Info

Canada : manifestation à Ottawa, on approche de la fin selon le chef de la police

<p>La rue Wellington à Ottawa est maintenant déserte après plus de 20 jours d'occupation.</p>

La rue Wellington à Ottawa est maintenant déserte après plus de 20 jours d'occupation.

Radio-Canada / Nafi Alib

Le calme s'installe au centre-ville d'Ottawa. Depuis vendredi 18 février, au moins 191 personnes ont été arrêtées en rapport avec les manifestations dans la capitale fédérale. Les policiers ont reçu l’ordre de donner un grand coup en fin de semaine pour mettre un terme à ce qui a été qualifié par plusieurs d’« occupation ». Récit de Radio-Canada.

En fin de soirée dimanche, le service de police d'Ottawa (SPO) a laissé entendre sur son compte Twitter que la réouverture des commerces affectés par les manifestations au centre-ville était imminente.

La rue Rideau est maintenant ouverte à partir de la promenade Sussex, mais fermée en direction ouest à Dalhousie. Les promenades Mackenzie en direction sud, Sussex en direction nord et Colonel By sont ouvertes à la circulation des piétons et des véhicules. Les commerces devraient pouvoir rouvrir en toute sécurité s'ils avaient fermé pendant ce rassemblement illégal, a indiqué le Service de police d'OttawaSPO.

Réouverture imminente des commerces


Un peu plus tôt, à l'est du centre-ville, les policiers s'afféraient à démanteler le campement qui avait été érigé sur le chemin Coventry, un des dernier noyaux de résistance. Une lettre a été remise aux derniers occupants du campement, les sommant de partir avant 16 h 30.

Le Service de police d'Ottawa (SPO) a d'ailleurs fait le point dimanche : parmi les 191 personnes arrêtées, 107 font face à des accusations, principalement pour méfait et pour entrave au travail des policiers.
 

Ces manifestants ont été libérés, mais 89 d'entre eux doivent respecter certaines conditions. Un total de 389 accusations ont été déposées.

Le Service de police d'OttawaSPO soutient également avoir remorqué 79 véhicules, dont les plaques d'immatriculation ont été saisies.

Lors de la conférence de presse, le chef par intérim du Service de police d'OttawaSPO, Steve Bell, a rappelé sa promesse de rendre Ottawa aux citoyens dans son état normal. À chaque heure qui passe, nous nous rapprochons de notre but, a-t-il indiqué.

M. Bell n'a cependant pas été en mesure de donner un échéancier quant au retour à la normale, soulignant que la phase de maintien de la paix dans le centre-ville pourrait encore prendre du temps.
 
<div class="styled__StyledImageCaption-sc-1wicwa1-2 kaOYNs e-image-caption">
<p>Les camions ont quitté la rue Wellington et les installations des manifestants ont été retirées de la zone devant le parlement.</p>
</div>

Les camions ont quitté la rue Wellington et les installations des manifestants ont été retirées de la zone devant le parlement.

Radio-Canada / Pascal Robidas

Même s’ils étaient moins nombreux, les derniers protestataires ont donné du fil à retordre aux policiers samedi, a indiqué le Service de police d'OttawaSPO, si bien qu’en fin de soirée samedi, les forces de l’ordre ont opté pour des méthodes plus robustes.

« Les manifestants frappaient les policiers avec des armes, ce qui a justifié le déploiement d'armes à impact de moyenne portée de type ARWEN pour arrêter les actions violentes des manifestants », a tweeté le Service de police d'OttawaSPO peu avant 20 h (HNE) samedi.

Malgré tout, le chef par intérim de la police d'Ottawa n'a signalé aucune blessure attribuable à l'usage de ce type d'arme, ni chez les manifestants ni chez les policiers.

À ses côtés, le sous-commissaire de la Gendarmerie royale du CanadaGRC Mike Duheme a souligné l'importance des pouvoirs accordés par la Loi sur les mesures d'urgence. Il a entre autres mentionné la collaboration avec les institutions financières pour le gel du financement des manifestants.
 

Nous constatons déjà des résultats positifs, notamment le gel de 206 [comptes de banque] et la divulgation de 56 entités impliquées
Mike Duheme, sous-commissaire de la Gendarmerie royale du Canada

Nous continuons de travailler à collecter l’information pertinente sur les personnes, les véhicules et les entreprises et nous restons en communication quotidienne avec les institutions financières pour les aider, a ajouté M. Duheme.


Le Service de police d'OttawaSPO a annoncé avoir arrêté samedi un autre leader du mouvement, Tyson George Billings. Surnommé Freedom George, il serait un proche collaborateur de Pat King, un des organisateurs du convoi lui-même arrêté vendredi.

Tyson George Billings, un Albertain de 44 ans, est accusé de méfait et d’entrave au travail des policiers. Il est aussi accusé d’avoir conseillé à autrui de commettre un méfait, de désobéir à une ordonnance du tribunal et de nuire à leur tour au travail des agents de la paix. Son audience est prévue dimanche.

Sur Twitter, le Service de police d'OttawaSPO a rappelé qu'il n'est pas permis de se déplacer dans le secteur, à l'exception des personnes qui ont une lettre d'exemption. Deux personnes ont été arrêtées en matinée dimanche pour cette raison.

Le mouvement s'essouffle

Le mouvement de protestation qui paralyse le centre-ville d’Ottawa a perdu de l'ampleur au cours de la journée de samedi. Les policiers ont réussi à chasser les protestataires de la rue Wellington, qui mène à la colline du Parlement. Des barricades ont été installées pour empêcher les manifestants de revenir.
 

<div>
<p>Steve Bell, chef par intérim du Service de police d'Ottawa.</p>
</div>

Steve Bell, chef par intérim du Service de police d'Ottawa.

Radio-Canada / Frédéric Pepin


Les rues Wellington, Bay, Kent, Lyon, Queen et Metcalfe ont été dégagées. La promenade Sir-John-A.-Macdonald a elle aussi été libérée. En fin de journée, le Service de police d'OttawaSPO a indiqué sur les réseaux sociaux que tous les véhicules sur cette artère étaient partis ou avaient été remorqués.

Samedi, au jour 23 des manifestations à Ottawa, plusieurs manifestants ont été arrêtés par les forces de l'ordre.

Il ne reste plus qu'à nettoyer la rue, a précisé le Service de police d'OttawaSPO.

Rappelons que plusieurs camions lourds y étaient stationnés depuis le début de la manifestation, qui durait depuis 24 jours. C’est d’ailleurs à cet endroit que le maire d’Ottawa, Jim Watson, et une des leaders du mouvement de protestation, Tamara Lich, avaient convenu de déplacer les véhicules pour libérer les quartiers résidentiels le 13 février dernier.

 

<div>
<p>Samedi, au jour 23 des manifestations à Ottawa, plusieurs manifestants ont été arrêtés par les forces de l'ordre.</p>
</div>

Samedi, au jour 23 des manifestations à Ottawa, plusieurs manifestants ont été arrêtés par les forces de l'ordre.

Radio-Canada/ Felix Desroches

Certains protestataires ne sont pas retournés à la maison. Des camionneurs et des automobilistes qui seraient solidaires du mouvement de protestation sont regroupés dans l'Est ontarien.

Slogans bien en vue, plusieurs dizaines de véhicules, de roulottes, de camions et de semi-remorques sont rassemblés à la station d'essence chez Herbs, au sud de Vankleek Hill.