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Brexit : pêche, agriculture, études, travail, ce qui va changer

Boris Johnson, à gauche, pose avec une figure de cire de lui-même au musée de cire Madame Tussauds à Londres, mardi 5 mai 2009.
Boris Johnson, à gauche, pose avec une figure de cire de lui-même au musée de cire Madame Tussauds à Londres, mardi 5 mai 2009.
AP Photo/Sang Tan

Londres et Bruxelles sont parvenus à un accord sur le Brexit. Il met fin à des mois de discussions pour la sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni. Pour pêcher, travailler, voyager ou étudier, à partir du 1er janvier 2021, les règles vont changer.

  • Un accord en demi-teinte pour les pêcheurs

La pêche a été l'un des points les plus discutés de cet accord. Qu’ils soient Britanniques ou citoyens de l’Union européenne, les pêcheurs devront observer de nouvelles règles après une période de transition allant jusqu’en juin 2026. Au cours de ces années, les pêcheurs de l’Union devront peu à peu renoncer à 25% de leurs prises. Elles sont aujourd’hui estimées à 650 millions d’euros.

Bruxelles promet d'aider le secteur qui s’estime être le “grand perdant” de cet accord. Cer dernier, est pourtant présenté comme “équilibré” selon la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

En France, la ministre de la Mer, Annick Girardin affirme que "ces négociations ont été dures mais l'accord permet à la Manche de rester un espace pacifié de pêche."

  • Soulagement pour les agriculteurs de l’UE

Par exemple, pour la France, le Royaume-Uni représente chaque année un marché de 6 milliards d’euros dans l’agroalimentaire. Autant de viandes, de produits laitiers, de légumes sont acheminés. L’accord permet aux échanges de continuer dans un cadre qui reste flexible. 

Cependant, l’accord signé entre Bruxelles et Londres n’exclut pas l’instauration de contrôles douaniers et des procédures administratives chronophages pour des entreprises habituées à des échanges fluides. Le retour de ces procédures pourraient avoir un réel impact notamment sur les mesures concernant les produits laitiers et les délais de livraison.

Le gouvernement de Boris Johnson a planché sur une loi pour compenser la perte de revenus des agriculteurs britanniques liée à la Politique Agricole Commune, la PAC européenne. Pour les agriculteurs, il ne sera désormais plus possible de produire à perte et de percevoir des aides de l’Etat. 

Lire aussi : Accord commercial post-Brexit : retour sur la saga d'un long divorce

  • Entrepreneuriat

L’Union européenne a donné son accord pour un accès sans droit de douane, ni quotas à son marché de 450 millions de consommateurs. Pour les entreprises britanniques, le marché unique est conditionné à des règles évolutives en matière d’environnement, de droit du travail et de fiscalité afin d’écarter tout dumping. 

De son côté, l’Union européenne devrait proposer aux entreprises fragilisées par l’accord post-Brexit un accompagnement. Un budget de 5 milliards d’euros est prévu. Des pré-financements sont prévus et les fonds communautaires seront disponibles en mars 2021. 

  • Tourisme, travail et fin de libre circulation

Fini les allers et venues sans se soucier du motif de déplacement et de l’obtention d’une autorisation. La libre circulation pour les Britanniques dans l’UE est terminée et réciproquement pour les ressortissants de l’Union. D’autres conséquences découlent du Brexit comme par exemple, la prise en charge des frais médicaux pour les ressortissants britanniques installés en France après le 31 décembre 2020. Autre exemple pour les Français allant travailler au Royaume-Uni à partir du 1er janvier les cotisations retraite dépendent de leur statut “détaché” ou “expatrié”.

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  • Etudier au Royaume-Uni 

Le Brexit met fin au programme d'échanges Erasmus pour les étudiants sur le territoire britannique. Il sera remplacé par le programme Alan Turing dont les contours ne sont pas encore détaillés. 

L’accord prévoit que les étudiants Erasmus présents au Royaume-Uni pourront aller au terme de leur cursus, de même pour les volontariats et projets dans le cadre du Corps européen de solidarité.  

Après le 1er janvier 2021, il est conseillé aux étudiants déjà en cursus au Royaume-Uni et qui souhaitent y poursuivre leur études, de s'inscrire avec le statut "pre-settled" du "Settlement Scheme for EU citizens" mis en place par Londres afin d'éviter des démarches administratives de visa et les coûts qui y sont liés.

Les étudiants souhaitant le faire dans au Royaume-Uni à partir du 1er janvier 2021 devront demander un visa. Les conditions de venues sans visa pour les courts séjours ne sont pas encore précisées tout comme le cadre permettant à un étudiant de travailler sur place.

Dès le 24 décembre 2020, Boris Johnson s'est félicité sur Twitter de cet accord. Le premier ministre britannique a présenté cela comme "nouvelles réjouissantes, voici un accord, un accord pour apporter certitude aux entreprises et aux voyageurs et à tous les investisseurs dans notre pays à partir du 1er janvier, un accord avec nos amis et partenaires de l'Union européenne."
 

Pour le journal The Times, après des mois de négociation,  l’accord est une “source de soulagement plus que de célébration”. Le quotidien The Guardian avertit : "Avoir évité le scénario du pire est un piteux succès. M. Johnson ne mérite aucun crédit pour éviter une calamité qui menaçait de si près parce qu'il s'y dirigeait avec enthousiasme.”