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Burkina Faso : le procès Sankara est suspendu jusqu’au “rétablissement de la Constitution”

Les gardes de la police burkinabè devant la salle d'audience du tribunal militaire de Ouagadougou (Burkina Faso) pendant le procès sur l'assassinat de Thomas Sankara.
Les gardes de la police burkinabè devant la salle d'audience du tribunal militaire de Ouagadougou (Burkina Faso) pendant le procès sur l'assassinat de Thomas Sankara.
Sam Mednick / AP

Le procès des assassins présumés de Thomas Sankara a été interrompu par le coup d'État militaire au Burkina Faso il y a une semaine. Ce lundi 31 janvier, les avocats de la partie civile ont demandé la suspension du procès en attendant le “rétablissement de la Constitution”.

"La partie civile estime qu'un procès doit se tenir dans un délai raisonnable, mais nous ne voulons pas d'un procès" qui soit entaché "d'irrégularités", a déclaré Prosper Farama, avocat de la famille Sankara. En prenant le pouvoir le 24 janvier, les putschistes ont annoncé la suspension de la Constitution, mais affirmé qu'ils allaient garantir "l'indépendance de la justice".

"Est ce que cette juridiction, dont l'indépendance est garantie par la Constitution, peut tenir son audience alors que la Constitution qui garantit cette indépendance est suspendue ?", s'est interrogé Me Farama.

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14 accusés comparaissent

Le procès qui a débuté en octobre 2021 devant le tribunal militaire de Ouagadougou. Il a été interrompu le jour du putsch, alors qu'il devait entrer dans la phase des réquisitoires et des plaidoiries.

Douze des quatorze accusés, dont le général Gilbert Diendéré, 61 ans, un des principaux chefs de l'armée lors du putsch de 1987, sont présents à ce procès.

Les chefs d'inculpation sont: "complicité d'assassinats", "recel de cadavres" et "attentat à la sûreté de l'État".

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Blaise Compaoré exilé en Côte d’Ivoire

Le principal accusé, l'ancien président Blaise Compaoré, porté au pouvoir par ce putsch et ami proche de Sankara - leader progressiste et icône panafricaine - est absent, ses avocats ayant dénoncé "un simulacre de procès" devant "un tribunal d'exception".

Soupçonné d'avoir été le commanditaire de l'assassinat de Sankara, ce qu'il a toujours nié, il a été chassé du pouvoir en 2014 par la rue et vit depuis en Côte d'Ivoire.

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Autre grand absent, l'adjudant-chef Hyacinthe Kafando, ancien commandant de la garde de Compaoré, en fuite depuis 2016 et qui est soupçonné d'avoir mené le commando ayant assassiné Thomas Sankara et ses compagnons.

L'écrasante majorité des accusés présents ont plaidé non coupable, dont le général Diendéré, qui purge déjà une peine de 20 ans de prison pour une tentative de coup d'État en 2015.