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États-Unis / Canada : première rencontre virtuelle entre Joe Biden et Justin Trudeau

Le président américain Joe Biden, lors de sa première rencontre virtuelle, Covid-19 oblige, avec le premier ministre canadien Justin Trudeau, à la Maison Blanche. Washington, États-Unis, 23 février 2021
Le président américain Joe Biden, lors de sa première rencontre virtuelle, Covid-19 oblige, avec le premier ministre canadien Justin Trudeau, à la Maison Blanche. Washington, États-Unis, 23 février 2021
© AP / Evan Vucci

C’est un sommet important qui s’est tenu ce 23 février entre le nouveau président américain, Joe Biden, et le premier ministre canadien, Justin Trudeau. Un sommet virtuel, Covid-19 oblige, à l’invitation de Joe Biden. Plusieurs dossiers importants au menu des discussions : lutte contre la pandémie, relance économique, enjeux climatiques, échanges commerciaux, sans oublier les relations diplomatiques avec la Chine.

  • Un ton chaleureux

Le premier quart d’heure de la rencontre a été télédiffusée et a permis de montrer le ton chaleureux dans les échanges entre les deux dirigeants, la vice-présidente américaine, Kamala Harris, et la vice-première ministre canadienne, Chrystia Freeland. « Les États-Unis n’ont pas d’ami plus proche que le Canada, a déclaré d’entrée de jeu Joe Biden à Justin Trudeau, c’est pourquoi j’ai fait mon premier appel avec vous, ma première rencontre bilatérale. Notre vice-présidente a fait ses études secondaires à Montréal. Alors notre canal de communication est grand ouvert ».

 

Justin Trudeau a répondu tout aussi chaleureusement au président américain en lui disant notamment à quel point il s’était "ennuyé" du leadership américain en matière de lutte contre les changements climatiques ces dernières années.
 

  • Des échanges en français

La vice-première ministre Chrystia Freeland, de son côté, s’est adressée à la vice-présidente Harris : « Votre élection a été une telle source d’inspiration pour les femmes et les filles au Canada (…) tous les Canadiens sont si fiers de vous ». Chrystia Freeland a précisé qu’elle avait lu l’ « excellente » biographie de Kamala Harris, et de confirmer : « Je suis aussi une anglophone et oui, c’est difficile d’apprendre le français mais cela en vaut la peine ! » « Merci beaucoup », a répondu en français la vice-présidente, en précisant qu’elle avait réalisé, lors de son séjour montréalais, les valeurs communes que partageaient les Américains et les Canadiens.

Et Joe Biden de badiner en disant qu’il avait appris le français à l’école mais qu’à chaque fois qu’il le parlait, il se couvrait de ridicule, alors il évitait. Après quoi, les choses sérieuses ont commencé et les caméras ont quitté la pièce. Mais l’entrée en matière de cette rencontre montre bien que le ton a clairement changé dans les relations entre le Canada et les États-Unis, après les quatre années rugueuses et tumultueuses de l’ère Trump.

  • Une feuille de route commune

Le président américain et le premier ministre canadien avaient chacun à leurs côtés les membres les plus importants de leur cabinet, avec du côté américain, le secrétaire d’État Antony Blinken, la secrétaire au Trésor Janet Yellen et John Kerry, chargé de la lutte contre les changements climatiques par Joe Biden. Les deux dirigeants sont sortis de la rencontre de plus de deux heures en présentant une feuille de route sur les enjeux communs que sont la lutte contre la pandémie, la relance de leur économie et la lutte contre les changements climatiques, avec l’objectif maintenu d’être carboneutre en 2050.

Concernant la relance économique, ils souhaitent qu’elle soit inclusive et qu’elle se fasse d’une manière égalitaire. Ils veulent aussi sécuriser les chaînes d’approvisionnement entre les deux pays. Pas un mot, en revanche, dans les déclarations des deux dirigeants, sur le « Buy American Act », ce programme très protectionniste mis en avant par l’administration Biden qui inquiète les Canadiens. Les deux pays ont des économies profondément intégrées et s’échangent en moyenne chaque année 1 000 milliards de dollars de marchandises.

  • L'épineux dossier des Canadiens emprisonnés en Chine

Peu de mesures concrètes ont été présentées au terme de cette rencontre, mais le Canada a reçu l’appui sans équivoque du président Biden dans le dossier des deux Canadiens emprisonnés en Chine. Michael Kovrig et Michael Spavor ont été arrêtés par Pékin en guise de représailles après l’arrestation, en décembre 2018, de la directrice financière du géant des communications Huawei à l’aéroport de Vancouver à la demande des Américains.

Joe Biden a dénoncé l’emprisonnement des deux Canadiens : « Nous appuyons les Canadiens pour que ces deux Canadiens soient relâchés, on ne doit pas utiliser des hommes comme des jetons de négociation, on va travailler ensemble à les faire libérer », a précisé le président américain. Justin Trudeau l’a remercié pour cette déclaration. Ce dossier est délicat, c’est une épine au flanc des relations entre la Chine et le Canada depuis deux ans. L’appui du président Biden est de taille pour le gouvernement canadien. Il faudra voir maintenant si cela aura un impact auprès du régime chinois qui campe sur sa position depuis le début de l'affaire : sans libération de Mang Wanzhou, pas de libération des deux Canadiens.

Le président américain et le premier ministre canadien ont conclu leur déclaration en se disant impatients de pouvoir se rencontrer prochainement en personne. Cette rencontre bilatérale, la première de Joe Biden, a clairement remis le train canado-américain sur les rails, après le déraillement provoqué par les agissements intempestifs de Donald Trump envers son plus proche allié.

 
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