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Brexit : le livre blanc de Theresa May sème la discorde

© AP Images/ Charles McQuillan

Plus que 13 semaines avant la date butoire du Brexit et pourtant, aucun accord n'est encore acté entre l'Union Européenne et le Royaume-Uni. Pour les Européens, l'objectif est simple : protéger le marché intérieur et ne pas remettre en cause les principes de l'Union. L'Albion quant à elle pose de nombreuses exigences... Parfois paradoxales.

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L'Union Européenne ne cédera pas ! Les négociations autour du Brexit sont à leur paroxysme alors que l'échéance fixée, le 29 mars 2019, pour atteindre un accord approche mais côté européen, impossible d'accéder aux demandes britanniques. À cela, plusieurs raisons.

Tout d'abord, Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE, explique que les propositions britanniques ne correspondent pas forcément aux intérêts européens. Il ajoute que ces propositions doivent être "applicables sans complexité supplémentaire ni bureaucratie additionnelle"

C'est là qu'entre en ligne de compte le "livre blanc" de Theresa May, dans lequel de nombreuses propositions provoquent le blocage des négociations.

Premier point de discorde : Theresa May veut mettre fin au passeport européen financier. Ce papier permet aux banques basées à Londres d'accéder à l'ensemble du marché européen. Cette suppression voulut par la cheffe du gouvernement anglais est critiquée avec virulence par les places boursières européennes. De fait, si cette fin était mise en place, toutes les banques installées à Londres devraient déménager pour accéder au marché européen.

Le deuxième point prête d'autant plus à controverse : Theresa May veut rester dans la zone de libre échanges pour les marchandises et les produits agricoles mais plus pour les services. Concrètement, elle veut que le Royaume-Uni puisse continuer à ne pas payer de taxes douanières sur ses importations et exportations pour ne pas perdre d'argent. Les Européens y voient un Brexit "à la carte" et dénoncent un projet qui va à l'encontre de l'esprit du libre-échange.

Troisième point de blocage et non des moindres : la question de la frontière avec la République d'Irlande. L'Irlande du Nord souhaite rester ouverte sur l'Europe avec un statut spécial qui lui permettrait de rester dans l'Union Européenne : cette volonté est partagée par Bruxelles. Jusqu'ici tout va bien mais pour Theresa May, il est hors de question de diviser le Royaume-Uni.

Si jamais aucun accord n'est trouvé avant l'échéance fixée, le Brexit se fera sans compromis. Les conséquences pour les deux parties sont difficiles à anticiper mais elles ne seront pas forcément positives.