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Canada : comment vivre avec les coyotes à Montréal ?

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© TV5Monde/ Catherine François

Il ressemble à un loup et il vit normalement en forêt, sauf que depuis plusieurs années, le coyote a fait son apparition dans les métropoles et les centres urbains nord-américains, dont Montréal et ses banlieues. Plusieurs incidents ont été rapportés, des attaques sur des gens et surtout sur de petits animaux domestiques.

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Cela à de quoi inquiéter la population et les autorités, à un point tel que la ville de Montréal vient de lancer un plan d'action pour gérer la présence de cet animal sur son territoire.

Les images de coyotes en promenade dans des quartiers du nord de Montréal se sont multipliées ces derniers temps sur les médias sociaux. Au cours de la dernière année, près de 400 signalements de coyotes ont été faits par des citoyens montréalais. Et la rencontre entre l’humain et l’animal n’est pas toujours pacifique : cinq personnes ont été mordues, et onze animaux domestiques attaqués, dont certains qui n’ont pas survécu. 

Le coyote à la base ne s'approche pas de l'humain, mais il peut s'habituer, il est opportuniste et prêt à se nourrir de tout. Carl Patenaude-Levasseur, directeur régional au ministère de la Faune du Québec

Comment expliquer cette augmentation du nombre de coyotes en ville ? C’est à cause de l’étalement urbain que les coyotes sont arrivés dans les villes nord-américaines explique Carl Patenaude-Levasseur, directeur régional au ministère de la Faune du Québec : « Quand on développe, on se trouve à détruire les forêts, détruire les milieux naturels, certaines espèces vont s'éloigner, certaines espèces peuvent même tendre à disparaître, mais le coyote, lui, arrive à s'adapter avec un espace plus petit et arrive à s'adapter dans la trame urbaine. Le coyote à la base ne s'approche pas de l'humain, mais il peut s'habituer, il est opportuniste et prêt à se nourrir de tout, les petites bêtes comme les écureuils ou alors fouiller dans les poubelles ». 

Une ligne téléphonique "info-coyotes"

Le coyote a visiblement une grande capacité d’adaptation et l’humain ne va pas avoir d’autres choix que de s’adapter à sa présence parce que tuer les coyotes qui ont élu domicile dans les villes est exclu, et qu’on ne va les trapper que si l’animal a développé un comportement agressif ou inhabituel.

C’est dans cette perspective que la ville de Montréal vient de mettre en place un plan d’intervention qui vise à sensibiliser et éduquer ses citoyens à la présence du coyote en ville. « D'une part, nous voulons assurer la sécurité du public et, d'autre part, respecter le bien-être de la faune urbaine et éviter la cruauté envers les animaux », a précisé Émilie Thuillier, mairesse de l’un des quartiers montréalais particulièrement prisés par les coyotes. 

Ce plan d’intervention a été élaboré en collaboration avec des spécialistes du ministère de la Faune du Québec. Il s’articule autour de plusieurs axes : informer, sensibiliser et intervenir au besoin. Ainsi vient d’être mise en place une ligne info-coyotes qui offre des informations sur l'animal et où on peut aussi signaler sa présence quand on voit un.
 

Il faut éviter de tourner le dos au coyote pour courir, il faut garder le contact visuel avec l'animal et laisser la place à l'animal pour fuir. Émilie Thuillier, mairesse de l’un des quartiers montréalais

Ensuite, une patrouille va être déployée dans les quartiers les plus fréquentés par les coyotes pour éduquer les citoyens sur ce qu'il faut faire et ne pas faire quand on en croise un. Parce qu’on va se le dire : c’est quand même un animal impressionnant quand on en voit un et on ne sait pas toujours quelle attitude adopter : « Il faut s'éloigner en reculant lentement, en gardant le calme, il faut éviter de tourner le dos au coyote pour courir, il faut garder le contact visuel avec l'animal et laisser la place à l'animal pour fuir » précise Émilie Thuillier.

Frédéric Bussière, conseiller en aménagement de la Ville de Montréal, renchérit : « il faut éviter des comportements de neutralité, faut que chaque rencontre de coyote avec un être humain soit considérée par le coyote comme une rencontre désagréable pour qu'il continue à avoir peur des êtres humains ». 

Ne jamais nourrir les coyotes

Et tous les spécialistes vont le dire et le redire : il ne faut, en aucun cas,  nourrir un coyote, parce que l’animal s’habitue ainsi à la présence humaine, il devient dépendant de l’homme et cela peut le rendre agressif par la suite. Surtout s’il est affamé. C’est là que son comportement change et que les incidents surviennent, qu’il peut s’attaquer à la personne qu’il va rencontrer. 

Le plan d’intervention de la ville de Montréal prévoit également la mise en place de « brigades d’effarouchement » qui vont tenter d’effrayer les coyotes qui auront justement manifesté des comportements agressifs. 

« On appuie le plan de la ville de Montréal, déclare Carl Patenaude-Levasseur, pour nous c'est une intervention qui est juste, car elle  intervient à différents niveaux. Nous, notre préoccupation, c'est la sécurité des individus et des citoyens, mais on ne peut pas faire des promesses qu'on ne pourra pas tenir et dire qu'on peut contrôler tous les animaux sauvages sur l'île de Montréal y compris le coyote. L'expérience nous prouve que le coyote a tendance à rester dans les grandes agglomérations comme New York, Boston, Toronto où il est déjà, donc il faut apprendre à vivre avec lui ». 

Et pour cohabiter avec le coyote, nous devons adopter des comportements précis, comme tenir nos chiens en laisse dans les parcs, bien gérer nos ordures, et ne pas aller vers un coyote lorsqu'on le rencontre. « Ce sont des actions qui vont avoir un impact majeur sur la cohabitation entre la faune sauvage comme le coyote et la population urbaine », conclut Carl Patenaude-Levasseur.