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Caravane de migrants : un Guatémaltèque de 8 ans mort en détention aux États-Unis

Un migrant hondurien aide son fils à descendre ce mur, après avoir franchi la frontière de Tijuana au Mexique, à San Diego aux États-Unis, 22 décembre 2018. Découragés par les longues files d'attente pour déposer son dossier d'asile, beaucoup de migrants choisissent la voie illégale pour traverser la frontière.<br />
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Un migrant hondurien aide son fils à descendre ce mur, après avoir franchi la frontière de Tijuana au Mexique, à San Diego aux États-Unis, 22 décembre 2018. Découragés par les longues files d'attente pour déposer son dossier d'asile, beaucoup de migrants choisissent la voie illégale pour traverser la frontière.

 
© AP / Daniel Ochoa de Olza

Pour la deuxième fois en moins d’un mois, un enfant migrant, originaire du Guatemala, meurt en détention aux États-Unis. Quelle est la situation des migrants à la frontière entre le Mexique et les États-Unis ?

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  • Le contexte

Un enfant de 8 ans est décédé le jour de Noël, la nui du 24 au 25 décembre peu après minuit. Une première fois admis à l'hôpital Gerald Champion pour un "simple rhume" comme l’indique un communiqué du département américain de la Sécurité Intérieure, il en est sorti avant d'être de nouveau pris par des vomissements. Il était détenu avec son père depuis deux jours par les autorités américaines, dans l’état du Nouveau-Mexique, après avoir franchi illégalement la frontière entre le Mexique et les États-Unis.
Communiqué du département américain de la Sécurité Intérieure
Communiqué du département américain de la Sécurité Intérieure

Le Service américain des douanes et de la protection des frontières (le CBP) assure qu’il réalisera un "examen indépendant et approfondi des circonstances".
 

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©TV5MONDE /N. Loppy, A. Langlois
Le 8 décembre 2018, Jakelin Caal, une fillette de 7 ans, également originaire du Guatemala, est morte déshydratée et "en état de choc", elle aussi après avoir été arrêtée à la frontière. Elle a été enterrée à San Antonio Secortez, un village sans eau ni électricité au centre du Guatemala.
 
  • Des enfants séparés de leurs parents dans des cages

En juin dernier, une vidéo enregistrée en cachette montre des enfants, seuls, dans un centre d’accueil pour migrants. En cinq semaines, plus de 2 300 mineurs sont ainsi séparés de leurs parents.
 
  • La situation actuelle des enfants migrants aux États-Unis

Le 20 juin 2018, Donald Trump signe un décret afin d’éviter la séparation des familles ayant franchi la frontière de manière illégale. Mais cinq mois après la signature de ce texte, des milliers d’enfants n’ont toujours pas retrouvé leur famille. Dans certains cas, les parents sont expulsés du territoire américain, sans leurs enfants.
 
  • D’où viennent ces migrants ?

La plupart des migrants fuient le Honduras, où sept habitants sur dix vivent dans la pauvreté. Des milliers de personnes ont quitté ensemble le Honduras en octobre dernier pour se rendre aux États-Unis. Des Salvadoriens et des Guatemaltèques les ont rejointes, ainsi que des migrants du Nicaragua, englué dans une crise sociale et politique.
 
  • État des lieux à la frontière

Des milliers de migrants attendent au Mexique, à Tijuana, de pouvoir déposer une demande d'asile aux États-Unis. Donald Trump a déployé plus de 5000 soldats pour les dissuader de forcer le passage de la frontière.
 
  • Le "shutdown"

Le président américain veut aller encore plus loin et construire un mur avec le Mexique. Mais les représentants démocrates au Congrès refusent de débloquer 5 milliards de dollars pour financer une partie de cette construction. Toute loi budgétaire aux États-Unis doit obtenir a minima 60 voix au Sénat, où les Républicains ne disposent que de 51 sièges sur 100.

En représailles, Donald Trump a mis à exécution sa menace de paralysie budgétaire des institutions. Ce "shutdown" se traduit, depuis samedi 22 décembre, par des fermetures de parcs et de musées nationaux, ainsi que par le gel des salaires des fonctionnaires fédéraux. Près d'un fonctionnaire sur deux (800 000 sur 2,1 millions) est à ce jour contraint de travailler sans savoir quand il receva son salaire.