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Burkina Faso: l’ancien président Blaise Compaoré est de retour à Ouagadougou

Blaise Compaoré assiste au sommet sur le climat à Copenhague, Danemark, jeudi 17 décembre 2009. À l'époque, il était encore président du Burkina Faso.
Blaise Compaoré assiste au sommet sur le climat à Copenhague, Danemark, jeudi 17 décembre 2009. À l'époque, il était encore président du Burkina Faso.
© Anja Niedringhaus/AP

L'ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, est arrivé ce jeudi 7 juillet à Ouagadougou. C'est la première fois qu'il remet les pieds dans son pays natal depuis l'insurrection populaire de 2014. Le peuple l'avait poussé à l'exil.

À l'aéroport de Ouagadougou, ils sont des dizaines de sympathisants munis de banderoles et des portraits à l'effigie de l'ancien président. Ils espèrent apercevoir Blaise Compaoré.

Un peu avant 14h00 (GMT et locales), l'ex-président aux 27 ans de règne atterrit enfin à la base militaire de Ouagadougou depuis Abidjan. C'est la première fois qu'il foule le sol de son pays depuis qu'il a été contraint à l'exil. De violentes émeutes populaires en 2014 l'avaient fait quitter le pouvoir. Pour ses sympathisants, ce retour nourrit de véritables espoirs de paix.

Blaise pourra apporter sa contribution pour la restauration de la paix.

Alida, une enseignante de 36 ans venue rencontrer l'ex-président Blaise Compaoré.

"Nous sommes venus l'accueillir et lui témoigner notre respect. C'est un grand jour pour nous. Une nouvelle histoire s'écrit à partir d'aujourd'hui", affirme à l'AFP Alida, une enseignante de 36 ans. Elle vient du village natal de l'ex-chef d'Etat, Ziniaré, à une trentaine de kilomètres de la capitale. Pour le commerçant Amidou Kaboré, également présent sur le tarmac, "Blaise pourra apporter sa contribution pour la restauration de la paix".

Un séjour professionnel contre le djihadisme

Il ne s'agit toutefois pas d'un retour définitif. Il vient en séjour pour quelques jours à l'invitation du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le nouvel homme fort du Burkina.

Au pouvoir depuis son putsch du 24 janvier, le lieutenant-colonel Damiba tente de créer une "union sacrée" autour de lui. Il veut lutter contre les groupes jihadistes. Ils ensanglantent le Burkina Faso depuis 2015. Leurs attaques sont de plus en plus meurtrières et se multiplient ces dernières semaines.

À (re)lire : Pourquoi Blaise Compaoré revient-il au Burkina Faso ?

Outre l'ex-président Blaise Compaoré (1987 - 2014), d'autres anciens dirigeants sont également de la partie. Jean-Baptiste Ouedraogo (1982-1983), Isaac Zida (2014) et actuellement en exil au Canada, Michel Kafando (2014-2015) ou encore Roch Marc Christian Kaboré (2015-2022) prendront part aux discussions.  

La rencontre de vendredi est notamment organisée pour "mutualiser les énergies et les synergies (...)  pour lutter efficacement contre la tragédie qui nous frappe", selon le porte-parole du gouvernement. L’initiative est saluée par les Burkinabè. Mais le retour de Blaise Compaoré ne fait pas l'unanimité au Burkina Faso.

En quoi la consécration de l’impunité sert-elle la lutte contre le terrorisme ?

Le chercheur Ra-Sablga Seydou Ouédraogo, directeur du groupe de réflexion Free Afrik.

Un retour controversé après sa condamnation à la perpétuité

Le 6 avril, il a été condamné par contumace au Burkina à la prison à perpétuité pour son rôle dans l'assassinat de son prédécesseur, Thomas Sankara. Un coup d'État l'avait porté au pouvoir en 1987.

À (re)voir : Burkina Faso : l'expertise balistique précise la mort de Thomas Sankara

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"Ce serait une forfaiture si Blaise Compaoré venait au Burkina Faso et en repartait allègrement. Cela voudrait dire que dans notre pays, il n’y a  plus ni justice ni loi", estime  Bénéwende Stanislas Sankara, un des avocats de la famille Sankara. 

Le chercheur Ra-Sablga Seydou Ouédraogo, directeur du groupe de réflexion Free Afrik, estime que "la réconciliation ne saurait être une prime à l’impunité. En quoi la consécration de l’impunité sert-elle la lutte contre le terrorisme ?".

La présidence s'est défendue mercredi à ce sujet. "Cette rencontre importante pour la vie de la Nation n’entrave pas les poursuites judiciaires engagées contre certains".