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Brexit : l'UE propose d'étendre la période de transition pour sortir de l'impasse

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commentaire : Pascale Achard
©TV5MONDE

À quelques heures de l'ouverture du Conseil européen à Bruxelles, Michel Barnier, le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit, s'est dit prêt à prolonger d'un an la période de transition suivant la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Une façon aussi de gagner du temps pour régler la question de la frontière irlandaise, point de désaccord persistant entre les deux parties.

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Le négociateur en chef de l'Union européenne Michel Barnier a proposé au Royaume-Uni de prolonger d'un an la période de transition qui suivra son départ de l'UE, afin de débloquer les négociations du Brexit, toujours dans l'impasse avant un sommet européen mercredi soir à Bruxelles.

"Une des options est de prolonger la période de transition d'un an", soit jusqu'au 31 décembre 2021, ont indiqué deux diplomates à l'AFP. 

Cette proposition, sur laquelle les services de M. Barniers ont refusé tout commentaire, vise à donner du temps pour tenter de résoudre la question de la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, principale pierre d'achoppement des discussions, selon ces sources.

La Première ministre britannique Theresa May est attendue en fin d'après-midi à Bruxelles, en plein blocage des négociations, pour une courte intervention devant les dirigeants de l'Union européenne, avant que ces derniers ne se retrouvent entre eux pour un dîner à 27.

Ce sommet était initialement présenté comme un "moment de vérité" à moins de six mois du départ du Royaume-Uni, prévu le 29 mars 2019, suivi par la période de transition.

Discussions vaines

Mais les dernières discussions entre l'UE et Londres sont restés vaines, butant principalement sur la question d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, dont les deux camps veulent éviter le retour pour sauvegarder les Accords de paix de 1998.

Pour résoudre cette question, le Royaume-Uni propose de rester aligné sur les règles douanières de l'Union jusqu'à la signature d'un accord de libre-échange plus large, afin d'éviter le contrôle de marchandises aux frontières.

La proposition de Michel Barnier, présentée mardi aux ministres des Affaires européennes de l'UE, permettrait de gagner du temps pour négocier cet accord commercial, réduisant ainsi le risque de devoir recourir "au filet de sécurité" sur la frontière irlandaise, qui s'appliquerait si aucune meilleure solution n'est trouvée lors de ces négociations.

Concrètement, les 27 souhaitent dans ce cas l'engagement que l'Irlande du Nord restera dans l'union douanière à la fin de la période de transition, ce que le Royaume-Uni refuse.

"Ce que Michel Barnier a indiqué très clairement, c'est que la partie européenne est prête à donner plus de temps durant la période de transition pour trouver une solution alternative au filet de sécurité", a commenté mercredi sur la BBC le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney.              
                  
Malgré "la détermination" observée dans les deux camps, l'état des discussions n'incite pas à l'optimisme, avait estimé mardi le président du Conseil européen Donald Tusk, qui doit rencontrer Mme May en tête à tête à 15H45 GMT.

"Pour qu'une percée ait lieu, en plus de la bonne volonté, il faut des faits nouveaux (...) Je vais demander à (...) Theresa May si elle a des propositions concrètes pour pouvoir sortir de l'impasse", a déclaré le responsable polonais.

"Nous avons besoin de quelque chose de frais", "une nouvelle méthode de penser", a-t-il lancé. Une solution qui protègera les "valeurs" de l'UE et le marché unique d'un côté, et "le Royaume-Uni et sa souveraineté" de l'autre.

Mme May "est impatiente d'avoir une discussion en face à face avec (Donald Tusk) à Bruxelles", mais elle a déjà "fait connaître sa position", a répondu le porte-parole de la dirigeante britannique. 

Marge de manoeuvre réduite

Mise sous pression par une opposition à l'intérieur même de son parti, Mme May dispose d'une marge de manoeuvre très réduite.

Dans son invitation aux chefs d'Etat et de gouvernement publiée lundi soir, Donald Tusk estimait le scénario d'une absence d'accord "plus probable que jamais". Il appelait à accélérer les préparatifs pour faire face à cette éventualité, sans se laisser distraire dans les efforts pour obtenir un accord.

"Il faut plus de temps pour trouver un accord global (...) Nous allons prendre ce temps calmement, sérieusement, pour trouver cet accord global dans les prochaines semaines", avait pour sa part expliqué Michel Barnier mardi.

Selon un haut responsable européen, la tenue d'un sommet extraordinaire en novembre, plusieurs fois évoquée, n'est pas confirmée à ce stade.