrêtés" dont Aung San Suu Kyi, ajoutant sur Twitter: "le vote de la population doit être respecté".
 Le gouvernement turc "condamne fermement la prise de pouvoir par l'armée birmane" et souhaite "la libération immédiate des dirigeants élus, des responsables politiques et des civils arrêtés". Le ministère des Affaires étrangères mentionne également sa préoccupation envers la minorité musulmane des Rohingyas et espère que ce développement "ne va pas faire empirer la situation des Rohingyas musulmans vivant dans de dures conditions en Birmanie".

Le Bangladesh, qui accueille des centaines de milliers de réfugiés rohingyas venus de Birmanie voisine est alarmé : "En tant que voisin immédiat et amical, nous aimerions voir la paix et la stabilité en Birmanie. Nous espérons que le processus démocratique et les dispositions constitutionnelles seront maintenus en Birmanie" assure le ministère des Affaires étrangères.

Le ministère des affaires étrangères japonais réclame lui aussi la libération d'Aung San Suu Kyi et exhorte "l'armée nationale à rétablir rapidement le système politique démocratique".

La ministre des Affaires étrangères australienne Marise Payne condamne également la prise du pouvoir par la force de l'armée.  "Nous appelons l'armée à respecter l'État de droit, à résoudre les différends par des mécanismes légaux et à libérer immédiatement tous les dirigeants (politiques) issus de la société civile et les autres personnes détenues illégalement".