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Calendrier, femmes, pénibilité: LR pose ses conditions pour voter la réforme des retraites

Le chef des députés LR Olivier Marleix à l'issue d'une réunion à l'Hôtel Matignon, le 13 octobre 2022 à Paris
Le chef des députés LR Olivier Marleix à l'issue d'une réunion à l'Hôtel Matignon, le 13 octobre 2022 à Paris
afp.com - Bertrand GUAY
Annie Genevard, députée Les Républicains (LR), au siège du parti le 11 décembre 2022 à Paris
Annie Genevard, députée Les Républicains (LR), au siège du parti le 11 décembre 2022 à Paris
afp.com - Christophe ARCHAMBAULT

Olivier Marleix, le président du groupe LR à l'Assemblée nationale dont certains membres refusent de voter la réforme des retraites du gouvernement, a posé de nouvelles conditions au gouvernement, parmi lesquelles un recul de la mise en œuvre au 1er janvier 2024.

"Maintenant qu'on connaît le texte, on a commencé à essayer de rédiger la dizaine de sujets majeurs pour nous", a expliqué le député sur franceinfo, rappelant la "conviction" du groupe qu'"il faut faire une réforme des retraites".

"Il aurait été un peu plus respectueux pour les fins de carrière des gens qui ont prévu de partir cette année d'attendre le 1er janvier 2024" pour entamer le recul d'un trimestre par an de l'âge de départ à la retraite, a-t-il expliqué, jugeant que sur l'accélération de la durée de cotisation en revanche, "on pourrait peut-être le faire dès cette année parce que c'est un mois seulement qui est demandé".

Présenté en conseil des ministres lundi, le projet de réforme est attendu lundi dans l'hémicycle pour un examen accéléré. Le gouvernement, qui compte sur l'appui de LR pour obtenir une majorité sur son texte, entend la mettre en application au 1er septembre 2023.

Parmi les doléances qui donneront sans doute lieu à amendements, le responsable politique a également cité la prévention de la pénibilité et "des signaux sur la situation des femmes". "Pour certaines femmes, l'avantage des huit trimestres par enfant finalement il disparaît", a-t-il rappelé, évoquant le "sujet de fond" de la "natalité", en baisse en France selon l'Insee.

"Les gens qui vont jusqu'à 67 ans, il y a proportionnellement deux fois plus de femmes que d'hommes, donc ça révèle qu'aujourd'hui il y a une situation qui est très injuste et il faut que ce texte l'améliore", a ajouté M. Marleix.

Quant à savoir si l'ensemble des membres du groupe LR voteraient le texte, "beaucoup attendent de voir quel sera le texte qui sortira du Parlement", a-t-il assuré, rappelant être attaché à "la liberté de vote".

"Les conditions qu'on a mises sur la table auprès du gouvernement ne sont contestées par personne au sein de notre groupe", a renchéri la députée LR Annie Genevard, à l'antenne de Sud-Radio, mais il faudra, pour atteindre une majorité, que LR obtienne satisfaction aussi sur les "conditions" qui "pourraient venir au cours du débat". En plus des points soulevés par M. Marleix, elle a cité le cumul emploi-retraite et les carrières longues.

"Quelle image donnerions-nous aux Français après avoir posé, dans toutes nos campagnes électorales, la nécessité de réformer un régime des retraites à bout de souffle dans son financement?", a interrogé Mme Genevard.

Tout en assurant qu'en l'état, il "ne voterai(t) pas ce texte", le président LR de la région Nord-Pas de Calais Xavier Bertrand a de son côté défendu sur LCI "trois conditions" pour l'améliorer: un départ à taux plein après 43 ans de cotisation pour ceux qui ont commencé à travailler entre 18 et 20 ans, la fin des régimes spéciaux "à la fin de la décennie" et abaisser l'âge de suppression de la décote à 65 ans (contre 67 ans actuellement) pour les femmes, afin qu'elles puissent partir à cet âge sans décote malgré une "carrière fractionnée".